La série des Extreme G (deux premiers épisodes sur Nintendo 64) a toujours fait figure de second couteau dans le genre " course futuriste ". Plagiant de manière éhontée le système de jeu de F-Zero (fleuron de Nintendo) et le design très branché et avant-gardiste de WipEout (star de Sony et sa PlayStation), Extreme G n'avait pas réellement convaincu, par manque d'originalité. Acclaim n'en démord pourtant pas et décide de passer à la vitesse supérieure en proposant aux récents heureux propriétaires de PS2 de goûter à un troisième volet. Une fois encore, la nouveauté n'est pas le point fort de ce titre, mais côté vitesse, ça décoiffe !
La particularité d & #146;Extreme G est de proposer aux joueurs de piloter des motos, et non pas des espèces de vaisseaux spatiaux flottants au-dessus du sol. Evidemment, nous n & #146;avons pas affaire ici à des motos banales, puisque celles-ci peuvent parfois dépasser allégrement les 750 km/h & nbsp;! Il vaut mieux ne pas avoir oublié d & #146;emmener son casque intégral & #133; L & #146;idée de ce rassemblement de deux roues n & #146;est pas fortuite & nbsp;: il s & #146;agit ici de participer à des championnats de vitesse où les plus rapides et les plus fourbes sont récompensés par des coupes en or. Dix circuits sont au programme, praticables avec différentes catégories de puissance de moteur (de 200G à 1000G), qu & #146;il faudra acquérir au fur et à mesure de la progression dans ce mode. Les classiques modes Arcade et Contre la Montre viennent le compléter, avec pour tous un but commun & nbsp;: foncer à toute berzingue en compagnie d & #146;un pilote de l & #146;une des 12 écuries, aux différences de conduite ou de performances inexistantes. Tout n & #146;est question que de design & #133;
A la manière d & #146;un WipEout, comme les circuits ne sont pas très nombreux, la durée de vie a été augmentée de manière un peu artificielle. Pour ne pas faire le tour du jeu en une heure, le système de progression a été conçu à partir de gains en numéraire & nbsp;: selon votre classement, une somme vous est attribuée. Pour participer à la prochaine course, votre compte en banque doit impérativement atteindre un certain seuil, sous peine de devoir retourner à la case départ. Ainsi, sur un championnat constitué de trois courses, votre classement moyen doit par exemple être 3ème ou second pour que vous puissiez passer au suivant. Si vous échouer dans une course, vous devrez recommencer le championnat au début. Ce système qui vous fait recommencer plusieurs fois plusieurs courses pourra paraître frustrant, mais il permet en réalité de se perfectionner de plus en plus à chaque circuit. La meilleure ruse pour progresser est, en fait, de sauvegarder à chaque fois qu & #146;on arrive premier d & #146;une course, pour être à chaque fois dans les meilleures dispositions pour le circuit suivant & #133;
Doté de graphismes tout juste corrects, d & #146;environnements dépaysants mais dénués d & #146;âme ainsi que de petits effets spéciaux sympathiques (lumière, pluie & #133;), XG3 se fait avant tout remarquer par sa vitesse d & #146;animation et ses circuits extrêmement alambiqués. On a ici davantage l & #146;impression d & #146;être sur une montagne russe que sur une piste de bobsleigh. Les dénivelés des pistes sont gigantesques et les grands loopings retournent la tête des pilotes en pleine folie euphorique. A ces circuits vraiment bien pensés et entrecoupés de multiples tunnels, de torsades et d & #146;embranchements vicieux s & #146;ajoute une vitesse réellement vertigineuse. Pour réussir à contrôler son engin à de telles cadences, les tracés sont du coup assez rectilignes et les virages bien amples et non pas serrés. De ce fait, la vitesse ne descend jamais en dessous de 300 km/h. L & #146;énergie des courses est donc bien présente, soutenu par une bande son techno assez conventionnelle (Ministry of Sound) mais & quot; & nbsp;pêchu & nbsp; & quot;. Le sommet de la prise d & #146;adrénaline est atteint quand le bolide franchit le mur du son à 730 km/h (le vrai mur du son est atteint normalement à 1200 km/h, mais bon & #133;). A ce moment précis, une explosion se fait entendre, puis tous les sons disparaissent dans un bel effet de motion blur. Pas de doute, les sensations sont bien au rendez-vous dans ce jeu.
