Deux titres indépendants gratuits montrent que les batailles proposées par un shoot'em up ou les énigmes posées par un puzzle game peuvent toutes se résoudre en dessinant. Des propositions de gameplay géniales que l'on espère retrouver bientôt dans la cour des grands.
"Nous estimons, en tant que développeurs de jeux, bénéficier de nombreux moyens d'améliorer notre savoir-faire. La lecture, les conférences, les programmes universitaires, le recours à un mentor […]. Au final, cependant, rien ne remplace l'expérience." Cette phrase, tirée du manifeste de l'Ad Lib Game Development Society, un collectif de designers prônant le développement "rapide et spontané" de jeux, résume jusque là plutôt bien l'œuvre de Petri Purho. Etudiant en informatique à l'université polytechnique d'Helsinki en Finlande, disciple inspiré du désormais fameux Experimental Gameplay Project, Purho s'est ainsi posé comme contrainte régulière de réaliser des jeux en sept jours, chacun explorant une idée de gameplay spécifique. Ont défilé, sans ordre particulier : The Divorce, variation sur Pong et pastiche du Marriage de Rod Humble, Forbidden.exe, tentative geeky de "communiquer ce que l'on ressent en regardant un film à suspense", ou Daydreaming in the Oval Office, jeu de balle un peu raté ayant pour toile de fond George W. Bush et ses fameuses armes de destruction massive.
Crayon Physics, son dixième projet, est cependant de loin le plus abouti et le plus intéressant, à tous les niveaux. Interactivement parlant d'abord : à l'aide de la souris, le joueur dessine des formes qui deviennent des objets 2D. L'objectif est simple : déplacer une balle et ramasser les étoiles dispersées dans le niveau, en utilisant uniquement la création et la destruction d'objets, ainsi que les lois de la physique. Mais Crayon est également un régal artistique, une jolie histoire de crayons de couleurs et de mercredis après-midi passés en compagnie de vieux cahiers à grands carreaux, une escapade musicale dans les champs baignés de soleil d'Air ou de Boards of Canada. Faussement naïf et vraiment pointu, Crayon Physics propose une véritable bonne idée de jeu que l'on ne pourra apprécier qu'au travers de sept trop courts tableaux. "Donnez-nous un éditeur de niveaux !" réclament déjà les joueurs sur le blog officiel de l'auteur, qui n'écarte pas la possibilité de céder à la pression publique.
Parmi les commentaires, justement, certains font le parallèle évident avec un autre titre indie, le Chalk de Joakim Sandberg, un animateur 2D honteusement relégué sur des commandes tels que X-Men 3: The Official Game ou Justice League Heroes: The Flash, tous sur Game Boy Advance. Honteusement parce que ce Chalk est lui aussi bourré d'idées de gameplay. Là encore, on dessine, mais le puzzle game laisse cette fois la place à un vrai shoot'em up. A coups de craie, l'héroïne élimine ses adversaires, renvoie les tirs ennemis à leurs envoyeurs ou se constitue un bouclier. Beaucoup plus développé que Crayon Physics, Chalk propose plusieurs niveaux, chacun avec boss et sous-boss, chacun explorant les nombreuses subtilités qu'autorise le concept de base, pourtant simplissime.
Evidemment, en voyant ces deux titres, tous téléchargeables gratuitement, on pense immédiatement à la Nintendo DS et à son stylet, accessoire idéal pour ces perles indies. Conte de fées ? Mais la révolution est déjà en marche. On a vu Sony faire appel aux équipes modestes de Media Molecule (LittleBigPlanet) ou d'Idol Minds (Pain) pour étoffer la première ligne de son offre logicielle PS3. On a aussi vu, il y a quelques jours, Atari annoncer l'arrivée prochaine de N, prix du public à l'Independent Games Festival de 2005, sur PSP et DS. Si les grands constructeurs et éditeurs vont désormais piocher chez les indépendants les idées que leurs grosses équipes, trop occupées à dépenser leurs millions de dollars de budget, ne peuvent pas imaginer, où va-t-on ? Vers un monde de jeu vidéo meilleur, probablement. A bon entendeur.
Crayon Physics, son dixième projet, est cependant de loin le plus abouti et le plus intéressant, à tous les niveaux. Interactivement parlant d'abord : à l'aide de la souris, le joueur dessine des formes qui deviennent des objets 2D. L'objectif est simple : déplacer une balle et ramasser les étoiles dispersées dans le niveau, en utilisant uniquement la création et la destruction d'objets, ainsi que les lois de la physique. Mais Crayon est également un régal artistique, une jolie histoire de crayons de couleurs et de mercredis après-midi passés en compagnie de vieux cahiers à grands carreaux, une escapade musicale dans les champs baignés de soleil d'Air ou de Boards of Canada. Faussement naïf et vraiment pointu, Crayon Physics propose une véritable bonne idée de jeu que l'on ne pourra apprécier qu'au travers de sept trop courts tableaux. "Donnez-nous un éditeur de niveaux !" réclament déjà les joueurs sur le blog officiel de l'auteur, qui n'écarte pas la possibilité de céder à la pression publique.
Parmi les commentaires, justement, certains font le parallèle évident avec un autre titre indie, le Chalk de Joakim Sandberg, un animateur 2D honteusement relégué sur des commandes tels que X-Men 3: The Official Game ou Justice League Heroes: The Flash, tous sur Game Boy Advance. Honteusement parce que ce Chalk est lui aussi bourré d'idées de gameplay. Là encore, on dessine, mais le puzzle game laisse cette fois la place à un vrai shoot'em up. A coups de craie, l'héroïne élimine ses adversaires, renvoie les tirs ennemis à leurs envoyeurs ou se constitue un bouclier. Beaucoup plus développé que Crayon Physics, Chalk propose plusieurs niveaux, chacun avec boss et sous-boss, chacun explorant les nombreuses subtilités qu'autorise le concept de base, pourtant simplissime.
Evidemment, en voyant ces deux titres, tous téléchargeables gratuitement, on pense immédiatement à la Nintendo DS et à son stylet, accessoire idéal pour ces perles indies. Conte de fées ? Mais la révolution est déjà en marche. On a vu Sony faire appel aux équipes modestes de Media Molecule (LittleBigPlanet) ou d'Idol Minds (Pain) pour étoffer la première ligne de son offre logicielle PS3. On a aussi vu, il y a quelques jours, Atari annoncer l'arrivée prochaine de N, prix du public à l'Independent Games Festival de 2005, sur PSP et DS. Si les grands constructeurs et éditeurs vont désormais piocher chez les indépendants les idées que leurs grosses équipes, trop occupées à dépenser leurs millions de dollars de budget, ne peuvent pas imaginer, où va-t-on ? Vers un monde de jeu vidéo meilleur, probablement. A bon entendeur.
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01.07.2009
30.06.2009
29.06.2009
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