Commodore et Atari n'ont plus de papa
Jack Tramiel, est né sous le nom de Jacek Trzmiel en Pologne en 1927. Durant la Deuxième Guerre mondiale, encore enfant il fut prisonnier dans le camp d’Auswitch où sa famille fut exterminée. Il fut libéré par les Américains en 1945 et décida d'immigrer aux États-Unis et de s'engager dans l'U.S. Army où il eut pour mission de réparer des machines à écrire. Il américanisera alors son identité en Jack Tramiel.
En 1955 il créa sa propre compagnie de machines à écrire CBM - Commodore Business Machine - qui évoluera dans les années 70 en concevant des machines à calculer puis des micro-ordinateurs dans les années 80 avec le PET, le VIC-20, en enfin le fabuleux Commodore 64.
En 1984, les actionnaires le poussent vers la sortie, comme cela arrivera bientôt à un certain Steve Jobs chez Apple.
Il quitte donc Commodore et décide de racheter à la Warner la société Atari, qui après le krach du jeu vidéo de 1983 ne ressemble plus à grand-chose.
Il y installera des transfuges de Commodore, dont le génial Shiraz Shivji, pour y créer l'Atari ST. ST en référence à son fils Sam Tramiel, qu'il placera à la direction, mais également pour Sixteen/Thirty-two en référence à l'architecture 16/32 bits de la machine.
Sortiront par la suite les Mega ST, STE, TT et le magnifique Falcon.
Atari tentera à nouveau de percer dans le jeu vidéo, avec la console portable Lynx, qui intégrait déjà la 3D, et la console de salon Jaguar, une bête de course à son époque, mais aucune des deux ne percera.
Au milieu des années 90, après plusieurs échecs, Atari n'arrivera pas à se renouveler et la société sera revendue au concepteur de jouets Hasbro.
L'Atari ST pouvait être considéré comme le « Macintosh du pauvre » avec son interface graphique GEM très propre, sa souris, ses nombreux périphériques - disques durs externes, imprimante laser ! -dont ses ports midi qui permettaient de piloter de nombreux instruments de musiques numériques.
Cependant, me concernant, il était bien plus riche créativement que les Macintosh de l'époque.
Le ST laissait un réel accès à sa programmation, comme le faisait le Commodore 64, ce qui leur donna des milliers de logiciels très riches techniquement, graphiquement et musicalement, y compris des jeux fabuleux d’Another World à Zombi.
Jack Tramiel nous a quitté il y a quelques jours, il était sans conteste un des pères de la micro-informatique. Merci à lui pour ces moments fabuleux qui ont marqué des millions de personnes.
Emmanuel
Lien Associé : Pixels by Patrick Jean

