Une plainte déposée par Silicon Knights accuse Epic Games d'être un "saboteur", laxiste sur le support apporté aux développeurs sous licence. L'absence de concurrence sérieuse y est peut-être pour quelque chose – mais id Software prépare la contre-attaque.
La plainte, révélée jeudi dernier via un message de Mark Rein, le PDG d'Epic Games, reproche au développeur d'avoir utilisé les revenus des ventes de licence afin de concentrer ses efforts sur le développement de son propre titre, Gears of War, tout en "sabotant" le travail des utilisateurs tiers de l'Unreal Engine 3. Dans une copie de la plainte qu'a pu se procurer le magazine Gamasutra, Dennis Dyack, président de Silicon Knights, actuellement au travail sur Too Human pour Xbox 360, attire en particulier l'attention sur le lancement très retardé de la version finale du moteur, en novembre 2006 alors qu'il aurait du être disponible, selon Dyack, en mars 2006. Egalement pointées du doigt, les tentatives supposées d'Epic pour "se soustraire à ses obligations" de support technique aux détenteurs de licence. "Nous avons eu des problèmes considérables avec l'Unreal Engine 3, problèmes qu'Epic a été incapable ou non désireux de résoudre," explique le responsable chez Gamasutra. Silicon Knights affirme que d'autres développeurs seraient affectés par cette affaire et réclame entre autres l'annulation de son contrat avec Epic, la possibilité de disposer comme bon leur semble du code actuel, et des dommages et intérêts. Mark Rein, de son côté, estime ces allégations "sans mérite et sans fondement" et entend "vigoureusement se défendre."
L'affaire est intéressante parce qu'elle met en scène deux des acteurs les plus vocaux de l'industrie du jeu vidéo dans des rôles proches de ceux de David et Goliath. D'un côté, Silicon Knights et Dennis Dyack, qui n'en finissent plus d'attiser les doutes autour de leur projet ambitieux Too Human, premier volet d'une trilogie annoncée. Il y a quelques jours, on s'interrogeait ainsi sur son absence complète lors du dernier E3 quand, dans le même temps, Peter Moore promettait que le jeu serait présenté en 2008, suggérant que celui-ci ne sortirait encore pas cette année. Dyack expliquait que le titre se dévoilerait lors d'un évènement futur "plus approprié," et que l'équipe était actuellement trop occupée à "finaliser le titre." On se souvient par ailleurs que le responsable avait gardé un souvenir amer de l'E3 2006, où une version peu avancée de Too Human avait été mal accueillie par la presse. Dyack profite d'ailleurs de cette plainte pour accuser l'Unreal Engine d'être à l'origine de ses déboires passés. La non-livraison du kit final en temps et en heure aurait forcé Silicon Knights à présenter une version de démonstration exhibant "des problèmes techniques et un manque général de finition" tandis que Gears of War "recevait lui les commentaires élogieux de la presse."
De l'autre côté du spectre, Epic Games, a qui tout semble réussir. Ces dernières années, la société a multiplié les ventes de licences à des éditeurs aussi importants qu'Ubi Soft (Rainbow Six Vegas et le futur Endwar), Capcom, Electronic Arts (Medal of Honor : Airborne) et même le japonais Square Enix (The Last Remnant). Par ailleurs, embrayant sur le succès phénomène de Gears of War sur Xbox 360, Epic mange désormais à la fois à la table de Microsoft et à celle de Sony sans retenue aucune. Au premier, le développeur a promis une version de Gears of War PC, ainsi que l'intégration en standard des fonctionnalités Games for Windows Live dans le kit de développement Unreal Engine. Au second, Epic a livré une exclusivité temporaire PS3 sur le futur Unreal Tournament III, ainsi que la promesse – en collaboration avec Midway – d'optimisations spécifiques tirant meilleur partie de l'architecture particulière du Cell.
Il semblerait malgré tout que l'Unreal Engine, malgré sa popularité apparente, ne fasse pas tout à fait l'unanimité. A la lumière de cette plainte, quelques langues se sont déliées. "J'ai eu la chance de discuter avec beaucoup de créateurs à propos de leurs outils durant la GDC, et l'enthousiasme des développeurs pour la solution Epic est loin d'être universel, révèle Mike Krahulik, co-fondateur du comic Penny Arcade. Même les gens qui l'utilisent pour des types de jeux à priori parfaitement adaptés offraient des mises en garde." Le magazine Game Informer, lui, affirme avoir entendu "d'un certain nombre de développeurs" que le portage de titres basés sur l'Unreal Engine posait problème "parce que la technologie Epic n'était pas au point et que les mises à jour se faisaient attendre," un résumé de la situation que Phil Harrison, responsable des studios interne Sony Computer, a qualifié de "juste." Le responsable avoue d'ailleurs que le constructeur "n'a pas assez offert son support à Epic" et confirme leur avoir "parachuté des forces spéciales de super ingénieurs pour les aider" à optimiser leur moteur pour les multiples processeurs du Cell.
