Côté gameplay, le cas est vite réglé. Car malgré les changements de gravité, les portails de téléportation et le passage dans le monde des esprits, le titre se joue au final comme un FPS ultra-classique. Côté scénario, en revanche, Prey propose une seconde lecture réellement intrigante, multipliant les symbolismes inconscients et les références à la mère, au vagin ou à la procréation. Un régal pour les psychanalystes.
Attention : cet article révèle quelques-uns des principaux rebondissements du scénario de Prey.
L'idée de départ était d'écrire un petit article à propos de Prey, une sorte d'avis express faisant le point sur le "potentiel" que nous avions cru voir dans la version démo sortie il y a un mois. En fait, Prey ? son gameplay, en tous cas, s'avère être un piètre sujet de discussion. Les portails de téléportation, les changements de gravité, les brèves incursions dans le monde des esprits... Tous ces mécanismes prometteurs ne sont que des gadgets, introduits dès la première heure puis ensuite complètement négligés au profit de l'expérience classique couloir-monstre. Le titre est rendu encore plus fade par l'absence de mort véritable : en lieu et place du game over, Tommy, le héros, fait un bref passage en tant que fantôme avant de revenir exactement à l'endroit où il était, nanti de points de vie supplémentaires. On se retrouve donc à foncer en quasi-god mode à travers les niveaux, sans être vraiment sûr de s'amuser réellement. Prey, au niveau jeu strict, est l'équivalent de ce blockbuster jetable de l'été que l'on va voir parce qu'il n'y a rien d'autre au cinéma.
Malgré tout, le titre dispose au moins d'une caractéristique intéressante : son scénario. Et je ne parle pas ici de l'histoire relativement convenue du valeureux héros malgré lui ? fut-elle rehaussée d'accents indiens. Non, les remarques de nombreux joueurs sur divers forums ainsi que chez le magazine Kotaku mettent sur une toute autre piste. A mi-chemin durant le jeu, donc, le joueur se retrouve nez à lèvres avec des portes-vagins, d'où "naissent" des créatures grotesques. A priori, rien de trop extraordinaire puisque le vaisseau alien dans lequel évolue Tommy dispose également de gigantesques anus crachant une substance suspecte à la figure du joueur. Ce n'est pourtant pas la seule fois que le jeu s'intéresse ? directement ou non ? aux femmes et à leur anatomie. Tommy, ainsi, découvre rapidement que son adversaire suprême est une entité alien à la voix condescendante appelée "Mère". La rencontre aura finalement lieu ? au c?ur d'un gigantesque ovule dont le héros (spermatozoïde ?) devra percer les défenses. Et une fois le combat terminé, on apprendra que la Sphère est "un être vivant qu'il serait terrible de vouloir détruire". De quoi parle-t-on ? De vaisseau alien ou d'avortement ? Entre temps, la petite amie Jen, transformée par Mère en une créature hideuse mi-femme mi-machine, se retournera contre Tommy, tentant de le réduire en pièces tout en lui jurant qu'elle l'aime.
Mère, vagin, procréation... Un psychanalyste se régalerait de tous ces symbolismes ? sans même parler de l'arme-pénis brandie par Tommy tout au long du jeu. A notre niveau, on se contentera de dire que Prey offre finalement une seconde lecture réellement intrigante : l'histoire d'un homme romantique, prêt à aimer quel qu'en soit le prix alors que le monde des femmes, regorgeant de dangers, semble continuellement le rejeter. Une aventure curieuse dans les méandres de l'inconscient qui, même si elle ne fait pas de Prey un jeu indispensable, pose tout de même le titre comme un objet à part dans le jeu vidéo.
|
12.10.2008
10.10.2008
09.10.2008
08.10.2008
07.10.2008
05.10.2008
03.10.2008
02.10.2008
01.10.2008
30.09.2008
|













Lire ou participer