Véritable successeur du phénoménal Guitar Hero II, le dernier titre d'Harmonix marque le début d'une nouvelle génération de jeu musical rock mettant l'accent sur l'expérience de groupe ainsi que sur une certaine liberté d'improvisation/de création laissée au joueur.
A l'annonce de la séparation de la paire Harmonix/Red Octane – et de leurs rachats respectifs par MTV et Activision –, certains s'étaient alors demandé lequel des deux studios avait été "l'âme" véritable de la série Guitar Hero. La sortie du troisième volet chez Activision à Noël dernier avait confirmé les suspicions : initiant un net virage hardcore et accouchant de modes compétitifs absurdes, les nouveaux partenaires Neversoft/Red Octane tâtonnaient visiblement, peinant à accoucher d'évolutions significatives voire même à reproduire l'expérience exaltante des précédentes versions.
Lancer Rock Band, du coup, c'est d'abord un peu comme retrouver un vieil ami, drôle, plein d'esprit (voir les descriptions en V.O. des objets de la boutique) et, surtout, amateur éclairé de musique. Ce n'est probablement pas un hasard si, dans les crédits du jeu, tous les membres de l'équipe Harmonix s'affichent avec un instrument, revendiquant fièrement leur connaissance de la culture rock (plusieurs d'entre eux officient d'ailleurs dans un groupe). Ce n'est probablement pas un hasard non plus si la playlist exhibe un tel souci de qualité et de variété, alternant morceaux épiques (Molly Hatchet, Boston, The Outlaws, Deep Purple…), classiques reconnus (Ramones, Rolling Stones, Bowie, The Who…), fleurons de l'indé anglophone (Pixies, Weezer, Radiohead, Nirvana, Smashing Pumpkins…) et même nouvelle garde (New Pornographers, The Strokes, The Hives, Queens of the Stone Age…). Rock Band, c'est également le retour des solos de guitare virtuoses et des partitions mutines offrant un compromis impeccable entre plaisir de jeu et difficulté.
Des nouveaux instruments, c'est la batterie qui se révèle le plus intéressant – et aussi le plus difficile à apprécier du fait de sa proximité au dispositif réel et, donc, du travail nécessaire pour l'apprivoiser. En modes facile et moyen, le gameplay tourne ainsi très souvent autour de la répétition un peu barbante des mêmes rythmiques ; ce n'est qu'en mode difficile que les partitions commencent réellement à gagner en variété, mais la nécessité de gérer indépendamment les deux bras et le pied s'impose alors très rapidement comme un obstacle redoutable à la progression. Afin de s'entraîner et de gravir (péniblement) les échelons, le jeu offre un mode solo au format liste très similaire à celui de Guitar Hero. Le vrai plat de résistance, cependant, sera le mode Tournée pouvant accueillir jusqu'à quatre joueurs simultanément dans le même salon (guitare, basse, batterie et chant), expérience évidemment mémorable emmenant le concept Guitar Hero du côté du pur party game coopératif.
La tendance la plus intrigante introduite par Rock Band est cependant la présence de petits éléments offrant un peu plus de liberté au joueur, jusque-là soumis à la rigidité d'une formule de gameplay imposant le respect des partitions à la note près et pénalisant impitoyablement le moindre écart. Durant le mode chant ou batterie, le titre propose ainsi régulièrement de courtes plages impro durant lesquelles il est possible de laisser libre cours à sa créativité sans peur de ruiner son multiplicateur. Plus spectaculaire est le grand final, moment où chacun (y compris les guitaristes) se lâche véritablement sur son instrument afin de faire grimper une jauge bonus, laquelle peut parfois faire la différence lorsqu'il s'agit d'obtenir la convoitée cinquième étoile. A ce sujet, tout porte à croire qu'accommoder les (petites ou grandes) envies créatrices sera l'un des enjeux de la prochaine génération de jeux rock : déjà, Konami promet, avec son futur Rock Revolution, de ne pas appliquer de pénalités lorsque les joueurs improvisent des notes supplémentaires au sein de la partition. Guitar Hero : World Tour (ex-Guitar Hero 4) devrait quant à lui lui intégrer un vrai mode création permettant de composer ses propres morceaux.
