En confirmant avoir modifié le titre pour satisfaire des tests anti-épilepsie, Sony lève le voile sur un aspect méconnu du développement de jeu vidéo – une approche préventive que quelques éditeurs (dont Ubi Soft) appliquent désormais en standard.
C'est la première fois que le studio Sony Liverpool s'exprime de manière officielle sur les raisons ayant retardé la sortie du jeu WipEout HD. Initialement prévu pour la fin du mois de mai dernier, celui-ci avait, en plus de manquer son rendez-vous sur le Playstation Network PS3, joué les absents lors de la conférence E3 du constructeur, un blackout expliqué à l'époque par la découverte en dernière minute d'un "problème technique très, très délicat" selon David Reeves, PDG de Sony Computer Entertainment Europe. En fait de problème technique, les sources du site Computer & Video Games révélaient quelques jours plus tard que le titre ne passait pas les tests anti-épilepsie et allait donc devoir être modifié en conséquence, une information alors qualifiée de "spéculation" par Sony qui se disait toutefois "très concerné par la santé de l'utilisateur". "C'était très frustrant parce que la machine qui réalise ce test le fait de manière plutôt… subjective, a déclaré Tony Buckley, réalisateur du titre, au micro d'Eurogamer. Il est difficile de déterminer d'où vient exactement le problème – voire s'il y a problème tout court pour être honnête". Selon lui, "beaucoup de titres" sont initialement rejetés par ce test. Le responsable affirme cependant que l'équipe a pris l'affaire "au sérieux" et a accouché d'un compromis acceptable. "C'était notre plus grande peur, que le jeu devienne visuellement plus fade, mais en fait non, tout s'est bien passé", rassure-t-il. Une vidéo de comparaison entre les deux versions, réalisée par le site DPad, montre cependant un WipEout HD décidément plus sage, dénudé de ses effets visuels les plus extravagants.
Ce n'est bien sûr pas la première fois que le jeu vidéo est associé au phénomène de l'épilepsie photosensible. Dès 1991, Nintendo puis, un peu plus tard, Sega, dispensaient avertissements et conseils à destination des personnes à risque. Ces avertissements sont désormais présents dans la quasi-totalité de la production jeu vidéo console, sur l'écran d'introduction, dans les manuels ou directement sur la jaquette. Ce qui n'empêche pas quelques affaires de ressurgir de temps en temps. Au début des années 2000, on accusait la Nintendo 64 ou bien le jeu Spyro : Enter the Dragonfly de provoquer des crises, voire la mort. Récemment, en décembre 2007, une mère de famille anglaise s'était lancée dans une croisade visant à interdire la vente des jeux "à risque épileptique" après que son fils de 10 ans ait subi une attaque, apparemment induite par la version Nintendo DS de Rayman Raving Rabbids. La réalité est bien sûr un peu plus complexe. Sans même parler du phénomène psychologique du bouc émissaire, la peur du médium inconnu, les études mettent en évidence plusieurs facteurs pouvant influer sur l'apparition et sur la gravité d'une crise épileptique photosensible : distance du sujet à l'écran de télévision, fréquence de balayage de l'écran (un point qui ne devrait bientôt plus être d'actualité avec la généralisation des nouvelles technologies plasma ou LCD), et enfin présence ou non de certaines séquences épileptogènes. Séquences qui ne sont, bien sûr, pas exclusives au jeu vidéo ; on se souvient de ce tristement célèbre épisode de la série télévisée Pokémon dont la diffusion, en 1997, avait provoqué des crises chez plus de 600 enfants japonais.
