Depuis 1998, le studio japonais Arika teste l'ultime limite des capacités humaines en créant des versions hyperrapides du classique russe. Une quête invraisemblable d'absolu qui a récemment atteint de nouveaux extrêmes dans une vidéo hallucinante.
On connaît Tetris. Tout le monde connaît Tetris. Ce que l'on ne sait pas toujours, en revanche, est que la série a poursuivi une évolution fascinante loin des yeux du grand public et de la grande majorité des joueurs. En parallèle de la multitude de dérivés construisant sur les mécanismes de base inventés par le russe Alexey Pajitnov (Super Puzzle Fighter II Turbo HD Remix, par exemple, sorti récemment sur Live Arcade et Playstation Network), le studio japonais Arika a préféré lui rester fidèle à la pureté du design original tout en poussant la difficulté et la compétitivité du titre vers des extrêmes quasi-inatteignables. C'est ainsi que la série Tetris Grand Master fait le bonheur-culte d'un groupe de fans depuis 1998, entre autres grâce à son mode "20G" dans lequel les pièces tombent instantanément en bas de l'écran.
Evidemment, à un tel niveau, tout change, comme l'explique remarquablement Hoang Pham, également connu sous le pseudonyme de PetitPrince, dans un article dédié aux subtilités d'un gameplay dopé à la caféine mêlée de speed. Il y est question d'IRS (possibilité de faire tourner les pièces avant qu'elles ne tombent), de lock delay (une demi-seconde permettant de faire "glisser" un bloc avant qu'il ne soit définitivement verrouillé) ou de wallkicking (gestion des rotations à proximité des murs), autant de techniques au noms ésotériques qui devront bien entendu être maîtrisées pour entretenir l'espoir de tenir ne serait-ce que quelques instants. L'aspect visuel et sonore revêt par ailleurs une importance capitale. Les pièces déjà placées sont légèrement grisées et encadrées d'une fine ligne blanche, et un son particulier est joué avant l'arrivée de chaque bloc : tout pour faciliter des prises de décisions qui se jouent sur une fraction de seconde. Cette précision presque maniaque des règles rappelle, justement, celle des manic shooters, un autre genre hyper-pointu entièrement dévoué à la notion de challenge. Ce n'est d'ailleurs probablement pas un hasard si Arika, entre autres projets, a réalisé la conversion Playstation 2 d'Espgaluda, un titre des spécialistes du shoot'em up Cave. Ce dernier est réputé être "si incroyablement difficile que quatre ans après sa sortie, les joueurs expérimentés n'arrivaient toujours pas à dépasser le troisième niveau."
Depuis 1998, plusieurs versions de Tetris Grand Master ont vu le jour (dont une sur Xbox 360), mais rarement hors du Japon. Beaucoup, cependant, ont vu au moins une fois l'une de ces vidéos hallucinantes dans lesquelles un joueur mutant est mitraillé de pièces. La dernière en date va encore plus loin ; au terme d'une accélération spectaculaire du rythme, les blocs deviennent tout bonnement invisibles, nouvelle étape invraisemblable d'une quête de l'ultime limite des capacités humaines. Ce qui explique peut-être la popularité de ces démonstrations : sous l'exercice de skill pure, il y aurait là un regard privilégié sur des niveaux de perception et de traitement de l'information inconnus jusque là, une initiation quasi-mystique (Tetris "grand maître"…) se terminant lorsque le virtuel pénètre véritablement l'inconscient du joueur, rendant superflus des repères visuels désormais devenus primitifs.
Evidemment, à un tel niveau, tout change, comme l'explique remarquablement Hoang Pham, également connu sous le pseudonyme de PetitPrince, dans un article dédié aux subtilités d'un gameplay dopé à la caféine mêlée de speed. Il y est question d'IRS (possibilité de faire tourner les pièces avant qu'elles ne tombent), de lock delay (une demi-seconde permettant de faire "glisser" un bloc avant qu'il ne soit définitivement verrouillé) ou de wallkicking (gestion des rotations à proximité des murs), autant de techniques au noms ésotériques qui devront bien entendu être maîtrisées pour entretenir l'espoir de tenir ne serait-ce que quelques instants. L'aspect visuel et sonore revêt par ailleurs une importance capitale. Les pièces déjà placées sont légèrement grisées et encadrées d'une fine ligne blanche, et un son particulier est joué avant l'arrivée de chaque bloc : tout pour faciliter des prises de décisions qui se jouent sur une fraction de seconde. Cette précision presque maniaque des règles rappelle, justement, celle des manic shooters, un autre genre hyper-pointu entièrement dévoué à la notion de challenge. Ce n'est d'ailleurs probablement pas un hasard si Arika, entre autres projets, a réalisé la conversion Playstation 2 d'Espgaluda, un titre des spécialistes du shoot'em up Cave. Ce dernier est réputé être "si incroyablement difficile que quatre ans après sa sortie, les joueurs expérimentés n'arrivaient toujours pas à dépasser le troisième niveau."
Depuis 1998, plusieurs versions de Tetris Grand Master ont vu le jour (dont une sur Xbox 360), mais rarement hors du Japon. Beaucoup, cependant, ont vu au moins une fois l'une de ces vidéos hallucinantes dans lesquelles un joueur mutant est mitraillé de pièces. La dernière en date va encore plus loin ; au terme d'une accélération spectaculaire du rythme, les blocs deviennent tout bonnement invisibles, nouvelle étape invraisemblable d'une quête de l'ultime limite des capacités humaines. Ce qui explique peut-être la popularité de ces démonstrations : sous l'exercice de skill pure, il y aurait là un regard privilégié sur des niveaux de perception et de traitement de l'information inconnus jusque là, une initiation quasi-mystique (Tetris "grand maître"…) se terminant lorsque le virtuel pénètre véritablement l'inconscient du joueur, rendant superflus des repères visuels désormais devenus primitifs.
|
01.07.2009
30.06.2009
29.06.2009
25.06.2009
24.06.2009
23.06.2009
22.06.2009
19.06.2009
19.06.2009
16.06.2009
|













Lire ou participer