Techniquement et visuellement irréprochable, le dernier titre-vitrine de la Playstation 3 anime les visages d'un souffle humain et inaugure un monde d'expressions nouvelles pour les acteurs virtuels. Une proposition fascinante mais un jeu, lui, minuscule.
Un autre jour, donc, et un autre titre-phare du line-up de fin d'année Playstation 3, évidemment capital vu les ventes toujours médiocres de la machine. Après la sortie américaine de Lair, il y a un mois, Heavenly Sword, produit par Ninja Theory et le studio Sony Cambridge, en Angleterre, affiche tout d'abord lui aussi son statut de jeu-vitrine, alors que le constructeur bataille toujours pour affirmer la spécificité et la supériorité de sa dernière console par rapport à la Xbox 360. "Uniquement possible sur Playstation 3," rabâche ainsi l'un des making-of présents sur le disque, vieille rengaine entendue mille fois mais que l'on est ici prêt à croire. Avec ses champs de bataille épiques affichant sans trop broncher des douzaines d'ennemis en simultané, ses cités majestueuses dont les moindres détails sont fièrement balayés par la caméra, et la sophistication évidente de ses graphismes, le titre se positionne facilement comme une incontestable prouesse visuelle et technique.
Mission à moitié accomplie cependant, puisque côté jeu, l'offre est des plus rudimentaires. La filiation avec God of War est évidente (beaucoup avaient longtemps qualifié Heavenly Sword de Goddess of War) mais le titre n'exhibe ni le panache, ni la virtuosité de son modèle. A vrai dire, l'importance inhabituelle accordée à la notion de contre-attaque (son utilisation est réclamée explicitement à plusieurs reprises) font rapidement tendre la partie combat vers le simple jeu de réflexes, la bonne action au bon moment, impression renforcée par la présence de nombreuses séquences de boutons hérités de God of War. Plus transparente est l'inclusion d'une partie tir dans laquelle le joueur "pilote" un projectile vers sa cible. Utilisant par défaut les capacités de détection de mouvements du Sixaxis, ce jeu minuscule et volontiers barbant se retrouve pourtant ici étalé sur des niveaux entiers, confirmant une nouvelle fois la fonction avant tout démonstrative du titre.
Il y a néanmoins dans Heavenly Sword un aspect réellement fascinant. La modélisation hyper-détaillée des visages couplée à l'utilisation de la motion capture sur des acteurs authentiques (dont l'impressionnant Andy Serkis, qui avait insufflé de l'humain dans les carcasses virtuelles du King Kong de Peter Jackson et de Gollum dans le Seigneur des Anneaux) donne une expressivité sidérante aux personnages, rappelant en cela le casting virtuel de Quantic Dream – également sur Playstation 3 – et préfigurant certainement ce que sera le futur Heavy Rain du studio français. De là à déduire que la cinématographie du titre a représenté la priorité numéro un des créateurs, il n'y a qu'un pas, vite franchi puisque les noms des acteurs et des scénaristes figurent en première place au générique, avant même l'équipe de développement proprement dit. Visiblement avide de dire et de (dé)montrer, Heavenly Sword n'a pas laissé grand-chose à faire au joueur, et livre du coup une expérience plus proche du film interactif, ce genre un peu honteux promis il y a quinze ans comme révolutionnaire, que de la véritable nouvelle génération.
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Mission à moitié accomplie cependant, puisque côté jeu, l'offre est des plus rudimentaires. La filiation avec God of War est évidente (beaucoup avaient longtemps qualifié Heavenly Sword de Goddess of War) mais le titre n'exhibe ni le panache, ni la virtuosité de son modèle. A vrai dire, l'importance inhabituelle accordée à la notion de contre-attaque (son utilisation est réclamée explicitement à plusieurs reprises) font rapidement tendre la partie combat vers le simple jeu de réflexes, la bonne action au bon moment, impression renforcée par la présence de nombreuses séquences de boutons hérités de God of War. Plus transparente est l'inclusion d'une partie tir dans laquelle le joueur "pilote" un projectile vers sa cible. Utilisant par défaut les capacités de détection de mouvements du Sixaxis, ce jeu minuscule et volontiers barbant se retrouve pourtant ici étalé sur des niveaux entiers, confirmant une nouvelle fois la fonction avant tout démonstrative du titre.
Il y a néanmoins dans Heavenly Sword un aspect réellement fascinant. La modélisation hyper-détaillée des visages couplée à l'utilisation de la motion capture sur des acteurs authentiques (dont l'impressionnant Andy Serkis, qui avait insufflé de l'humain dans les carcasses virtuelles du King Kong de Peter Jackson et de Gollum dans le Seigneur des Anneaux) donne une expressivité sidérante aux personnages, rappelant en cela le casting virtuel de Quantic Dream – également sur Playstation 3 – et préfigurant certainement ce que sera le futur Heavy Rain du studio français. De là à déduire que la cinématographie du titre a représenté la priorité numéro un des créateurs, il n'y a qu'un pas, vite franchi puisque les noms des acteurs et des scénaristes figurent en première place au générique, avant même l'équipe de développement proprement dit. Visiblement avide de dire et de (dé)montrer, Heavenly Sword n'a pas laissé grand-chose à faire au joueur, et livre du coup une expérience plus proche du film interactif, ce genre un peu honteux promis il y a quinze ans comme révolutionnaire, que de la véritable nouvelle génération.
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