Installer Doom 3 sur sa machine, c'est presque irréel. On en a tellement parlé, les photos d'écran étaient tellement impressionnantes que l'on a du mal à croire que l'on va y jouer bientôt. C'est également le moment où l'anticipation atteint son point maximal. Les CDs à portée de main, on surveille la barre de progression comme si quelque chose de terrible allait arriver. Non, je vais enfin jouer à Doom 3, ce n'est pas possible. Il y a bien quelque chose qui va planter avant la fin de l'installation. Mais contre toute attente, tout se passe bien. Un dernier rituel à accomplir avant de lancer le jeu : petit tour dans le panneau de configuration des drivers graphiques pour s'assurer que tout est en ordre, fermeture de tous les programmes en barre de tâches (ICQ, Spybot et même l'anti-virus). Tout doit être parfait : c'est Doom 3, man !
Arrivée dans le menu principal. Là encore, on retient son souffle dans un mélange d'émerveillement et d'anticipation : il est encore temps qu'un bug sadique fiche tout en l'air. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'id a fait des progrès côté interface. Les menus sont stylés, voire racés. Rien de spectaculaire mais du simple et de l'efficace. Et le navigateur de serveurs intégrés a enfin de la gueule (pas comme celui de Quake 3 Arena).
Et puis ça y est, on lance la partie. Il y a plusieurs choses qui frappent d'emblée. Premièrement, l'environnement est très sombre. Le premier réflexe est de retourner dans le menu pour pousser la luminosité au maximum. Rien n'y fait : les personnages semblent un peu plus clairs mais les zones d'ombres sont toujours aussi impénétrables. C'est un peu ennuyeux, mais c'est probablement ce que les concepteurs voulaient : l'intérieur sombre et glauque d'une station spatiale située dans un environnement hostile.
L'objectif était peut-être également de mettre en avant la gestion des éclairages en faisant bien ressortir chaque source de lumière. Autant le dire : le travail d'id est, de ce côté-là, fantastique. Et pourtant, on sait depuis longtemps que Carmack a fait des miracles, on a vu les photos d'écran, etc. Mais le voir tourner sur sa propre machine, c'est faire un bon d'un an en avance dans le temps. Chaque lampe, chaque néon éclaire l'environnement en temps réel, et chaque objet projette une ombre totalement réaliste. Les effets de bump mapping sur les textures donnent un relief étonnant aux murs et aux containers peuplant la zone d'arrivée. Les personnages, même s'ils ne semblent pas modélisés avec un nombre extravagant de polygones, prennent littéralement vie grâce aux expressions de leur visage et au réalisme de leurs mouvements. Si un garde assis dos à vous veut vous parler, par exemple, vous pourrez voir son cou et une partie de son torse se tourner alors que le reste de son corps reste face à la console. Concernant les visages, Half-Life 2 semble conserver l'avantage (il faudra attendre la sortie de ce dernier pour juger) mais la qualité des textures, la présence d'yeux et de dents modélisés indépendamment fait clairement de l'effet.
On observe également quelques petits raffinements moins spectaculaires, mais tout aussi réalistes comme, par exemple, les déformations occasionnées par les vitres ou la chaleur. En fait, graphiquement, ce qui se rapproche le plus de Doom 3 serait Dark Project : Deadly Shadows. Mais le moteur d'id Software est beaucoup plus peaufiné, moins gourmand. Avec la même machine (Pentium IV 3.0Ghz, Radeon 9800 Pro, 1 Go de mémoire), la fluidité est meilleure, la qualité d'image, au moins deux crans au-dessus, et on peut même glisser un peu d'anti-crénelage. Le mode 1024x768 en qualité moyenne (pour cartes vidéo 128 Mo) ne pose aucun problème.
Le PDA est une nouveauté qui arrive rapidement dans le jeu. Donné à votre marine par le quartier général, ce petit appareil vous permet de recevoir des emails et de lire des fichiers audio / vidéo. Au fur et à mesure de l'aventure, le joueur est amené à récupérer les PDA d'autres personnages, téléchargeant ainsi codes d'accès, clés électroniques et journaux de bord audio. Ces derniers sont nombreux et même s'ils ne se révèlent pas toujours cruciaux pour avancer, ils constituent tout de même un excellent moyen de s'immerger dans l'univers Doom 3.
En fait, le plus étonnant, c'est que le jeu ne démarre pas du tout comme un titre d'id Software classique. A vrai dire, Doom 3 emprunte carrément au style Half-Life : on arrive tranquille dans la station, on parle un peu à tout le monde, on se balade... De plus, il n'y a pas vraiment de missions en tant que telles : plutôt une structure fluide où le joueur avance d'objectifs en objectifs. Quelques éléments indiquent bien que tout ne tourne pas rond sur Mars, mais le personnel semble néanmoins accomplir sa petite routine comme si de rien n'était. La station dégage une fausse impression de tranquillité. Clairement, quelque chose de terrible va finir par arriver.
Et effectivement, quelque chose de terrible arrive, mais je ne vais pas vous gâcher la surprise. D'autant plus que nous aurons probablement l'occasion d'en reparler dans un prochain test. Il est encore un peu tôt pour donner un avis ? même préliminaire ? sur le jeu. Mais il est clair qu'aux niveaux graphismes et ambiance, Doom 3 remplit d'ores et déjà toutes ses promesses, et plus. Ce qui n'augure que du bon pour la suite.
|
20.11.2008
19.11.2008
18.11.2008
17.11.2008
16.11.2008
14.11.2008
13.11.2008
12.11.2008
11.11.2008
10.11.2008
|













Lire ou participer