Un événement tel que la Coupe du Monde des jeux vidéo ne peut avoir lieu sans le soutien de sponsors. Combien leur coûte leur présence, et quels sont leurs objectifs ? Ne craignent-ils pas s’engager dans un événement lié aux jeux vidéo, étant donné leur image négative qui subsiste dans quelques grands médias traditionnels ? Réponse avec trois d'entre eux.

Marta Thongsavarn est la représentante de la Fnac pour la Coupe du Monde des Jeux Vidéo. C’est elle qui a géré toute l’implantation du stand, depuis la choix de son architecture (recherchée) jusqu’aux animations. Elle répond également à nos questions.

Overgame : Quelle est la nature de votre partenariat ?

Marta Thongsavarn : Notre participation s’effectue sur trois niveaux ; il y a un sponsoring numéraire, un stand Fnac.com et un soutien en communication, avec un relais d’information sur notre site Fnac.com.

Quel est le budget de la Fnac pour la Coupe du Monde des jeux vidéo ?

Notre présence représente un investissement conséquent ; il y a sur le stand 46 000 Euros de matériel, et le budget total approche les 150 000 Euros.

Quelles animations proposez-vous aux visiteurs ?

Nous avons plusieurs animations, des mini-tournois de Counter-Strike, des séances de photos avec la statue de l’orc de Warcraft 3, une zone de repos avec des transats très appréciés, et, en fin de journée, un DJ de Poitiers qui mixe. Il y a aussi bien sûr tous les PC su stand qui sont en libre service toute la journée.

Quels sont vos objectifs ?

La présence de la Fnac n’est pas un ‘’one shot’’, nous pensons qu’il se passe vraiment quelque chose dans le jeu vidéo, que nous sommes à un moment charnière, similaire à celui de l’envolée des ventes des CD-Rom. Le phénomène des Lan Parties se professionnalise, le cycle arrive à maturité, le marché grand public devrait suivre. Nous voulons être présent dès les origines de cette tendance de fond, nous ne pouvions pas rater le coche. C’est par ailleurs également une manière de soutenir l’industrie du jeu vidéo, et l’industrie française en particulier. Enfin, par notre présence, nous restons conformes à notre devise, ‘’Agitateur de culture’’.

La Fnac sponsorise des événements culturels ; considérez-vous le jeu vidéo comme un produit culturel ?

Absolument, c’est un produit culturel de masse.

Considérez-vous que votre engagement aux cotés du jeu vidéo soit une initiative audacieuse, étant donné l’image négative des jeux vidéo qui subsiste dans quelques grands médias traditionnels ?

Non, nous accompagnons les jeux vidéo depuis ses débuts, les équipes en place à la Fnac ont assisté à l’émergence du jeu vidéo. La Fnac s’implique pour faire connaître et faire comprendre le jeu vidéo auprès du grand public. C’est vrai que les jeux vidéo souffrent encore d’une image trop harcore gamer, mais il n’y a qu’à voir ici, les filles sont élégantes, les garçons sont charmants, à l’opposé de l’archétype du joueur asocial et complexé. Ils sont au contraire très matures, ils savent faire la part des choses.

Comment voyez-vous évoluer les compétitions de jeux vidéo ?

Si la Fnac sponsorise ce genre d’événement, c’est qu’elle y croit. Nous pensons que les compétions de jeux vidéo sont amenées à se développer.

Pensez-vous que les compétitions de jeux vidéo pourraient être retransmises à la télévision ?

Oui, mais il y aura un effort supplémentaire à fournir pour bien expliquer de quoi il s’agit. Tous les joueurs suivent les compétitions de jeux vidéo, à terme, le grand public devrait suivre.

Etes-vous joueuse vous même ?

Non, et justement, j’ai découvert tout un monde. Les stratégies, le jeu d’équipe … il ne suffit pas d’avancer dans un couloir et de tirer sur tout ce qui bouge. Par ailleurs, la mise en scène est superbe, elle permet de comprendre ce qu’il se passe, j’arrive à suivre et à apprécier, même Warcraft 3 !

Quel est votre impression sur La Coupe du Monde des Jeux Vidéo ?

C’est une belle réussite, ils ont réussi à rassembler tous les meilleurs joueurs du monde, les médias ont relayé l’information … Et pour une fois, la télévision aborde les jeux vidéo sans que ce soit pour parler de la violence. A quand les jeux vidéo discipline olympique ?

Mauro Gennaccari, responsable marketing, et Marjolaine Marc, responsable de la division Grand Public Olidata France, ont répondu à nos questions concernant la présence d’Olidata à la Coupe du Monde des Jeux Vidéo.

Overgame & nbsp;: Quelle est la nature de votre partenariat ?

Olidata : Nous fournissons tous les ordinateurs de la compétition, ainsi que les serveurs, soit 340 PC haut de gamme et 10 serveurs.

