Afin de réduire les coûts de fabrication, Sony vient d'annoncer que la Playstation 3 européenne ne serait compatible qu'avec un nombre "limité" de titres PS2. Une décision peu populaire mais qui pourrait faciliter une éventuelle baisse de prix dans le futur.
Sony a annoncé hier soir que le modèle de Playstation 3 dont le lancement est prévu le 23 mars prochain en Europe disposerait de "nouvelles spécifications techniques" comparées à celles des modèles déjà vendus au Japon ou aux Etats-Unis. Spécifiquement, "une nouvelle solution mélangeant matériel et logiciel" sera désormais utilisée pour gérer la rétrocompatibilité avec les titres Playstation 1 et 2. Mais les joueurs n'y gagnent pas forcément au change : le constructeur précise dans son communiqué officiel que la technologie ne sera compatible dans un premier temps qu'avec "un nombre limité" de titres PS2, même si les jeux PSOne, eux, devraient être plus largement supportés. Pour référence, on estime à 98% environ le taux de rétrocompatibilité des Playstation 3 actuelles.
Sony ne précise pas quelles modifications exactes ont été apportées au nouveau modèle. L'existence d'une puce rassemblant l'EmotionEngine et le GraphicsSynthesizer de la PS2 au sein de la Playstation 3 avait cependant été prouvée il y a quelques mois par les bidouilleurs du site PC Watch. En toute logique, le constructeur aurait donc décidé d'éliminer cette puce de l'architecture, forçant le recours à une solution essentiellement logicielle, plus complexe à implémenter et fortement dépendante du cas par cas.
A l'instar du système adopté par Microsoft pour la Xbox 360, Sony a l'intention de faire appel à des mises à jour "régulières" via le Playstation Network pour ajouter le support de titres supplémentaires. Une liste officielle de titres rétrocompatibles sera lancée le 23 mars à cette adresse mais pour le moment, le constructeur se refuse à tout pronostic. "Nous sommes actuellement en train d'évaluer l'efficacité de la nouvelle technologie, et nous continuerons jusqu'au jour du lancement, a indiqué David Wilson, responsable relations publiques de Sony Angleterre, au magazine Computer and Video Games. C'est pourquoi il n'est pas possible de fournir dès aujourd'hui un nombre spécifique de titres compatibles."
Wilson revient également sur les raisons qui ont amené le constructeur à modifier l'architecture de sa console. Selon lui, la fonction de rétrocompatibilité ne serait pas cruciale à l'expérience Playstation 3. "La PS3 est définie par des fonctionnalités et des composants clé tels que le processeur Cell, le lecteur Blu-Ray, la manette Sixaxis et la possibilité d'afficher les jeux en full HD 1080p, explique le responsable. Tout cela fait de la machine un système de divertissement paré pour le futur, sans aucun égal. La rétrocompatibilité est importante mais elle ne définit pas l'expérience PS3 autant que les caractéristiques que je viens de mentionner." David Reeves, président de Sony Computer Entertainment Europe, confirme. "La PS3 est un système conçu avant tout pour des jeux exploitant spécifiquement la puissance et le potentiel de la machine, estime-t-il. Plutôt que de se concentrer sur la rétrocompatibilité PS2, les ressources futures de la société vont être de plus en plus dédiées au développement de nouveaux jeux et de fonctionnalités supplémentaires pour la PS3, afin de tirer le meilleur parti de cette nouvelle technologie excitante."
Exit, donc, le support de dix ans de logiciels Playstation comme l'un des points forts de l'offre PS3, un message pourtant mis en avant par Sony depuis l'E3 2005. "La Playstation 3 sera rétrocompatible avec les jeux PS et PS2 dès sa sortie, promettait encore Ken Kutaragi, alors président de Sony Computer Entertainment, en mars 2006. J'attire l'attention sur ce sujet car d'après ce que j'ai pu entendre, certains constructeurs n'ont pas été capables d'atteindre complètement cet objectif. C'est coûteux en terme de matériel mais nous préférons investir dès maintenant dans la rétrocompatibilité plutôt que d'avoir des problèmes plus tard."
Car en 2007, l'heure est désormais aux économies. Il y a presque un mois, la société avait annoncé 440 millions de dollars de pertes pour la division jeux, des pertes qui devraient atteindre le milliard et demi de dollars sur l'année fiscale complète, dont la clôture est prévue pour le 31 mars. Pour rassurer les actionnaires, Sony avait promis de rééquilibrer les comptes d'ici avril 2008. En cela, il n'est sûrement pas un hasard que le modèle 20 Go ait été largué en cours de route (les sites de revendeurs américains tels que EBGames ou Best Buy ne le proposent plus) : selon les estimations, il s'agissait de celui sur lequel Sony perdait le plus d'argent. L'abandon d'une solution de rétrocompatibilité matérielle continue dans la même logique de réduction des coûts : pourquoi payer pour l'inclusion d'une puce supplémentaire, alors que l'intérêt réel de la fonctionnalité qu'elle supporte n'est toujours pas prouvé ?
En somme, la décision de Sony apparaît tout à fait sensée d'un point de vue financier. Il y a même de grandes chances pour qu'elle n'affecte véritablement qu'un petit nombre d'utilisateurs. C'est plutôt côté communication que l'on risque de compter les points négatifs. Alors que "personne n'a encore pleinement compris pourquoi [la PS3] était aussi chère", selon un analyste japonais, le constructeur n'a certainement pas envie que l'on perçoive le nouveau modèle (puisque les Etats-Unis et le Japon devraient vraisemblablement suivre même si, pour le moment, le service presse américain préfère botter le sujet en touche) comme inférieur à l'ancien mais vendu au même prix. Sony, cependant, a un argument imparable. "En temps voulu, cette décision réduira nos coûts de fabrication et, au fil du temps, nous permettra de réduire le prix de la Playstation 3 pour les consommateurs," précise un commentaire officiel reçu par le magazine 1Up. Et effectivement, plusieurs analystes ainsi qu'un responsable Sony ont déjà tous mentionné cette éventualité, peut-être même pour cette année. Mais comme toujours, le constructeur préfère jouer ce genre d'atout à la toute dernière minute : "aucun projet immédiat" de réduction de prix ne serait prévu.
