L'équivalent Windows du Xbox Live arrive sur Vista le 8 mai prochain et, oui, des comptes Gold payants sont prévus. Mais alors que le monde PC ne manque pas de solutions gratuites pour le jeu en réseau, Microsoft a tout à faire pour prouver l'intérêt du service.
L'information avait été un peu noyée sous le déluge de communiqués de presse et de conférences de la GDC mais il y a une semaine, Game Informer avait pu obtenir les détails de la structure prix du futur Live for Windows, l'équivalent PC du service existant sur Xbox et Xbox 360. Comme pour les consoles, donc, Live PC proposera un niveau de services Silver, gratuit, et un niveau de services Gold, payant, d'ailleurs au même prix que le Xbox Live, soit 49.95 dollars par an aux Etats-Unis. La nouvelle avait alors inquiété le public PC, peu habitué à payer quoi que ce soit pour jouer en réseau (si ce n'est les abonnements aux MMORPG, et encore – Guild Wars semble très bien s'en sortir).

En fait, l'affaire n'est, à première vue, pas aussi dramatique qu'on pourrait le penser. Via un communiqué officiel diffusé hier, Microsoft a annoncé le lancement du service Games for Windows Live le 8 mai prochain uniquement sur Vista et, dans la foulée, détaillé le fonctionnement du système. Premièrement, les joueurs possédant déjà un compte Gold sur Xbox Live seront automatiquement reconnus comme utilisateurs Gold sur Live Windows. Deuxièmement, la version Silver proposera en standard et gratuitement la très grande partie de ce qui fait actuellement le quotidien des gamers Windows : parties multijoueurs PC à PC avec navigateur intégré, chat vocal ou textuel, mais aussi liste d'amis, gamertag, profil et gamerscore communs avec Xbox Live. Pour 50 dollars par an donc (ou l'équivalent de l'abonnement en France), la version Gold rajoutera la possibilité de joindre une partie en cours entre amis, le système TrueSkill choisissant les adversaires en fonction du niveau, les succès multijoueurs (les succès solo, eux, sont inclus dans l'offre Silver) et, surtout, le jeu réseau entre utilisateurs console (Xbox 360) et utilisateurs PC.

Microsoft ne fait donc pas payer le multijoueur en soi mais l'accès aux fonctionnalités les plus critiques du réseau Xbox Live, ce qui, quelque part, semble assez logique. Les vraies difficultés que rencontre la société, en fait, semblent être dans la fusion de deux publics aux attentes et aux habitudes radicalement différentes. D'un côté, les possesseurs de Xbox 360, de toute évidence pas hostiles à l'idée de payer pour jouer en réseau, et ayant tout à gagner de cette nouvelle initiative. De l'autre, les possesseurs de PC Windows, qui, au contraire de leurs compagnons console, ne manquent pas de choix dès qu'il s'agit de se friter à plusieurs. On pourrait citer All-Seeing Eye, GameSpy Arcade, Steam ou Battle.Net mais Next Generation avance l'exemple de Xfire, un logiciel entièrement gratuit intégrant statistiques, chat vocal, et supportant plus de 700 titres. Interrogé par le magazine, Aaron Greenberg, responsable produit Xbox Live, estime que la liste d'amis commune, les fonctions vocales, les Succès et le jeu PC contre 360 "aidera à définir l'identité de GFW Live et à distinguer ce dernier des services actuels tels que Xfire."

Car si quelqu'un ici a tout à perdre, c'est, à l'heure actuelle, moins les joueurs PC que Microsoft. Alors que les premiers peuvent se permettre d'ignorer sagement l'offre Live, le second, en revanche, a tout à faire pour convaincre les utilisateurs comme les développeurs de l'intérêt du système. Microsoft promet à ces derniers tous les outils et l'aide nécessaires pour la création de titres multijoueurs multiplateformes et rêve déjà de concepts mi-stratégie mi-action qui impliqueraient à la fois les joueurs console et Windows au sein du même environnement. Reste que, pour le moment, seuls deux jeux tirant réellement parti de la fusion PC/Xbox 360 ont été annoncés : le FPS Shadowrun inspiré de l'univers du même nom (sortie prévue en juin) et UNO, adaptation vidéoludique du jeu de cartes (sortie cet automne). "Il va y avoir beaucoup plus de titres compatibles GFW Live [dans le futur], et les éditeurs tiers feront sans aucun doute partie de la prochaine vague de titres," s'engage Greenberg. A voir.