Simple et sans prétention, ce jeu d'action-puzzle (comme le décrit la jaquette) trouve parfaitement sa place sur une console portable. Et, à plus forte raison, sur Nintendo DS : le stylus se révèle très rapidement l'accessoire idéal pour interagir rapidement et efficacement avec cet univers zinzin.

On le trouve dans la majorité des line-ups de lancement de consoles : ce petit jeu de "niche", ce truc japonais un peu bizarre, ce titre sans aucune prétention qui, généralement, se vend très peu et ne fait pas de vagues. Bingo ! Zoo Keeper, c'est exactement ça : un puzzle game d'une modestie telle que, franchement, on a presque du mal à le défendre. Oui, le concept est hyper-simple (et à la fois, très compliqué à expliquer, le problème de tous les jeux de ce genre) : le but est de faire disparaître des animaux dans une grille de huit par huit en en alignant au moins trois du même type. Pour cela, un seul mouvement est disponible : échanger la position de deux animaux se trouvant sur une cage adjacente. La ou les lignes disparaissent et, la gravité aidant, les blocs descendent alors que de nouveaux viennent remplir le haut de l'écran. Le tout se déroule sous la dictature impitoyable d'un sablier, qu'il faut remplir à coups de lignes éliminées et de combos.

Et oui, c'est tout. Les concepteurs ont bien tenté d'ajouter un peu de diversité en introduisant quatre ou cinq modes de jeu mais, soyons honnête, tous se contentent de reprendre le principe de base expliqué plus haut. Un mode multijoueurs est présent mais, là encore, nous n'avons pas pu l'essayer faute de disposer d'une seconde DS. Pas de super bonus à débloquer, pas cinquante blocs spéciaux avec lesquels jongler : juste les bestioles et le sablier. Ceci étant dit, Zoo Keeper, on y revient encore et encore. Pour une partie ou deux, et puis on fait autre chose. Et puis on y revient. Car il y a plusieurs choses qui rendent le jeu éminemment sympathique : les graphismes colorés, le parti pris graphique d'avoir des animaux carrés, leurs pitreries incompréhensibles sur l'écran du haut, la traduction japonais-anglais débile... Il y a également l'impression d'être beaucoup plus actif que par rapport à un Tetris-like, par exemple. Dans ce dernier, on regarde les pièces tomber, plus ou moins vite, et on fait avec. Zoo Keeper, lui, demande au joueur de prendre les choses en main : à lui de scanner la grille pour trouver les bonnes combinaisons et puis d'agir, éliminer ces bon dieux d'animaux pour faire remonter le sablier et recommencer, de plus en plus vite.

Mais surtout, ce qui rend le jeu si bizarrement accrocheur, c'est l'interface. Zoo Keeper ne fait pas une utilisation extravagante des fonctions spécifiques de la Nintendo DS (pas besoin de souffler, de crier ou de gratter quoi que ce soit). Non, tout ce qu'il utilise, c'est le stylus. Mais ce petit accessoire se révèle, n'ayons pas peur des mots, parfait. Ce jeu qui aurait pu être insupportable avec n'importe quel autre pad, qu'il soit digital ou analogique, devient ici complètement inné, nerveux, précis, et accessible à tous. En fait, défendre Zoo Keeper, ce n'est pas compliqué. Imaginez un paquet de délicieuses Chipster (goût nature, les meilleures). Ca mérite à peine le terme de nourriture, c'est aussi élaboré qu'une soirée pizza en l'absence des parents, ça se mange en une dizaine de minutes, moins que ça si vous avez de grandes mains. Mais la fonction du Chipster est essentielle : satisfaire cette envie simple de croustillant et de bon goût salé, n'importe où et n'importe quand. De la même manière, toutes les occasions sont bonnes pour lancer Zoo Keeper : un long vol à dos de griffon sur World of Warcraft, un petit moment de flottement alors que personne n'arrive à se décider sur le film à aller voir, un passage à vide lors de la rédaction d'un article. N'importe où et n'importe quand : le puzzle game idéal sur portable et parfait pour la Nintendo DS.