Déclarant vouloir "satisfaire les demandes des joueurs," Sony a annoncé hier le retour des vibrations dans la manette Playstation 3. Un coup finement joué par le constructeur qui fait de l'intégration de cette fonctionnalité pourtant standard un véritable évènement.
"C'est drôle comme, parfois, le retour d'une chose vous fait réaliser à quel point elle vous manquait." C'est ainsi que le journaliste Brian Crecente, du site Kotaku, a accueilli le DualShock 3, annoncé officiellement hier durant la conférence Sony du Tokyo Game Show après des mois de rumeurs. La manette, désormais vibrante, ressemble apparemment comme deux gouttes d'eau au Sixaxis (même les fonctionnalités de détection de mouvement sont incluses) – seul un discret logo DualShock apposé au devant du périphérique trahit la mise à jour attendue. Les premières impressions semblent bonnes : Kotaku comme Gamespot apprécient la "masse confortable" de l'accessoire désormais lesté du moteur nécessaire au retour de force, contrastant avec les sensations "de creux et de jouet" qui pouvaient caractériser le Sixaxis. Les vibrations offertes, elles, semblent d'intensité environ équivalente à celles du DualShock Playstation 2, Gamespot les trouvant néanmoins "légèrement plus faibles."

Oubliés, donc, les discours de Phil Harrison, président des studios de développement Sony, reléguant le retour de force au rang de "fonctionnalité d'ancienne génération." "Beaucoup de gens l'ont réclamée, et la voici," a résumé très simplement le même Harrison lors d'un entretien accordé hier à Gamespot Angleterre. Joueurs, Sony vous a compris ; ce fut d'ailleurs visiblement l'un des messages principaux du constructeur durant la conférence. "Pour nous, le point le plus important [dans notre stratégie future Playstation 3] est l'écoute des utilisateurs, car elle nous permettra de tenir compte de leurs désirs et de leurs opinions durant le processus de développement de nos produits, a déclaré Kaz Hirai, président de Sony Computer Entertainment. Sony continuera ses efforts en recherche et développement pour satisfaire les demandes des joueurs."

Car selon le constructeur, le retour du retour de force n'a pas été simple. Durant la conférence, Hirai a mentionné des "difficultés technologiques" finalement "surmontées." Harrison, lui, fournit un peu plus de détails. "Les deux fonctionnalités peuvent coexister grâce à des algorithmes très perfectionnés qui filtrent les effets de la détection de mouvement, un traitement qui a lieu à la fois à l'intérieur de la manette et via des libraires logicielles," explique-t-il. La technologie est actuellement démontrée au Tokyo Game Show sur une dizaine de titres, dont les futurs Devil May Cry 4 et Metal Gear Solid 4. Une soixantaine de jeux est cependant promise compatible selon une liste officielle fournie par Sony. Celle-ci inclut des noms tels que Resident Evil 5, Assassin's Creed, Haze, mais aussi Resistance : Fall of Man, Motorstorm ou le récent Heavenly Sword, puisque seule une simple mise à jour via le Playstation Network est apparemment nécessaire pour activer cette fonctionnalité dans des titres déjà disponibles.

Une bonne nouvelle pour les joueurs qui est également, si l'on en croit la quantité d'articles consacrés à l'annonce outre-Atlantique, l'une des informations majeures de ce début de Tokyo Game Show. Quelques questions restent cependant en suspens. Quel prix et quand (Sony annonce pour l'instant un vague "novembre 2007" pour le Japon, et un "printemps 2008" encore plus flou pour les Etats-Unis et l'Europe) ? Quel avenir pour le Sixaxis puisque le DualShock 3, équipé de détection de mouvement et de retour de force, le supplante totalement ? Ce dernier sera-t-il, à terme, inclus avec la console ? Pourquoi tant d'agitation autour d'une fonctionnalité désormais reconnue et acceptée comme étant un standard (la Playstation 2, la Xbox 360 et la Wii l'intègrent toutes), et dont on peut raisonnablement estimer qu'elle aurait pu (due ?) être présente dans la Playstation 3 dès le départ ? En cela, l'annonce d'hier semble s'imposer comme une réussite totale. Le constructeur ne revient pas sur ses positions ; il est à l'écoute des joueurs. Aucun rapport avec l'affaire Immersion (bien que personne ne soit dupe) puisqu'il ne s'agissait en fait que de difficultés techniques, visiblement surmontées par une équipe de cracks de l'électronique après de longs mois de travail. Mais si triomphe il y a, il est plutôt pour l'équipe communication de Sony : de ce que l'on peut librement considérer comme une faiblesse de conception, celle-ci a fait, un an et demi plus tard, un véritable évènement marketing.