La collaboration entre l'équipe de développement de Grand Prix 4 et l'écurie de Formule 1 Orange Arrows est étonnante. Grâce à cette écurie britannique, le génial Geoff Crammond transforme les données brutes en une simulation très réaliste… Même modeste, une F1 est un joyau de technologie ! Explications...

Tranquillement installés à proximité des bornes de démonstration de Grand Prix 4, nous avons discuté avec John Cook, venu présenter le dernier jeu de Geoff Crammond. John Cook est un "cas" particulier dans le monde du jeu vidéo, puisque c'est un ancien journaliste britannique devenu auteur de jeu vidéo, puis "agent" de Geoff Crammond. Il faut dire qu'il voue une admiration sans borne pour le programmeur anglais, au point d'avoir réalisé le jeu Sentinel Returns en 1998, la suite de Sentinel, le premier succès de Geoff Crammond (1986). En ayant fondé Bad Management, sa propre société de communication, John nous explique qu'il fait gagner beaucoup de temps à Geoff : "pendant que je communique autour de son jeu, Geoff peut se consacrer pleinement à la programmation…". Et quand on lui demande pourquoi il est si difficile d'obtenir une interview de son mentor (qui fuit les entretiens avec la presse) il nous fait bien comprendre que Geoff est un programmeur de génie qui n'a pas de temps à perdre. "Vous savez Geoff est un ingénieur, quelqu'un de très concentré sur son travail. Il ne joue pas beaucoup…".

De notre entretien, nous n'apprendrons malheureusement pas grand chose de plus par rapport au communiqué de presse, John Cook semble avoir un don pour cultiver le secret tout en lâchant quelques brides d'informations… Une sorte de politicien du jeu vidéo ! Ainsi, nous l'avons assez longuement questionné sur le partenariat entre Simergy, la société de Geoff Crammond, et Arrows, l'écurie de Formule 1 qui fourni ses données de course. Il ne nous sera ainsi pas possible de connaître la nature de ces données et en quoi elles permettent de bien programmer le comportement d'une F1 dans un jeu vidéo. "Arrows nous fourni tous ses relevés télémétriques, mais je ne peux malheureusement pas vous dire à quelle saison ils remontent… Si des programmeurs adeptes du "reverse engineering" étudiaient notre code, ils pourraient obtenir des secrets sur le fonctionnement des monoplaces Arrows" ! Une réponse qui met en avant la précision du moteur physique réalisé par Geoff Crammond, mais qui est aussi terriblement prétentieuse & nbsp;: qui se soucie de savoir comment fonctionne l'écurie Arrows qui occupe actuellement la dernière place du Championnat du Monde de F1 !

On ne fera cependant pas la fine bouche : c'eut été mieux d'obtenir l'aide de McLaren ou Williams, les deux écuries de pointe britanniques, mais c'est déjà bien de pouvoir collaborer avec un acteur anglais de la F1. Une collaboration d'ailleurs très collégiale qui dépasse le simple argument marketing puisque, en plus de ses données télémétriques, l'écurie fourni un beta-testeur de prestige. "Il y a à peine un an, Jos Verstappen est venu valider le réalisme de notre simulation sous la pluie, sans aucune assistance de pilotage". Et l'expérience du pilote hollandais qui a depuis été remercié par l'écurie, assure au jeu une conduite extrêmement réaliste. "Nous sommes très confiant quant à notre modèle physique". Et à l'entendre dire, le jeu est si réaliste qu'il fait - pour l'instant - surtout le bonheur des mécaniciens de l'écurie Arrows qui peuvent enfin ressentir comment se pilote l'auto dont ils s'occupent, mais dans laquelle ils ne sont jamais montés !

La collaboration privilégiée entre la modeste écurie anglaise et le développeur anglais de pointe promet donc au niveau du réalisme. Grand Prix 4 sera, sans doute, l'un des jeux de F1 à proposer la conduite d'une monoplace moderne la plus réaliste, et ceci sur les 17 circuits du Championnat 2001. Tous ont été tracés à partir de relevés GPS pour une plus grande précision & nbsp;: aussi fidèles que possibles, tant dans leur dessin que dans leur dénivelé. Lors de la présentation, John Cook et son préposé Nick Court (Chef de projet sur GP4) nous ont littéralement ébloui avec de courtes démonstrations. Entre le respect des tracés, et la profusion de détails aperçus à Monaco, on peut déjà prédire que, visuellement, l'objectif est atteint. Saviez-vous par exemple que sur le circuit de l'Albert Park (Australie) il y a des habitations au bord des premiers virages & nbsp;? Elles sont modélisées dans le jeu, pour la première fois sur micro (en plus des tours et immeubles plus lointains). Le photo-réalisme est même atteint lorsque l'on voit le jeu des reflets sur des carrosseries parfaitement modélisées… Les visuels sont bluffant. Hélas, nous n'avons pas pu jouer longtemps sur les versions de démonstration, sur PC et Xbox. Sur cette dernière, le jeu était réglé avec toutes les assistances poussées à fond (contrôle de la traction, stabilité, trajectoire idéale…) si bien qu'il était difficile de se faire une opinion de la pertinence du modèle physique. Nous patienterons donc encore un peu avant de décrire notre premier "run" à bord de Grand Prix 4.

Pour conclure ce bref aperçu de GP4, nous finirons par une note négative & nbsp;: elle concerne l'option multijoueur. Il semblerait que pour cause de licence avec la FIA (pour la saison 2001), le jeu ne pourra pas être joué en multijoueur sur Internet, les autorités sportives qui régissent la F1 ne souhaitent pas qu'il puisse y avoir une compétition parallèle à la F1, fut-elle virtuelle. Quand nous lui avons demandé quelles étaient les raisons de cette "impasse", John Cook s'est montré extrêmement évasif et a juste invoqué l'engagement qu'induisait leur licence officielle… Mais qu'on se rassure, GP4 proposera un mode multijoueur en réseau local (jusqu'à 8 joueurs) et un mode 2 joueurs en écran "splité".

La sortie de Grand Prix 4 est prévue pour juin sur PC et Xbox.

Ivan Dubessy

John Cook est un ancien journaliste anglais de la presse spécialisée (Popular Computing Weekly)... Après avoir réalisé la suite de Sentinel en hommage au premier grand jeu de Geoff Crammond, il est devenu son agent. Une relation étrange qu'il décrit ainsi & nbsp;: "pendant que je communique autour de son jeu, Geoff peut se consacrer pleinement à la programmation…"

Ambiance "paddock" dans la pièce réservée aux bornes de démonstration GP4. On pouvait essayer les deux versions officiellement annoncées & nbsp;: GP4 sur PC et sa "petite" soeur Xbox...

Les mécaniciens de Orange Arrows en pleine action "virtuelle". Geoff Crammond et son équipe de développement ont tissé une relation étroite avec la modeste ecurie de F1 britannique.