Pour agrémenter ces courses, il fallait bien quelques petites éléments qui pimentent la situation. Comme dans F-Zero et contrairement à WipEout, il n & #146;y pas ici de flèches accélératrices ou de bonus à récupérer. Pour semer le trouble chez les adversaires, il faut acquérir les armes au fur et à mesure, en utilisant le pécule accumulé. Dans l & #146;arsenal, on trouve des armes d & #146;attaques directes (mitrailleuse de base, roquettes, missiles, absorbeur d & #146;énergie) et des armes d & #146;attaques arrières (réacteurs en flamme, mines, mitrailleuse arrière). Assez variées et plutôt originales, ces armes ne sont toutefois pas toujours très utiles, dans le sens où détruire une moto adverse est un phénomène difficile à réaliser. Du coup, on a plutôt tendance à se rabattre sur l & #146;achat de moteurs plus puissants afin de gagner de la vitesse. S & #146;y ajoute logiquement l & #146;utilisation du turbo, déterminante pour espérer remporter la victoire. Cette jauge de boost est confondue avec celle du bouclier protecteur, mais comme, encore une fois, les explosions sont très rares, mieux vaut ne pas hésiter à appuyer fréquemment sur le champignon. Ce n & #146;est pas ici qu & #146;il faut faire preuve de tactique, en fait, il faut surtout choisir l & #146;endroit où utiliser le turbo sur les circuits, ainsi que les armes, tout en veillant à passer sur les bandes de régénération d & #146;énergie (turbo et armes) et à ne pas rater ses trajectoires. Car précisons-le, et c & #146;est sans doute là l & #146;un des points négatifs de ce titre & nbsp;: la maniabilité n & #146;est pas très souple. Etant donné qu & #146;il n & #146;y a aucun effet d & #146;inertie, les virages ne peuvent pas être anticipés mais pris directement à la seconde où ils surgissent. Comme le maniement de la moto est trop vif, il arrive souvent de se cogner contre les bords, surtout à vitesse élevé. Heureusement, le système d & #146;aérofreins à la WipEout permet un peu plus de souplesse et de se croire le temps d & #146;un instant en train de descendre une piste de ski. La concentration est en tous cas de rigueur, ce qui énervera peut-être ceux qui aiment jouer en dilettante & #133;
Contrairement aux épisodes précédents, XG3 ne peut pas se pratiquer à 4 joueurs, mais seulement à 2 (les deux uniques ports manette de la PS2 ne doivent pas être étrangers à ce constat). Il y a bien évidemment un mode Versus, destiné à s & #146;offrir des duels acharnés sur les circuits. Il est possible dans ce mode de charger son propre personnage customisé et de continuer à gagner de l & #146;argent pour améliorer son véhicule. L & #146;autre mode disponible est plutôt original, puisqu & #146;il propose à deux amis de participer à un championnat en coopératif. La somme d & #146;argent à atteindre est le cumul des gains des deux concurrents et il faut ainsi se serrer les coudes en s & #146;acharnant sur un adversaire trop collant et ne pas se tirer dans les pattes. Un petit plus stratégique non négligeable et qui change de l & #146;habituel duel basique. Enfin, fait notable, l & #146;écran ne peut qu & #146;être séparé en deux de manière verticale & #133; Etonnant.
XG3 représente un bon petit apéritif avant que n'arrive le très attendu WipEout Fusion, qu'on espère réussi. L'originalité n'est pas le point fort du soft, mais il arrive tout de même à nous surprendre grâce à ses circuits bien fichus et sa vitesse réellement vertigineuse. Les sensations sont fortes et la tactique de course n'a pas été mise de côté, que soit en solo ou en couple. Toutefois, il s'adresse en premier lieu aux joueurs assez expérimentés, de par sa difficulté plutôt élevé, dès le départ, mais encore plus par la suite. Si vous aimez les défis intenses, XG3 est un investissement plutôt intéressant et certainement le meilleur des trois volets. Mathieu Micout
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