A l'occasion de la sortie de son dernier titre, Sunny Day Sky, retour sur la production Flash de Ferry Halim, grand rêveur et designer talentueux dont les jeux, charmants tableaux pastel évoquant les univers du conte et de l'enfance, extraient le merveilleux du réel.
Ferry Halim est ce que l'on peut sans risque qualifier de designer professionnel. En l'espace de quelques années, ce natif de Padang, Indonésie, vivant depuis 2001 à Fresno en Californie, a réalisé plus de quarante jeux Flash pour des clients incluant les chaînes Cartoon Network ou Comedy Central ou bien le fabricant de poupées historiques American Girl, autour d'univers aussi variés que ceux de Pokémon, de South Park ou de Tom & Jerry. Si le nom de Halim est connu des internautes, cependant, c'est pour une production parallèle et éminemment personnelle sur le site Orisinal.com, ce qu'il appelle "son terrain de jeu et d'expérimentation." En huit ans, le designer y a réalisé une soixantaine de titres et s'y est façonné un style, qu'il décrit lui-même comme "propre et agréable" : pas de sang, très peu de violence (sauf peut-être à l'encontre de quelques "crabes grognons"), mais des couleurs pastels, des petits animaux, et des berceuses apaisantes en guise de bande-son, des univers charmants et tous publics qui lui ont valu quelques prix, dont le Webby Award du meilleur site de jeu vidéo en 2003.
Il y a bien sûr dans l'œuvre de Halim des appels constants au monde de l'enfance, à l'univers du conte et, donc, à cette naïveté et cette innocence qui rendent les fantaisies les plus extravagantes permises. Bubble Bees, réalisé en 2001, propose ainsi au joueur d'enfermer des abeilles dans des bulles de savon. Winterbells, plus récent, faut sauter un lapin blanc sur des clochettes de plus en plus petites, pour atteindre des hauteurs de plus en plus vertigineuses. A Daily Cup of Tea, de 2005, raconte lui l'histoire de deux petites souris volant des morceaux de sucre pour leur thé. Mais même si les mini-productions de Halim sont avant tout prétextes à la création d'univers audio-visuels à l'élégance inégalée dans le monde du jeu Flash, le game design est parfois capable de jolies surprises. Le joueur, ainsi, contrôle les deux souris à la fois et doit coordonner leurs mouvements sur deux plateformes différentes, une idée de gameplay parallèle que l'on retrouve dans Cats ou dans le très beau A Dog for Each Season, course canine d'obstacle sur quatre niveaux, chacun correspondant à une saison. On pourrait également citer Bugs, version casual et apaisante d'Every Extend Extra.
Sunny Day Sky, son tout dernier titre, se situe lui dans une veine estivale tout à fait appropriée. A l'aide d'un simple parapluie, un ourson s'envole au-dessus du trafic et doit survoler un maximum de voitures tout en évitant le contact avec les canards. La traditionnelle course au high score est pimentée par l'existence de combos et de multiplicateurs, ainsi que par l'apparition occasionnelle d'un bonus permettant de continuer à voler plus longtemps et, donc, de passer encore plus de véhicules. Il y a du Mary Poppins dans ce teddy bear-là, une référence que la bande-son, guillerette et aérienne, prend bien soin de souligner. Mais il y a également là ce que l'on imagine être le rêve secret de tous les enfants coincés dans les embouteillages de la route des vacances, prisonniers de carcasses de métal chauffées à blanc par un soleil impitoyable. Et c'est peut-être ce qui rend les fantaisies d'Orisinal si précieuses : loin de donner dans le pur fantasme, Halim rêve le réel et en fait jaillir du merveilleux.
[Image de une : What Comes Around, jeu de plateforme circulaire de Ferry Halim]
Il y a bien sûr dans l'œuvre de Halim des appels constants au monde de l'enfance, à l'univers du conte et, donc, à cette naïveté et cette innocence qui rendent les fantaisies les plus extravagantes permises. Bubble Bees, réalisé en 2001, propose ainsi au joueur d'enfermer des abeilles dans des bulles de savon. Winterbells, plus récent, faut sauter un lapin blanc sur des clochettes de plus en plus petites, pour atteindre des hauteurs de plus en plus vertigineuses. A Daily Cup of Tea, de 2005, raconte lui l'histoire de deux petites souris volant des morceaux de sucre pour leur thé. Mais même si les mini-productions de Halim sont avant tout prétextes à la création d'univers audio-visuels à l'élégance inégalée dans le monde du jeu Flash, le game design est parfois capable de jolies surprises. Le joueur, ainsi, contrôle les deux souris à la fois et doit coordonner leurs mouvements sur deux plateformes différentes, une idée de gameplay parallèle que l'on retrouve dans Cats ou dans le très beau A Dog for Each Season, course canine d'obstacle sur quatre niveaux, chacun correspondant à une saison. On pourrait également citer Bugs, version casual et apaisante d'Every Extend Extra.
Sunny Day Sky, son tout dernier titre, se situe lui dans une veine estivale tout à fait appropriée. A l'aide d'un simple parapluie, un ourson s'envole au-dessus du trafic et doit survoler un maximum de voitures tout en évitant le contact avec les canards. La traditionnelle course au high score est pimentée par l'existence de combos et de multiplicateurs, ainsi que par l'apparition occasionnelle d'un bonus permettant de continuer à voler plus longtemps et, donc, de passer encore plus de véhicules. Il y a du Mary Poppins dans ce teddy bear-là, une référence que la bande-son, guillerette et aérienne, prend bien soin de souligner. Mais il y a également là ce que l'on imagine être le rêve secret de tous les enfants coincés dans les embouteillages de la route des vacances, prisonniers de carcasses de métal chauffées à blanc par un soleil impitoyable. Et c'est peut-être ce qui rend les fantaisies d'Orisinal si précieuses : loin de donner dans le pur fantasme, Halim rêve le réel et en fait jaillir du merveilleux.
[Image de une : What Comes Around, jeu de plateforme circulaire de Ferry Halim]
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