Pas de chance pour les talentueux développeurs allemands de Factor 5 installés en Californie.
Après une hype énorme et un succès commercial américain mérité avec Star Wars : Rogue Squadron II lors du lancement de la GameCube en 2001 aux Etats-Unis puis en Europe en mai 2002, voilà que la suite
de leur jeu est presque aussi mal reçue que la précédente était bien accueillie (elle aussi une mise à jour du premier Rogue Squadron sur console Nintendo 64). Retour de bâton d'un succès trop médiatisé ? Simple fluctuation capricieuse de la mode ? Oui sans doute, mais pas seulement. Car en voulant innover et ouvrir son champ d'expériences ludiques, Rebel Strike, alias Rogue Squadron III
(ah ces noms militaro-folkloriques de plus en plus abscons? il faudra un jour s'y
pencher), rate en partie sa cible.
Aux fameuses séquences de tirs dans l'espace ou dans le ciel des planètes de la mythologie Star Wars, Rebel Strike ajoute donc des chapitres jouables à pied, laser gun à la main, aux commandes de moto-jets ou de Walkers mécaniques.
Et sur ce coup là, après la réussite technique des précédents épisodes, la Force n'est plus avec Factor 5. Mais c'est aussi notre faute à nous les joueurs et professionnels de la profession. D'une part nous réclamons depuis des années à corps et à cris des innovations, et donc autre chose que des suites littérales, d'autre part les courtes séquences du
1er Rogue Squadron où l'on pouvait diriger Luke Skywalker lui-même dans le hangar à X-Wing étaient si simplement réussies qu'elles appelaient forcément des séquences de jeu du même niveau. Factor 5 y a visiblement cru aussi mais? patatras ! Quelles que soient les raisons - délais trop courts, sous-traitance partielle ou bête et mauvaise appréciation générale ? la plupart des séquences piétonnières sont, on peut le dire à ce niveau là, ratées. Le contrôle du personnage n'est pas inconfortable mais d'une platitude polie. Le design des niveaux intérieurs comme extérieurs est sans imagination quand il n'est pas tout simplement répétitif (une volée de marches, une grosse salle, puis la même volée de marches, une autre grosse salle, etc). Sans contrôle possible de la caméra, la vue reste plantée à distance et laisse le joueur justement loin du c?ur des combats qu'il est censé mené à coups de pistolet laser. Malgré la profusion de protagonistes ou d'objets en mouvement, l'action laisse totalement indifférent, même quand il s'agit d'arrêter un gros vaisseau cargo au décollage en utilisant ici et là des canons fixés au sol. Dans le genre guérilla du ciel, il suffit de goûter au récent Crimson Skies de la Xbox pour voir ce que rate Rebel Strike.
Les séquences de course de moto-jets aux images photo-réalistes sont un peu plus prenantes d'un point de vue graphique, mais là aussi, malgré une vue subjective qui fait illusion quelques instants, ni les effets de vitesse
ni le contrôle rudimentaire ne rendent vraiment justice à la fameuse séquence tirée du Retour du Jedi. Les missions où le joueur contrôle les Walkers aux grandes jambes articulées sont plus rigolotes mais le peu de précision des tirs et des déplacements laissent un goût d'inachevé. Là où le précédent Rogue Squadron utilisait l'interactivité des séquences de vols pour plonger les joueurs au c?ur des films Star Wars, le mauvais ajustement technique et le design approximatif des nouvelles séquences sortent le joueur agacé de son rêve virtuel. Pourtant, encore une fois, la majorité du jeu est constituée de missions où il faut piloter A, B, Y ou X-Wings en plein ciel chargé de missions et de Tie-Fighters agressifs. Même si les cut-scenes sont devenues trop longues et trop bavardes pour des objectifs de missions toujours confus (on participe la plupart du temps à une action collective où il est souvent difficile de mesurer l'impact de sa propre intervention dans le "grand schéma" de la rébellion contre l'Empire) l'immersion est réussie et le contrôle plus qu'agréable, à défaut d'une grande précision.
Et puis, soucieux d'en donner plus (ou peut-être inquiet de ne pas avoir servi un repas complet, allez savoir), Rebel Strike offre des bonus assez conséquents.
Passons sur l'impraticable option Game Boy Advance qui permet à un joueur d'actionner quelques commandes avec la GBA pendant une partie multijoueur (qui doit lâcher sa manette en plein vol pour le faire ?!) pour signaler l'abondance des modes de jeux à deux (et non à quatre). 18 missions basées sur l'affrontement, la destruction simple ou ciblée rejoignent deux affrontements en Walkers, une course dans la fameuse tranchée de l'Etoile Noire, une course de moto-jets dans la forêt d'Endor et, surtout, toutes les missions du jeu précédent jouable à deux en coopératif sur un écran divisé. Insistons sur ce point : tout le jeu Rogue Squadron II de la GameCube est ici inclus pour jouer à deux simultanément (pas en solo) !) Avec la présence du Star Wars des arcades des années 80 et un making-of en bonus, nous voici avec une jolie collection de suppléments.
Pour tout amateur, forcément fétichiste de l'univers Star Wars, la présence d'extraits des films et de toute l'armada d'engins et de codes propres au monde de George Lucas, assurent à Rebel Strike son statut de meilleur autel graphique où célébrer les rituels bien connus de la première trilogie. Une messe pour les fans de toujours qui, de façon tout à fait salutaire et lucide, n'oublie pas le second degré en commençant par un réjouissant détournement disco du logo LucasArt et de la musique générique Star Wars. Pour ceux qui ont encore la fièvre de la Guerre des Etoiles donc?
François B. de la Boissière
Star Wars Rogue Squadron III : Rebel Strike
1 à 2 joueurs sur un seul écran
Mode 50Hz ou 60 Hz : oui, option au démarrage
Image 16/9 : oui automatique en 60Hz
Son : Dolby Surround Pro Logic II
Disponible uniquement sur GameCube
Environ 60 ?
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01.07.2009
30.06.2009
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