David Ball, vendeur de quelques 1500 modchips Messiah 2 pour Playstation 2, vient d'être déclaré coupable d'infraction au copyright par un juge anglais. Ces puces, généralement vendues sous le manteau, court-circuitent le système de protection de la machine et autorisent le lancement de jeux import et/ou copiés.
La bataille n'est pas nouvelle : les trois fabricants de consoles font la course à ce genre de matériel depuis plusieurs années déjà. La nouveauté de ce procès, c'est que David Ball a été condamné sur la base d'une loi européenne récente, laquelle déclare criminel le fait de modifier ou de désactiver un système de protection contre la copie.
La loi en question a fait grand bruit il y a quelques mois ; elle est l'émule d'une loi américaine (le DMCA, Digital Millenium Copyright Act) qui, elle aussi, a fait et fait encore grand bruit. En effet, en donnant plus de pouvoir aux possesseurs de copyrights, ces textes empiètent parfois allègrement sur les droits des consommateurs : droit de la copie de sauvegarde ou, tout simplement, droit de faire ce que l'on veut avec un objet que l'on a acheté et dont on est désormais physiquement propriétaire.
En ce qui concerne cette affaire de modchips, on peut difficilement critiquer l'action de Sony : la grande majorité de ces puces sert, effectivement, à lancer des copies de jeux. Mais il y a deux choses à ne pas oublier. Un, le modchip, en soit, est inoffensif : il n'est pas vendu avec des jeux pirates et il ne va pas chercher des copies pour vous. Deux, il existe bel et bien des utilisations tout à fait saines pour ce genre de matériel. Ainsi, il n'y pas de raison qu'un consommateur ayant légalement acheté un jeu d'import ne puisse pas le lancer sur sa console européenne. En ce qui concerne la XBox, de nombreuses équipes de développeurs passionnés ont écrit des programmes rendant la machine dix fois plus utile qu'elle ne l'était auparavant : émulateurs divers, lecteurs vidéo ou MP3, modification de sauvegardes style "Action Replay", etc. Des utilisations "alternatives" qui ne sont probablement étrangères au succès rencontré par la console.
Que Sony, Microsoft et Nintendo cherchent à protéger leur propriété intellectuelle, on le comprend. Espérons juste que cette loi ne donnera pas lieu à dérives. Car si l'on en croit certains des projets en cours concernant la gestion des "droits digitaux", la prochaine étape, pour les possesseurs de copyright, c'est le droit de regard et de contrôle sur votre machine.
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