Les choses sont-elles allées trop vite pour Epic, une "société de taille modeste" ne disposant pas "de ressources illimitées," selon Harrison ? Ou bien le développeur s'est-il un peu reposé sur ses lauriers en absence de compétition ? Car le Doom 3 Engine, le dernier moteur 3D d'id Software, ex-champions du genre, a finalement très peu fait parler de lui. Mais les choses pourraient changer. A l'E3 dernier, le studio présentait la toute dernière version de sa nouvelle technologie, nom de code Tech 5, dévoilée pour la première fois à la mi-juin lors de la Worldwide Developer Conference 2007 Apple. Gestion de très grands environnements, système permettant l'utilisation de textures gigantesques… La haute-fidélité visuelle semble au rendez-vous mais d'après Steve Nix, directeur des ventes chez id, ce n'est pas ce qui séduit en premier les développeurs. "Les outils et le support multiplateforme ont vraiment été un succès, explique-t-il chez Gamespot. Voir la même technologie tourner aussi bien et de manière très fluide sur Mac, PC, 360 et PS3 – les gens ne s'y attendaient pas. […] C'est vraiment une solution simple, complète, et multiplateforme. C'est ce que les développeurs nous disent trouver extrêmement attractif [chez nous]." Epic et l'Unreal Engine ont cependant encore quelques beaux mois devant eux ; les premiers titres basés sur le Tech 5 d'id ne devraient pas voir la couleur des rayons avant deux ou trois ans.
L'affaire est intéressante parce qu'elle met en scène deux des acteurs les plus vocaux de l'industrie du jeu vidéo dans des rôles proches de ceux de David et Goliath. D'un côté, Silicon Knights et Dennis Dyack, qui n'en finissent plus d'attiser les doutes autour de leur projet ambitieux Too Human, premier volet d'une trilogie annoncée. Il y a quelques jours, on s'interrogeait ainsi sur son absence complète lors du dernier E3 quand, dans le même temps, Peter Moore promettait que le jeu serait présenté en 2008, suggérant que celui-ci ne sortirait encore pas cette année. Dyack expliquait que le titre se dévoilerait lors d'un évènement futur "plus approprié," et que l'équipe était actuellement trop occupée à "finaliser le titre." On se souvient par ailleurs que le responsable avait gardé un souvenir amer de l'E3 2006, où une version peu avancée de Too Human avait été mal accueillie par la presse. Dyack profite d'ailleurs de cette plainte pour accuser l'Unreal Engine d'être à l'origine de ses déboires passés. La non-livraison du kit final en temps et en heure aurait forcé Silicon Knights à présenter une version de démonstration exhibant "des problèmes techniques et un manque général de finition" tandis que Gears of War "recevait lui les commentaires élogieux de la presse."
De l'autre côté du spectre, Epic Games, a qui tout semble réussir. Ces dernières années, la société a multiplié les ventes de licences à des éditeurs aussi importants qu'Ubi Soft (Rainbow Six Vegas et le futur Endwar), Capcom, Electronic Arts (Medal of Honor : Airborne) et même le japonais Square Enix (The Last Remnant). Par ailleurs, embrayant sur le succès phénomène de Gears of War sur Xbox 360, Epic mange désormais à la fois à la table de Microsoft et à celle de Sony sans retenue aucune. Au premier, le développeur a promis une version de Gears of War PC, ainsi que l'intégration en standard des fonctionnalités Games for Windows Live dans le kit de développement Unreal Engine. Au second, Epic a livré une exclusivité temporaire PS3 sur le futur Unreal Tournament III, ainsi que la promesse – en collaboration avec Midway – d'optimisations spécifiques tirant meilleur partie de l'architecture particulière du Cell.
Il semblerait malgré tout que l'Unreal Engine, malgré sa popularité apparente, ne fasse pas tout à fait l'unanimité. A la lumière de cette plainte, quelques langues se sont déliées. "J'ai eu la chance de discuter avec beaucoup de créateurs à propos de leurs outils durant la GDC, et l'enthousiasme des développeurs pour la solution Epic est loin d'être universel, révèle Mike Krahulik, co-fondateur du comic Penny Arcade. Même les gens qui l'utilisent pour des types de jeux à priori parfaitement adaptés offraient des mises en garde." Le magazine Game Informer, lui, affirme avoir entendu "d'un certain nombre de développeurs" que le portage de titres basés sur l'Unreal Engine posait problème "parce que la technologie Epic n'était pas au point et que les mises à jour se faisaient attendre," un résumé de la situation que Phil Harrison, responsable des studios interne Sony Computer, a qualifié de "juste." Le responsable avoue d'ailleurs que le constructeur "n'a pas assez offert son support à Epic" et confirme leur avoir "parachuté des forces spéciales de super ingénieurs pour les aider" à optimiser leur moteur pour les multiples processeurs du Cell.
Les choses sont-elles allées trop vite pour Epic, une "société de taille modeste" ne disposant pas "de ressources illimitées," selon Harrison ? Ou bien le développeur s'est-il un peu reposé sur ses lauriers en absence de compétition ? Car le Doom 3 Engine, le dernier moteur 3D d'id Software, ex-champions du genre, a finalement très peu fait parler de lui. Mais les choses pourraient changer. A l'E3 dernier, le studio présentait la toute dernière version de sa nouvelle technologie, nom de code Tech 5, dévoilée pour la première fois à la mi-juin lors de la Worldwide Developer Conference 2007 Apple. Gestion de très grands environnements, système permettant l'utilisation de textures gigantesques… La haute-fidélité visuelle semble au rendez-vous mais d'après Steve Nix, directeur des ventes chez id, ce n'est pas ce qui séduit en premier les développeurs. "Les outils et le support multiplateforme ont vraiment été un succès, explique-t-il chez Gamespot. Voir la même technologie tourner aussi bien et de manière très fluide sur Mac, PC, 360 et PS3 – les gens ne s'y attendaient pas. […] C'est vraiment une solution simple, complète, et multiplateforme. C'est ce que les développeurs nous disent trouver extrêmement attractif [chez nous]." Epic et l'Unreal Engine ont cependant encore quelques beaux mois devant eux ; les premiers titres basés sur le Tech 5 d'id ne devraient pas voir la couleur des rayons avant deux ou trois ans.
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