Le cas WipEout HD a donc le mérite d'attirer l'attention sur un aspect peu connu du développement de jeux vidéo : outre les contenus violents ou sexuels potentiellement choquants, certains studios et éditeurs font également la chasse au danger épileptique. Lors d'une session du parlement anglais tenue en juillet dernier, il avait par exemple été révélé que "quelques créateurs de jeux" (dont Ubi Soft – et vraisemblablement Sony) font désormais un usage standard du test Harding pour repérer la présence de séquences à risque dans leurs titres. Le système, lancé en 2001 et déjà utilisé par la télévision anglaise, analyse n'importe quel flux vidéo et détecte "les changements de luminosité, les flashes rouges, une couleur particulièrement agressive et une cause connue de crises épileptiques". Suite à l'incident Rayman Raving Rabbids, tentative avait été faite de rendre cette procédure de test obligatoire pour tous les titres à destination du marché anglais. La ministre de la Culture, des Médias et du Sport, Margaret Hodge, s'était cependant montrée satisfaite du système actuel, basé sur le volontariat. "Je voudrais discuter de la question avec l'ELSPA [NDR : le SELL anglais], pour voir ce qu'il est possible de faire avec un code volontaire de conduite, avait-elle déclaré lors de la même session de juillet. Bien sûr, si cela n'aboutit pas ou si nous estimons que ce qui nous sera proposé est insuffisant, nous pourrons toujours en débattre une nouvelle fois à une date ultérieure. [Mais] d'après ce que j'ai pu voir et entendre, nous avons ici affaire à une industrie responsable."
Ce n'est bien sûr pas la première fois que le jeu vidéo est associé au phénomène de l'épilepsie photosensible. Dès 1991, Nintendo puis, un peu plus tard, Sega, dispensaient avertissements et conseils à destination des personnes à risque. Ces avertissements sont désormais présents dans la quasi-totalité de la production jeu vidéo console, sur l'écran d'introduction, dans les manuels ou directement sur la jaquette. Ce qui n'empêche pas quelques affaires de ressurgir de temps en temps. Au début des années 2000, on accusait la Nintendo 64 ou bien le jeu Spyro : Enter the Dragonfly de provoquer des crises, voire la mort. Récemment, en décembre 2007, une mère de famille anglaise s'était lancée dans une croisade visant à interdire la vente des jeux "à risque épileptique" après que son fils de 10 ans ait subi une attaque, apparemment induite par la version Nintendo DS de Rayman Raving Rabbids. La réalité est bien sûr un peu plus complexe. Sans même parler du phénomène psychologique du bouc émissaire, la peur du médium inconnu, les études mettent en évidence plusieurs facteurs pouvant influer sur l'apparition et sur la gravité d'une crise épileptique photosensible : distance du sujet à l'écran de télévision, fréquence de balayage de l'écran (un point qui ne devrait bientôt plus être d'actualité avec la généralisation des nouvelles technologies plasma ou LCD), et enfin présence ou non de certaines séquences épileptogènes. Séquences qui ne sont, bien sûr, pas exclusives au jeu vidéo ; on se souvient de ce tristement célèbre épisode de la série télévisée Pokémon dont la diffusion, en 1997, avait provoqué des crises chez plus de 600 enfants japonais.
Le cas WipEout HD a donc le mérite d'attirer l'attention sur un aspect peu connu du développement de jeux vidéo : outre les contenus violents ou sexuels potentiellement choquants, certains studios et éditeurs font également la chasse au danger épileptique. Lors d'une session du parlement anglais tenue en juillet dernier, il avait par exemple été révélé que "quelques créateurs de jeux" (dont Ubi Soft – et vraisemblablement Sony) font désormais un usage standard du test Harding pour repérer la présence de séquences à risque dans leurs titres. Le système, lancé en 2001 et déjà utilisé par la télévision anglaise, analyse n'importe quel flux vidéo et détecte "les changements de luminosité, les flashes rouges, une couleur particulièrement agressive et une cause connue de crises épileptiques". Suite à l'incident Rayman Raving Rabbids, tentative avait été faite de rendre cette procédure de test obligatoire pour tous les titres à destination du marché anglais. La ministre de la Culture, des Médias et du Sport, Margaret Hodge, s'était cependant montrée satisfaite du système actuel, basé sur le volontariat. "Je voudrais discuter de la question avec l'ELSPA [NDR : le SELL anglais], pour voir ce qu'il est possible de faire avec un code volontaire de conduite, avait-elle déclaré lors de la même session de juillet. Bien sûr, si cela n'aboutit pas ou si nous estimons que ce qui nous sera proposé est insuffisant, nous pourrons toujours en débattre une nouvelle fois à une date ultérieure. [Mais] d'après ce que j'ai pu voir et entendre, nous avons ici affaire à une industrie responsable."
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