Hourdeau est le plus ancien joueur de l’équipe Counter-Strike des aAa. A 25 ans, il est aussi l’un des joueurs les plus âgés de la compétition … Comment concilie-t-il vie sociale et professionnelle avec la compétition de jeux vidéo ?

La moyenne d'age des joueurs de Counter-Strike se situe aux alentours de 20 ans. Etudiants pour la plupart, ils disposent d'un emploi du temps relativement souple qui leur permet de s’investir à fond dans la compétition de jeux vidéo. Par ailleurs, leur loisir s’accorde, dans les mentalités, tout à fait avec leur age. Il en va tout autrement pour Hourdeau, ‘’vieux’’ de ses 25 ans. Comment parvient-t-il à concilier travail et compétition, et comment son loisir est-il perçu par ses proches ?

Overgame : Quelle est votre situation professionnelle ?

Hourdeau : Après avoir terminé mes études, j’ai travaillé pendant trois ans, en informatique, je faisais de la gestion de bases de données. Mais là, je fait une pause ...

Combien de temps vous entraînez-vous pour préparer une compétition ?

Ca dépend des compétitions et surtout des disponibilités de chacun. Idéalement, on s’y prend un mois à l’avance, on commence à s’entraîner sur Internet, tous les jours de 18h30 à 20h, puis de 21h à 22h30, sauf le samedi, jour de relâche. Puis, une semaine avant la compétition, on se retrouve en LAN, du midi au soir.

Comment faisiez-vous pour concilier travail et compétition ?

C’était difficile, en raison des horaires de travail. J’imposais malgré moi le rythme des entraînements de mon équipe ; on ne pouvait pas commencer avant 19 heures, le temps que je quitte le travail et que je soit prêt à m’entraîner chez moi.

Votre employeur savait-il que vous faisiez de la compétition de jeu vidéo ? Comment a-t-il réagit ?

Oui, il savait que je faisais de la compétition de Counter-Strike. Mon employeur était jeune, il savait ce que je faisais, il comprenait de quoi il s’agissait, et il était très compréhensif. Il m’autorisait sans problème à poser des jours de congés lorsque j’avais des compétitions qui débordaient du week-end. Détail amusant, son jeune frère suivait les compétitions de Counter-Strike, et il me connaissait de nom, il lui faisait des comptes-rendus …

Et vos collègues de travail, comment réagissaient-ils ?

Ils étaient jeunes également, ils s’intéressaient à ce que je faisais. Ils allaient sur Internet pour regarder les résultats, et ils me charriaient lorsqu’ils n’étaient pas bons, bref, cette activité était plutôt bien perçue dans le cadre de mon travail.

Quelle a été la réaction de votre entourage lorsque vous vous êtes investi dans la compétition de jeux vidéo ? Votre famille par exemple …

Mes parents ont eu du mal à comprendre au début, mais je leur ai expliqué les principes du jeu, l’esprit de la compétition. Ils ont vu que cela se pratiquait comme un sport, que j’avais des entraînements tous les jours, de telle heure à telle heure … Bon, ils ne comprennent toujours pas tout au jeu, mais ils ont compris que c’était de la véritable compétition. La famille plus éloignée, par contre, c’est plus dur, c’est un autre monde pour eux, déjà l’ordinateur c’est compliqué, alors les jeux vidéo …

Vos parents suivent vos matchs ?

Non, mais bon, d’une manière générale, ils ne suivent pas le sport.

Et vos amis, quelle a été leur réaction ?

Ca dépend. Certains ont du mal à comprendre, notamment ceux qui sortent tout le temps. Les entraînements prennent beaucoup de temps … lorsqu’on termine l’entraînement à 22h30, et qu’on travaille le lendemain, c’est difficile de sortir pour voir ses amis. Lorsque je leur dis que je ne peux pas venir avec eux parce que je m’entraîne, ça passe mal. Le préjugé négatif qui colle aux jeux vidéo est encore présent … Résultat, c’est vrai que j’ai perdu de vue quelques amis. Les autres, ceux qui sont connectés à Internet, par contre, j’ai gardé de très bons contacts, grâce aux systèmes de messagerie instantanée.

Dernière question ; vous avez choisi votre nom de famille comme nom de joueur, plutôt qu’un pseudonyme, comme il est d’usage. Pourquoi ?

J’ai pris cette décision après avoir participé à une compétition qui obligeait les joueurs à porter leur nom, plutôt que leur pseudonyme. Je trouve que c’est mieux, c’est plus professionnel. De plus, les joueurs changent parfois de pseudonyme d’une compétition à une autre, résultat on ne sait plus qui est qui. Avec son vrai nom, il n’y a plus de confusion.