Reparti bredouille au dernier IGF – mais loin d'être déméritant –, le créateur du très malin Chalk est revenu à ses premiers amours : le jeu d'action 2D à la Metal Slug ou Gunstar Heroes, sprites somptueux et action à cent à l'heure. A essayer en version démo.
Tout le monde ne peut pas repartir avec une récompense, c'est malheureusement l'une des lois de la compétition. Si des titres tels que Crayon Physics, Audiosurf ou World of Goo ont tous eu la reconnaissance des juges lors du dernier Independent Games Festival, Noitu Love 2, finaliste nominé pour le Grand Prix Seumas McNally, n'a lui rien obtenu du tout. Joakim Sandberg, l'unique créateur du titre, ne manque cependant pas d'expérience – et de talent. C'est lui qui a développé (seul, là encore) Chalk, une variation originale sur le shoot'em up horizontal où la majorité des actions de base (éliminer ses adversaires, dresser un bouclier…) se font grâce aux coups de crayon virtuel du joueur. Lorsqu'est venu le moment d'envoyer l'un de ses jeux à l'IGF, Sandberg, pourtant, a laissé parler son côté rétro. "[Mon ami] m'a suggéré d'inscrire Chalk mais je préférais Noitu parce que c'est un projet qui me tient plus à cœur, expliquait-il il y a peu au site GameDev.net. Les droits d'entrée ne me posaient pas vraiment problème, donc j'ai décidé de participer même si je savais que ce jeu était peut-être un peu différent de ce que plébiscitent généralement les juges du festival."

Car si beaucoup de nominés basent généralement leur gameplay sur des mécaniques inédites ou des innovations conceptuelles, Noitu Love 2 revendique avec fierté l'héritage du classique jeu d'action 2D, de Contra à Metal Slug en passant par Gunstar Heroes ou MegaMan. Le titre est lui-même la suite de Noitu Love, également développé par Sandberg, mais les améliorations du second volet relèguent l'original – pourtant apprécié des amateurs – au rang de gentil brouillon (le créateur lui-même avoue désormais "personnellement détester" ce premier effort). Au menu : sprites somptueux, boss gigantesques et action à cent à l'heure, résultat entre autres d'un mode de contrôle partiel à la souris. D'un clic, l'héroïne bondit en effet automatiquement vers l'adversaire sélectionné via le curseur, une trouvaille discrète conférant aux combats un dynamisme étonnant. N'en déplaise aux puristes, Noitu Love 2 se veut également plus accessible et indulgent que la plupart des titres du genre (en particulier la série des Metal Slug), même si l'auteur promet "qu'il y aura du challenge," via par exemple la présence de niveaux de difficultés plus pointus que la moyenne.

Mais le mieux est encore d'essayer soi-même. Disponible depuis vendredi dernier, la démo (proposant l'intégralité du premier niveau ainsi qu'un boss du second) permet ainsi de se faire une idée d'un titre qui, une première pour Sandberg, sera distribué numériquement et vendu – mais à un prix "raisonnable" promet-il. La version finale, elle, n'a aucune date de sortie précise – un grand classique pour des game designers semi-amateurs devant bien souvent jongler avec d'autres obligations. "Je n'ai pas de planning, je marche surtout à la motivation et à l'envie, confie-t-il à GameDev.net. [Mais] je travaille dessus autant que possible et parfois même quand ça ne me dit pas trop parce que je sais que la sensation est géniale quand on arrive à terminer un jeu, ce qui m'arrive rarement."