Ecrite par deux studios d'envergure modeste, une liste de dix "droits" du consommateur jeu vidéo peine à convaincre le reste de l'industrie, malgré le support enthousiaste des joueurs. Qui ont, finalement, toujours disposé du pouvoir de faire bouger les choses.
Ecrite conjointement par l'éditeur Stardock (Galactic Civilizations II, Political Machine) et le développeur Gas Powered Games (Dungeon Siege, Supreme Commander), la liste de dix points, publiée jeudi dernier, se propose entre autres d'offrir aux possesseurs de PC la promesse de jeux "finis", tournant normalement même avec la configuration minimum indiquée, et exempts de mécanismes anti-copie restrictifs et/ou instables. "En tant qu'industrie, nous devons commencer à réfléchir à la création de standards simples et de bon sens dans le but de récompenser les joueurs pour l'achat de nos titres, déclarait Brad Wardell, PDG de Stardock. Le marché console a déjà quelque chose comme ça puisque tout doit être approuvé par Microsoft, Nintendo ou Sony. Mais sur PC, les éditeurs peuvent sortir des jeux à peine finis, à peine supportés, et bourrés de mécanismes anti-copie intrusifs sans que personne ne s'en émeuve". La société, qui soupçonne une grande quantité de joueurs de ne plus acheter de titres PC vu les "risques", espère que l'initiative leur redonnera "confiance". Elle espère également que d'autres éditeurs adhèreront à cette charte.
Ce n'est pourtant pas la première tentative faite de standardiser le monde du jeu vidéo PC : Microsoft, avec le programme Games for Windows, avait posé les premières pierres, suivi plus récemment par la PC Gaming Alliance. La grosse spécificité de Stardock et Gas Powered Games est de se ranger farouchement du côté du consommateur, notamment sur les questions très délicates du piratage et de la protection de la propriété intellectuelle. On ne s'étonne donc pas du franc succès rencontré par la proposition chez les joueurs. Côté développeur et éditeur, en revanche, les réactions sont – sans surprise – plus timides. De "nombreux studios de première importance" contactés par le magazine Edge Online hier préfèrent garder leurs distances avec cette initiative, quand ils ne confient tout simplement pas ne jamais en avoir entendu parler. Brad Wardell, cependant, revendique avoir attiré l'attention de quelques pointures, telles que Microsoft ou Take Two, même s'il suggère qu'une réécriture de la fameuse liste sera nécessaire. "Certains sont méfiants parce que quelques 'droits' ont été formulés de manière trop vague (Comment définir si un jeu est fini ou pas ? Qu'est-ce que ça signifie de 'considérer ses clients comme des pirates' ?), indique-t-il. Ils s'imaginent pouvoir éventuellement participer si nous produisons une seconde version, plus spécifique de la liste".
Avant tout, le vrai débat soulevé par la publication de cette liste semble tout simplement concerner la faisabilité de l'initiative, alors que la tendance, par exemple, est au durcissement des mécanismes anti-copie, et non pas à l'inverse (on se souvient par exemple du tollé provoqué par les limitations – finalement adoucies, mais toujours présentes – des versions PC de Bioshock, Mass Effect ou du récent Spore). Certains, y compris chez CNet ou Wired, voient ainsi dans cette proposition un effort louable mais, ultimement, peu compatible avec les réalités actuelles du marché, à deux doigts de basculer dans le coup de pub démago. Pour Stardock, lucide sur la modestie de ses moyens, la démarche viserait cependant également à mobiliser les consommateurs. "Clairement, certains éditeurs diront 'mais qui est ce Stardock ?', concède Brad Wardell chez Gamasutra. Mais la manière dont les joueurs vont réagir [à cette liste] peut cependant faire bouger les choses. Si nous pouvons faire en sorte qu'ils n'acceptent plus les titres qui fonctionnent à peine en attendant un hypothétique patch, ou les titres qui contactent des serveurs tous les six jours pour vérifier que je ne suis pas un pirate, alors on commence à attaquer le portefeuille des éditeurs – et ils prendront alors cette initiative plus au sérieux". Un pouvoir dont les joueurs ont disposé depuis toujours, remarque un lecteur du site Gamasutra. "Ils ont le droit de jouer à autre chose si la protection anti-copie ne leur convient pas ou si l'éditeur a complètement foutu en l'air l'expérience générale".
[Image de une via Edge Online]
Ce n'est pourtant pas la première tentative faite de standardiser le monde du jeu vidéo PC : Microsoft, avec le programme Games for Windows, avait posé les premières pierres, suivi plus récemment par la PC Gaming Alliance. La grosse spécificité de Stardock et Gas Powered Games est de se ranger farouchement du côté du consommateur, notamment sur les questions très délicates du piratage et de la protection de la propriété intellectuelle. On ne s'étonne donc pas du franc succès rencontré par la proposition chez les joueurs. Côté développeur et éditeur, en revanche, les réactions sont – sans surprise – plus timides. De "nombreux studios de première importance" contactés par le magazine Edge Online hier préfèrent garder leurs distances avec cette initiative, quand ils ne confient tout simplement pas ne jamais en avoir entendu parler. Brad Wardell, cependant, revendique avoir attiré l'attention de quelques pointures, telles que Microsoft ou Take Two, même s'il suggère qu'une réécriture de la fameuse liste sera nécessaire. "Certains sont méfiants parce que quelques 'droits' ont été formulés de manière trop vague (Comment définir si un jeu est fini ou pas ? Qu'est-ce que ça signifie de 'considérer ses clients comme des pirates' ?), indique-t-il. Ils s'imaginent pouvoir éventuellement participer si nous produisons une seconde version, plus spécifique de la liste".
Avant tout, le vrai débat soulevé par la publication de cette liste semble tout simplement concerner la faisabilité de l'initiative, alors que la tendance, par exemple, est au durcissement des mécanismes anti-copie, et non pas à l'inverse (on se souvient par exemple du tollé provoqué par les limitations – finalement adoucies, mais toujours présentes – des versions PC de Bioshock, Mass Effect ou du récent Spore). Certains, y compris chez CNet ou Wired, voient ainsi dans cette proposition un effort louable mais, ultimement, peu compatible avec les réalités actuelles du marché, à deux doigts de basculer dans le coup de pub démago. Pour Stardock, lucide sur la modestie de ses moyens, la démarche viserait cependant également à mobiliser les consommateurs. "Clairement, certains éditeurs diront 'mais qui est ce Stardock ?', concède Brad Wardell chez Gamasutra. Mais la manière dont les joueurs vont réagir [à cette liste] peut cependant faire bouger les choses. Si nous pouvons faire en sorte qu'ils n'acceptent plus les titres qui fonctionnent à peine en attendant un hypothétique patch, ou les titres qui contactent des serveurs tous les six jours pour vérifier que je ne suis pas un pirate, alors on commence à attaquer le portefeuille des éditeurs – et ils prendront alors cette initiative plus au sérieux". Un pouvoir dont les joueurs ont disposé depuis toujours, remarque un lecteur du site Gamasutra. "Ils ont le droit de jouer à autre chose si la protection anti-copie ne leur convient pas ou si l'éditeur a complètement foutu en l'air l'expérience générale".
[Image de une via Edge Online]
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