Il y aura bien sûr un équilibre ludique à trouver entre respect draconien des règles de jeu vidéo et désir légitime de sortir des rails de temps à autre. Quoi qu'il en soit, Harmonix donne d'ores et déjà le ton et se pose en cela en vrai défricheur. En prolongeant les expériences de groupe lancées avec l'arrivée de la guitare basse en 2006 et en introduisant un certain nombre d'innovations décisives, le studio fait de Rock Band le véritable successeur de Guitar Hero II, à la fois come-back triomphal d'une certaine qualité de jeu, évolution logique du concept et nouvelle génération excitante du jeu musical rock, ravivant du coup la flamme qui semblait dormir depuis plusieurs mois déjà. On ne les en remerciera jamais assez.
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Lancer Rock Band, du coup, c'est d'abord un peu comme retrouver un vieil ami, drôle, plein d'esprit (voir les descriptions en V.O. des objets de la boutique) et, surtout, amateur éclairé de musique. Ce n'est probablement pas un hasard si, dans les crédits du jeu, tous les membres de l'équipe Harmonix s'affichent avec un instrument, revendiquant fièrement leur connaissance de la culture rock (plusieurs d'entre eux officient d'ailleurs dans un groupe). Ce n'est probablement pas un hasard non plus si la playlist exhibe un tel souci de qualité et de variété, alternant morceaux épiques (Molly Hatchet, Boston, The Outlaws, Deep Purple…), classiques reconnus (Ramones, Rolling Stones, Bowie, The Who…), fleurons de l'indé anglophone (Pixies, Weezer, Radiohead, Nirvana, Smashing Pumpkins…) et même nouvelle garde (New Pornographers, The Strokes, The Hives, Queens of the Stone Age…). Rock Band, c'est également le retour des solos de guitare virtuoses et des partitions mutines offrant un compromis impeccable entre plaisir de jeu et difficulté.
Des nouveaux instruments, c'est la batterie qui se révèle le plus intéressant – et aussi le plus difficile à apprécier du fait de sa proximité au dispositif réel et, donc, du travail nécessaire pour l'apprivoiser. En modes facile et moyen, le gameplay tourne ainsi très souvent autour de la répétition un peu barbante des mêmes rythmiques ; ce n'est qu'en mode difficile que les partitions commencent réellement à gagner en variété, mais la nécessité de gérer indépendamment les deux bras et le pied s'impose alors très rapidement comme un obstacle redoutable à la progression. Afin de s'entraîner et de gravir (péniblement) les échelons, le jeu offre un mode solo au format liste très similaire à celui de Guitar Hero. Le vrai plat de résistance, cependant, sera le mode Tournée pouvant accueillir jusqu'à quatre joueurs simultanément dans le même salon (guitare, basse, batterie et chant), expérience évidemment mémorable emmenant le concept Guitar Hero du côté du pur party game coopératif.
La tendance la plus intrigante introduite par Rock Band est cependant la présence de petits éléments offrant un peu plus de liberté au joueur, jusque-là soumis à la rigidité d'une formule de gameplay imposant le respect des partitions à la note près et pénalisant impitoyablement le moindre écart. Durant le mode chant ou batterie, le titre propose ainsi régulièrement de courtes plages impro durant lesquelles il est possible de laisser libre cours à sa créativité sans peur de ruiner son multiplicateur. Plus spectaculaire est le grand final, moment où chacun (y compris les guitaristes) se lâche véritablement sur son instrument afin de faire grimper une jauge bonus, laquelle peut parfois faire la différence lorsqu'il s'agit d'obtenir la convoitée cinquième étoile. A ce sujet, tout porte à croire qu'accommoder les (petites ou grandes) envies créatrices sera l'un des enjeux de la prochaine génération de jeux rock : déjà, Konami promet, avec son futur Rock Revolution, de ne pas appliquer de pénalités lorsque les joueurs improvisent des notes supplémentaires au sein de la partition. Guitar Hero : World Tour (ex-Guitar Hero 4) devrait quant à lui lui intégrer un vrai mode création permettant de composer ses propres morceaux.
Il y aura bien sûr un équilibre ludique à trouver entre respect draconien des règles de jeu vidéo et désir légitime de sortir des rails de temps à autre. Quoi qu'il en soit, Harmonix donne d'ores et déjà le ton et se pose en cela en vrai défricheur. En prolongeant les expériences de groupe lancées avec l'arrivée de la guitare basse en 2006 et en introduisant un certain nombre d'innovations décisives, le studio fait de Rock Band le véritable successeur de Guitar Hero II, à la fois come-back triomphal d'une certaine qualité de jeu, évolution logique du concept et nouvelle génération excitante du jeu musical rock, ravivant du coup la flamme qui semblait dormir depuis plusieurs mois déjà. On ne les en remerciera jamais assez.
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