Avant de déballer la montagne de press kits et de communiqués de presse moissonnée à Los Angeles, la première tâche aura été de trier les photos prises sur place, durant cinq jours de course entre deux rendez-vous. Un retour en images sur un E3 particulièrement excitant, marqué par les conférences des constructeurs, le stand Playstation 3 ou celui, bourré de monde jusqu'au dernier jour, de la Wii.

Comme l'année dernière, c'est dans l'un des gigantesques hangars des studios Sony de Culver City que s'est déroulée la grande conférence pré-E3 du constructeur leader actuel du marché. Entre autres sujet abordés : comment la Playstation 3 va accélérer l'adoption des téléviseurs haute définition, une synergie sur laquelle la société compte beaucoup. Egalement : un diagramme expliquant les plans d'e-distribution sur PSP avec nouvelle confirmation de l'arrivée prochaine d'un émulateur PS1.

Le service online du constructeur s'est fait plutôt discret. On a pu malgré tout voir à quoi ressemblerait la fameuse Playstation Card, qui permettra de payer ses micro-transactions et achats divers. L'interface utilisateur a également été évoquée, via l'espace jeu Warhawk ou le SingStore, offrant le téléchargement payant de nouvelles musiques et vidéos pour Singstar. Prélude évident à un iTunes made in Sony.

Aperçu des dernières machines de développement Playstation 3, plus petites que le monstre dévoilé en juin 2005, heureusement. Elles seront fièrement exposées aux yeux de tous quelques jours plus tard, sur le salon. Enfin, que serait une conférence de presse Sony sans Ken Kutaragi ? Sourire et présentation impeccable, accent japonais parfaitement imbitable.

Nintendo, de son côté, avait choisi le Kodiak Theater, lieu où sont décernés les célèbres Oscars. Le cadre est grandiose et le public conquis d'avance, attendant patiemment l'entrée de l'idole Miyamoto.

Peu d'annonces fracassantes mais l'occasion de livrer un message important : "il faut y jouer pour comprendre". A part ça, démonstration de jeux en live (Twilight Princess, Red Steel...) et partie de tennis à quatre entre Shigeru Miyamoto, Satoru Iwata, PDG de Nintendo, Reggie Fils Aime, responsable marketing de la branche US, et un joueur chanceux tiré au hasard lors d'un concours.

Microsoft avait pris la décision judicieuse d'opter pour le Grauman's Chinese Theatre, vestige fabuleux du Hollywood des années 20 situé à quelques centaines de mètres à peine du Kodiak. Beaucoup moins de photos ici, en partie parce que le gros de la conférence a consisté en des présentations de jeux, en partie à cause de l'intervention de Bill Gates, invité spécial. Devant moi, une journaliste discute en direct via messagerie instantanée. "Il est en train de donner un long discours chiant en langage Gates," écrit-elle, alors que le fondateur de Microsoft déroule minutieusement son projet visionnaire de Live Anywhere. Zzz...

La toute première visite, mercredi matin à 9 heures, fut logiquement pour le stand Wii, déjà pris d'assaut par les fans et les curieux. A l'intérieur : démonstrations sur podium tournant (Wii Sports : Tennis, Metroid Prime 3, chef d'orchestre) et bornes jouables. Une armée de Nintendo men et women tente d'organiser le chaos et de former des files d'attente. Le succès de l'opération est très relatif : tout le monde veut toucher la Wii.

Pas très loin, une console entourée d'accessoires trône dans un casier de verre. A côté du style nunchaku ou classique, on remarque surtout le zapper gun, extension finalement assez logique des fonctionnalités de pointeur de la télémanette.

Nouvelles règles obliges, le nombre de booth babes présentes sur les stands ou dans les allées a été considérablement réduit. L'aspect "spectacle" de la convention est désormais beaucoup plus sage, entre performances d'artistes coréens et apparitions de célébrités virtuelles ou réelles (Steven Spielberg fit un passage très remarqué le vendredi).

Fantastique fresque réalisée à la craie sur le parterre du hall d'entrée du Convention Center pour promouvoir le prochain Gears of War, sur lequel Microsoft compte beaucoup.

Le stand Playstation 3 réservait quelques surprises avec, par exemple, une passerelle sur laquelle étaient présentés des titres inédits. Heavy Rain : The Casting était ainsi décrit comme une démo technologique d'acteur virtuel (ou plutôt d'actrice virtuelle) par les français de Quantic Dream (Nomad Soul, Fahrenheit). Wardevil : Enigma, lui, exhibait ses graphismes cyber-apocalyptiques en haute définition 1080p, alors que la plupart des autres titres PS3 (Resistance : Fall of Man, Warhawk...) doivent eux se contenter d'un 720p plus raisonnable. Plus bas, les kits de développement étaient empilés en rack derrière une vitre protectrice : douzaine d'interrupteurs, ports USB et prises diverses en pagaille, plus un lecteur optique d'apparence classique en façade.

Dernier tour sur le stand Nintendo, le vendredi matin. L'enclave Wii attire toujours autant de monde. Il faut maintenant près de deux minutes pour faire à pied le parcours menant de l'entrée jusqu'au bout de la file d'attente, qui fait presque le tour de l'énorme stand. A priori, donc, pari réussi pour le constructeur, même si l'environnement E3 n'est peut-être pas très représentatif des goûts et désirs du grand public. "Comment ça se traduit dans le monde réel et pas dans le petit monde in vitro du jeu vidéo, c'est ça qui nous intéresse le plus," nous confiera, un peu plus tard, l'un des responsables marketing de Nintendo France.