Nouvelles de l'indie gaming : entre un shmup et un simulateur de drague, les japonais inventent le jeu de baffes. Un concept beaucoup plus subtil et solide qu'on pourrait le penser, à découvrir dans un contre-emploi hilarant des codes du jeu de baston.
Du mouvement indépendant japonais, on connaissait surtout un monde souterrain de jeux d'aventure plus ou moins érotiques ainsi que le flux ininterrompu des shooters plus ou moins manic pensés par et pour les accros nippons du joystick (certains, comme le TUMIKI Fighters de Kenta Cho ou ou l'Every Extend d'Omega, ont eu ou auront prochainement l'honneur d'une sortie officielle en Occident). Une partie du collectif Nigoro s'est elle faite connaître avec un jeu d'aventure / action du nom de La Mulana, pied de nez avoué à "la nouvelle génération des jeux hyper-faciles" et capsule temporelle bloquée sur les années MSX, à l'époque où la notion de challenge régnait encore en maître sur l'ensemble de la production. Bourré d'énigmes et doté d'une durée de vie plus que conséquente, La Mulana est depuis devenu une sorte de jeu culte, cité avec déférence par les fans de dojin soft ainsi que dans les pages du site spécialisé Aeon Genesis. "C'est l'un des titres gratuits les plus longs auxquels j'ai jamais joué, peut-on lire chez ce dernier. Ma première partie a duré 26 heures, et même en sachant exactement comment résoudre les énigmes, je parierais qu'il faut au moins 10 à 12 heures pour terminer le jeu, sans compter le donjon bonus."
Rien à voir avec le nouveau projet de Nigoro, un titre nommé Rose et Camelia et réalisé simplement en Flash, accessible depuis n'importe quel navigateur internet. Le site officiel et le jeu, tous en japonais, restent désespérément hermétiques pour les occidentaux mais une traduction effectuée par les geeks fanatiques des forums SelectButton donne quelques indices. Le scénario, apparemment, met en scène une jeune fille d'origine modeste dont le mari, de sang noble, meurt tragiquement. Les femmes proches du défunt entendent bien désormais jeter dehors cette roturière et la priver de l'héritage qui lui est dû. "Il n'y a qu'un moyen de résoudre l'affaire !" indiquent les créateurs. Et c'est, bien entendu, à coups de gifles.
Rose et Camelia est donc un jeu de baffes, un concept inédit qui, à lui seul, suffirait à attiser les curiosités. Mais l'équipe Nigoro ne s'est pas arrêtée là. Passé l'effet nouveauté, le titre soutient l'intérêt grâce à des mécanismes simples mais solides, basés sur la rapidité et la précision du joueur : rapidité pour déclencher les coups et les esquives au bon moment, précision pour littéralement "mettre la baffe," à l'aide d'un mouvement sec de la souris. Plus intéressante peut-être est la manière dont Rose et Camelia s'approprie les codes traditionnels du genre "baston", généralement assez couillu et extravagant, et les parachute à contre-emploi total dans l'univers 100% féminin et archi-rigide de l'aristocratie victorienne. Hilarité, donc, lorsqu'un "coup critique" (porté à un endroit bien précis du visage) défrise littéralement les vieilles rombières pincées, lorsque les visages commencent à se décomposer ou à la fin du duel, lorsque l'adversaire s'écroule dans un ralenti digne de Street Fighter II, le tout sous la mélodie désinvolte du clavecin.
Un jeu solide bien que, gratuité oblige, un peu court, beaucoup d'humour et un concept inédit ; pas étonnant que Rose et Camelia se soit vite imposé dans divers forums comme un véritable petit succès underground. Et comme c'est souvent le cas avec ce genre de titres proches de l'expérimentation pure, beaucoup visualisent déjà des améliorations possibles. On rêve de mode multijoueur, d'une version Wii permettant de mimer la fameuse baffe à la Wiimote, voire d'une version DS, au stylet. On aura vu plus étrange ; avec Elite Beat Agents ou Phoenix Wright : Ace Attorney, la portable Nintendo a déjà permis à quelques bizarreries nippones de quasiment accéder au titre de jeu-culte aux Etats-Unis.
Rien à voir avec le nouveau projet de Nigoro, un titre nommé Rose et Camelia et réalisé simplement en Flash, accessible depuis n'importe quel navigateur internet. Le site officiel et le jeu, tous en japonais, restent désespérément hermétiques pour les occidentaux mais une traduction effectuée par les geeks fanatiques des forums SelectButton donne quelques indices. Le scénario, apparemment, met en scène une jeune fille d'origine modeste dont le mari, de sang noble, meurt tragiquement. Les femmes proches du défunt entendent bien désormais jeter dehors cette roturière et la priver de l'héritage qui lui est dû. "Il n'y a qu'un moyen de résoudre l'affaire !" indiquent les créateurs. Et c'est, bien entendu, à coups de gifles.
Rose et Camelia est donc un jeu de baffes, un concept inédit qui, à lui seul, suffirait à attiser les curiosités. Mais l'équipe Nigoro ne s'est pas arrêtée là. Passé l'effet nouveauté, le titre soutient l'intérêt grâce à des mécanismes simples mais solides, basés sur la rapidité et la précision du joueur : rapidité pour déclencher les coups et les esquives au bon moment, précision pour littéralement "mettre la baffe," à l'aide d'un mouvement sec de la souris. Plus intéressante peut-être est la manière dont Rose et Camelia s'approprie les codes traditionnels du genre "baston", généralement assez couillu et extravagant, et les parachute à contre-emploi total dans l'univers 100% féminin et archi-rigide de l'aristocratie victorienne. Hilarité, donc, lorsqu'un "coup critique" (porté à un endroit bien précis du visage) défrise littéralement les vieilles rombières pincées, lorsque les visages commencent à se décomposer ou à la fin du duel, lorsque l'adversaire s'écroule dans un ralenti digne de Street Fighter II, le tout sous la mélodie désinvolte du clavecin.
Un jeu solide bien que, gratuité oblige, un peu court, beaucoup d'humour et un concept inédit ; pas étonnant que Rose et Camelia se soit vite imposé dans divers forums comme un véritable petit succès underground. Et comme c'est souvent le cas avec ce genre de titres proches de l'expérimentation pure, beaucoup visualisent déjà des améliorations possibles. On rêve de mode multijoueur, d'une version Wii permettant de mimer la fameuse baffe à la Wiimote, voire d'une version DS, au stylet. On aura vu plus étrange ; avec Elite Beat Agents ou Phoenix Wright : Ace Attorney, la portable Nintendo a déjà permis à quelques bizarreries nippones de quasiment accéder au titre de jeu-culte aux Etats-Unis.
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20.11.2008
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