Que ce soit aux Etats-Unis ou au Japon, la DS est revenue en tête des classements de ventes consoles, suivie par Wii du même constructeur. La Xbox 360, elle, remporte un certain succès côté logiciel, pendant que le démarrage de la PS3 se fait toujours attendre.
La Nintendo DS a détrôné Wii à la première place du classement américain console de février de l'institut NPD. Avec 485.000 unités vendues, la portable prend aisément la tête, sa grande sœur se calant confortablement en seconde position avec 335.000 machines écoulées. Suivent : la Playstation 2 (295.000), la Xbox 360 (228.000), la PSP (176.000) et la Playstation 3 (127.000), en retrait derrière l'antique Game Boy Advance (136.000). DS exceptée, toutes les plateformes ont accusé une baisse plus ou moins prononcée par rapport à janvier.

Le schéma est à peu près similaire au Japon, où la DS continue à dominer les ventes de consoles. Un rapide calcul basé sur les chiffres hebdomadaires fournis par l'institut Media Create donne la petite Nintendo première sur février avec environ 600.000 machines écoulées. Wii suit avec 315.000 unités, devant la PSP (260.000), la Playstation 3 (120.000) et la Playstation 2 (80.000). On notera que la console portable Sony a connu un regain d'intérêt très net sur le territoire à la sortie, le 22 février, de Monster Hunter Freedom 2, triplant ses ventes par rapport à la semaine précédente. D'après un rapport de l'agence Bloomberg paru hier, la DS reste cependant le leader incontesté avec un nombre de machines livrées presque trois fois supérieur à Sony (14.4 millions à la fin 2006 contre cinq millions à la fin janvier 2007).

A priori, donc, les nouvelles sont bonnes pour Nintendo. Reste tout de même un obstacle – et de taille. Pendant que le constructeur se réjouit et parle de demande "explosive" de la part des consommateurs, la console, elle, se fait toujours aussi rare chez les revendeurs des deux côtés de l'Atlantique. Selon l'analyste américain Michael Pachter, la situation pourrait se prolonger jusqu'en mai prochain, alors que Nintendo promet désormais d'accroître ses capacités de production dans les semaines à venir. "Ce n'est pas quelque chose qui peut se faire en deux, trois jours, expliquait hier Laurent Fischer, directeur du marketing Nintendo Europe, au magazine GamesIndustry. Nous devons être patients."

Le constat semble un peu plus mitigé chez Microsoft. D'un côté, le constructeur rencontre un succès indéniable côté logiciel, avec des ventes de jeux "très largement au-dessus des prévisions" sur le marché américain selon Pachter. En février, c'est ainsi un titre Xbox 360, l'excellent Crackdown, qui se retrouve numéro un des ventes outre-Atlantique avec 427.000 unités écoulées. Le mois précédent, c'était Lost Planet, alors que Gears of War avait monopolisé la première place du classement en novembre et décembre 2006. Un analyste de la Deutsche Bank, cependant, qualifie lui le chiffre des 228.000 Xbox 360 vendues en février aux Etats-Unis "particulièrement décevant". "Ce résultat place le parc installé [américain] de consoles à cinq millions, soit à peu près au niveau de la Xbox originale, une machine qui n'avait pas encore fait ses preuves et qui faisait face à la concurrence sérieuse de la Playstation 2," estime Jeetil Patel.

C'est évidemment vers Sony que se tournent une fois de plus les regards. Après avoir continuellement répété depuis le début de l'année que la présence de Playstation 3 dans les magasins était le résultat d'une chaîne de distribution efficace – et non pas d'une demande faible –, la baisse de près de 50% des ventes de machines par rapport à janvier jette un froid. Pachter concède que la demande du public pour la PS3 est actuellement "inférieure aux attentes", et Patel enfonce le clou avec quelques chiffres. "127.000 consoles vendues en février, c'est moins que les ventes de Xbox 360 l'année dernière (160.000) et même moins que les ventes de la Xbox originale en février 2002 (140.000)," explique-t-il, avant de qualifier une potentielle baisse de prix de la Playstation 3 de décision "critique". Anita Frazier, de l'institut NPD, reste néanmoins optimiste. "Gardez à l'esprit que les performances de la Playstation 2 durant ses premiers mois de disponibilité avaient été relativement faibles, et nous savons tous ce qu'il est advenu de cette plateforme," rappelle-t-elle.