Après la rétrocompatibilité et le line-up de lancement, Microsoft détaille le fonctionnement du Marché Xbox Live et des fameuses "micro-transactions". Surprise : pour le moment, on y vend surtout des babioles promotionnelles qui pourraient (devraient ?) aussi bien être données. Après les 70 euros du jeu, la facture s'allonge pour les fans...

Cela fait des mois que Microsoft parle de cette fameuse Marketplace. L'une des nouvelles idées derrière Xbox Live v360.0 était, en effet, de proposer un espace intégré d'achat en ligne proposant à la fois jeux et produits dérivés tels que démos, contenu supplémentaire, thèmes de bureau, etc. Et, par là même, d'introduire le concept magique de "micro-transaction", ces toutes petites choses (un vinyle pour une voiture dans Need for Speed, une skin supplémentaire pour Quake 4) vendues à tout petit prix. S'il convainc les joueurs, le procédé pourrait constituer une source de revenus supplémentaire pour Microsoft et, surtout, pour les éditeurs, décidément très gênés par l'augmentation des coûts de développement.

Sur la lancée de la liste de jeux rétrocompatibles et du line-up de lancement, le constructeur a révélé mardi dernier comment cela allait fonctionner. La monnaie qui aura court sur le Marché sera le "point Microsoft", lequel s'achètera en gros via l'interface Live (avec une carte de crédit, vraisemblablement) ou sous la forme de cartes prépayées, dans n'importe quelle boutique vendant des Xbox 360. Pour 25 euros, ces cartes disposeront de 2100 points, soit un peu plus d'un centime d'euro par point. Et qu'est-ce qu'on aura le 2 décembre prochain pour 2100 points ? Des jeux Live Arcade, tout d'abord, du classique Gauntlet remixé en haute résolution et compatible réseau (400 points, 4.75?) à Bankshot Billiards 2 (1200 points, 14.25?). En ce qui concerne les micro-transactions, les éditeurs présents au lancement offrent une variété d'icônes pour carte de joueur (20 points, 0.25? le pack de quantité variable) et de thèmes pour relooker son interface Xbox 360 (150 points, 1.75?), le tout aux couleurs des titres du jour J (Call of Duty 2, Perfect Dark Zero, Quake 4, etc.).

Les démos et les bandes-annonces, elles, sont gratuites... pour le moment ? Car cette version inaugurale du marché Xbox Live laisse un goût étrange dans la bouche. Si l'on peut comprendre, à la rigueur, devoir payer pour du contenu supplémentaire (niveaux, voitures, etc.), le fait de voir des thèmes personnalisés et des icônes proposés à la vente sonne faux. N'est-on pas là dans le domaine de la promotion, du marketing ? En demandant aux joueurs qu'ils achètent le droit de devenir le porte-parole involontaire de l'éditeur, n'essaie-t-on pas de garder le beurre et l'argent du beurre ? Autant commencer à vendre les fonds d'écran et les goodies diverses téléchargeables gratuitement sur les sites web officiels.

De plus, certains craignent désormais que le procédé ne signale la disparition des bonus à débloquer et, de manière générale, des mini add-ons parfois offerts par les développeurs. Pourquoi les donner gratuitement ou les intégrer dans le jeu lorsque l'on dispose d'une structure simple permettant de les vendre à petit prix ? L'inquiétude est légitime, d'autant plus que la tendance est à l'adoption de ce modèle. C'est le développeur coréen Nexon qui a montré la voie avec Crazy Racing : Kart Rider, un succès sans précédent puisque que le titre enregistre 12 millions d'abonnés, soit un quart de la population du pays. 85% des 110 millions de dollars de recettes totalisées l'année dernière par le jeu ont été réalisés grâce aux micro-transactions : meilleures voitures, missiles plus performants ou coussins d'air pour éviter les dits missiles. De quoi faire réfléchir les studios occidentaux tels que Sony Online. A la fin du mois dernier, la compagnie a annoncé son intention de lancer un jeu en ligne complètement gratuit d'ici l'automne 2006. L'objectif est d'arriver à financer entièrement le titre via la vente d'objets plus puissants et de bonus divers.

Mais l'une des clés du système est, justement, la gratuité initiale. Dans le cas du marché Xbox 360, les micro-transactions concernent des titres vendus en boutique au prix fort, suivant le nouveau barème "premium" qui plus est (voir article "Xbox 360 : dans les starting blocks (2/2)"). 70 euros à la caisse, plus un "prix à déterminer" pour bénéficier de six véhicules supplémentaires dans Ridge Racer 6 : on comprend l'agacement des plus sceptiques. Il reste toujours l'espoir de voir les choses changer. L'achat de titres spécifiques, par exemple, devrait donner droit à un certain nombre de points, selon les magazines 1Up et GameDaily. Et on peut toujours rêver (ça ne coûte rien) à une baisse du prix des jeux Xbox 360, financée par les fameuses micro-transactions. En attendant, dans son état actuel, le seul futur que laisse entrevoir le nouveau Marché Live est une ère hyper-marchande dans laquelle tout s'achète et où le portefeuille du joueur est constamment sollicité.