Sony ne précise pas quelles modifications exactes ont été apportées au nouveau modèle. L'existence d'une puce rassemblant l'EmotionEngine et le GraphicsSynthesizer de la PS2 au sein de la Playstation 3 avait cependant été prouvée il y a quelques mois par les bidouilleurs du site PC Watch. En toute logique, le constructeur aurait donc décidé d'éliminer cette puce de l'architecture, forçant le recours à une solution essentiellement logicielle, plus complexe à implémenter et fortement dépendante du cas par cas.
A l'instar du système adopté par Microsoft pour la Xbox 360, Sony a l'intention de faire appel à des mises à jour "régulières" via le Playstation Network pour ajouter le support de titres supplémentaires. Une liste officielle de titres rétrocompatibles sera lancée le 23 mars à cette adresse mais pour le moment, le constructeur se refuse à tout pronostic. "Nous sommes actuellement en train d'évaluer l'efficacité de la nouvelle technologie, et nous continuerons jusqu'au jour du lancement, a indiqué David Wilson, responsable relations publiques de Sony Angleterre, au magazine Computer and Video Games. C'est pourquoi il n'est pas possible de fournir dès aujourd'hui un nombre spécifique de titres compatibles."
Wilson revient également sur les raisons qui ont amené le constructeur à modifier l'architecture de sa console. Selon lui, la fonction de rétrocompatibilité ne serait pas cruciale à l'expérience Playstation 3. "La PS3 est définie par des fonctionnalités et des composants clé tels que le processeur Cell, le lecteur Blu-Ray, la manette Sixaxis et la possibilité d'afficher les jeux en full HD 1080p, explique le responsable. Tout cela fait de la machine un système de divertissement paré pour le futur, sans aucun égal. La rétrocompatibilité est importante mais elle ne définit pas l'expérience PS3 autant que les caractéristiques que je viens de mentionner." David Reeves, président de Sony Computer Entertainment Europe, confirme. "La PS3 est un système conçu avant tout pour des jeux exploitant spécifiquement la puissance et le potentiel de la machine, estime-t-il. Plutôt que de se concentrer sur la rétrocompatibilité PS2, les ressources futures de la société vont être de plus en plus dédiées au développement de nouveaux jeux et de fonctionnalités supplémentaires pour la PS3, afin de tirer le meilleur parti de cette nouvelle technologie excitante."
Exit, donc, le support de dix ans de logiciels Playstation comme l'un des points forts de l'offre PS3, un message pourtant mis en avant par Sony depuis l'E3 2005. "La Playstation 3 sera rétrocompatible avec les jeux PS et PS2 dès sa sortie, promettait encore Ken Kutaragi, alors président de Sony Computer Entertainment, en mars 2006. J'attire l'attention sur ce sujet car d'après ce que j'ai pu entendre, certains constructeurs n'ont pas été capables d'atteindre complètement cet objectif. C'est coûteux en terme de matériel mais nous préférons investir dès maintenant dans la rétrocompatibilité plutôt que d'avoir des problèmes plus tard."
Car en 2007, l'heure est désormais aux économies. Il y a presque un mois, la société avait annoncé 440 millions de dollars de pertes pour la division jeux, des pertes qui devraient atteindre le milliard et demi de dollars sur l'année fiscale complète, dont la clôture est prévue pour le 31 mars. Pour rassurer les actionnaires, Sony avait promis de rééquilibrer les comptes d'ici avril 2008. En cela, il n'est sûrement pas un hasard que le modèle 20 Go ait été largué en cours de route (les sites de revendeurs américains tels que EBGames ou Best Buy ne le proposent plus) : selon les estimations, il s'agissait de celui sur lequel Sony perdait le plus d'argent. L'abandon d'une solution de rétrocompatibilité matérielle continue dans la même logique de réduction des coûts : pourquoi payer pour l'inclusion d'une puce supplémentaire, alors que l'intérêt réel de la fonctionnalité qu'elle supporte n'est toujours pas prouvé ?
En somme, la décision de Sony apparaît tout à fait sensée d'un point de vue financier. Il y a même de grandes chances pour qu'elle n'affecte véritablement qu'un petit nombre d'utilisateurs. C'est plutôt côté communication que l'on risque de compter les points négatifs. Alors que "personne n'a encore pleinement compris pourquoi [la PS3] était aussi chère", selon un analyste japonais, le constructeur n'a certainement pas envie que l'on perçoive le nouveau modèle (puisque les Etats-Unis et le Japon devraient vraisemblablement suivre même si, pour le moment, le service presse américain préfère botter le sujet en touche) comme inférieur à l'ancien mais vendu au même prix. Sony, cependant, a un argument imparable. "En temps voulu, cette décision réduira nos coûts de fabrication et, au fil du temps, nous permettra de réduire le prix de la Playstation 3 pour les consommateurs," précise un commentaire officiel reçu par le magazine 1Up. Et effectivement, plusieurs analystes ainsi qu'un responsable Sony ont déjà tous mentionné cette éventualité, peut-être même pour cette année. Mais comme toujours, le constructeur préfère jouer ce genre d'atout à la toute dernière minute : "aucun projet immédiat" de réduction de prix ne serait prévu.
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