Quel est le budget d’Olidata pour la Coupe du Monde des jeux vidéo ?

Environ 50 000 Euros.

Quel est l’intérêt pour Olidata de sponsoriser la Coupe du Monde des Jeux Vidéo ?

Nous souhaitons faire connaître nos produits au public, montrer par exemple que nos portables sont suffisamment puissants pour que l’on puisse jouer avec. Nous avons également en démonstration différentes configurations d’ordinateurs de bureau, dont une dédiée au jeu.

Justement, vous avez en Italie une gamme de PC dédiée au jeu, mais elle n’existe pas en France. Pourquoi ?

Nous n’avons pas eu la demande de la part de la grande distribution. Nous ne sommes pas encore bien implanté en France, cela fait juste un an que nous sommes sur le marché français, en Italie, cela fait 20 ans …

Considérez-vous que votre engagement aux cotés du jeu vidéo soit une initiative audacieuse, étant donné l’image négative des jeux vidéo qui subsiste dans quelques grands médias traditionnels ?

Non, cela fait trois ans qu’Olidata sponsorise les Lan-Parties en Italie, nous croyons beaucoup à l’intérêt de ce genre d’événement. Cela permet aux joueurs qui jouent dans différentes villes du monde de se rencontrer, de devenir de véritables amis, et nous, de créer une notoriété autour de notre marque. Internet, les jeux vidéo, c’est comme la vie, on y trouve les même problèmes. La violence y est présente comme ailleurs.

Comment voyez-vous évoluer les compétitions de jeux vidéo & nbsp;?

Cela va devenir de plus en plus populaire, d’années en années. Nous avons commencé à sponsoriser les compétitions en Italie en 2000, il y avait 50 joueurs. L’année dernière, au SMAU (NdR & nbsp;: salon italien dédié aux nouvelles technologie), il y avait 1200 PC en réseau, 1500 joueurs.

Etes-vous joueur vous même ?

Mauro Gennaccari : Oui, quand j'ai le temps ... j'ai grandi avec les jeux vidéo, tous mes amis jouent, il nous arrive de jouer en lan. C'est un de mes loisirs !

Ancien journaliste à Joystick, chargé de la rubrique matos, Stéphane Quentin a rejoint l’équipe marketing technique de Nvidia. Il est également chargé des relations presse pour tout ce qui concerne les aspects techniques des produits Nvidia.

Overgame : Quelle est la nature de votre partenariat ?

Stéphane Quentin : Il y a un sponsoring numéraire, et nous fournissons, avec nos partenaires PNY et Chaintech, toutes les cartes 3D des ordinateurs la compétition, soit 450 cartes. Il y a également un suivi quotidien de la Coupe du Monde des Jeux Vidéo sur nvidia.fr. Nvidia sponsorise par ailleurs une équipe de Counter-Strike allemande, la Mouse Sport.

Quel est le budget de Nvidia pour la Coupe du Monde des jeux vidéo ?

Il est confidentiel.

Quels sont les objectifs de Nvidia lorsqu’il sponsorise la Coupe du Monde des Jeux Vidéo ?

L’objectif de Nvidia est d’être systématiquement associé à tout ce qui touche à la 3D. Cela dit, Nvidia a toujours été aux côtés de l’équipe de Ligarena, nous apprécions les événements autour du jeu vidéo qu’ils organisent. Aujourd’hui, Nvidia est le partenaire exclusif de la Coupe du Monde des Jeux Vidéo, et il en sera toujours ainsi ; nous ne pouvons pas ne pas être présent à un tel événement. Notre présence ici nous permet également de montrer au public et aux hardcore gamers les nouvelles cartes à base de puces nvidia FX5900. Les hardcore gamers représentent 2 % du marché, mais ils sont les relais d’opinion dans le domaine des cartes 3D. Nous expliquons par ailleurs aux visiteurs ce que signifie le label ‘’The way it's meant to be played’’ apposé sur les jeux, c'est-à-dire qu’il y a une équipe de 60 ingénieurs à travers le monde qui vient en aide aux développeurs de jeux vidéo pour qu’ils puissent exploiter au mieux les fonctionnalités de nos cartes 3D. Résultat, au lieu d’attendre 3 ans que les fonctionnalités des cartes 3D soient exploitées dans les jeux, aujourd’hui, il n’y a plus que 6 mois de décalage.

Quel bilan faites-vous de la Coupe du Monde des Jeux Vidéo ?

Il est très positif, l’événement s’est bien déroulé, il n’y a pas eu de problèmes techniques. La fréquentation est correcte, les retombées médiatiques sont intéressantes ; il y a eu des sujets au journal de 20 heures. C’est une période charnière, où l’on va passer du gamer au grand public.