Réagissant aux ventes modestes d'un titre pourtant attendu, EA et Crytek s'attaquent aux "idées reçues" : non, pas besoin d'une bête de course pour jouer à Crysis dans de bonnes conditions. Même si le PC capable de dompter le jeu en détails maximum n'existe pas encore.
Drôle d'email reçu lundi dans la boîte aux lettres d'Overgame. Deux mois après la sortie de Crysis en France et aux Etats-Unis, Crytek, le studio développeur du titre, offre via Electronic Arts ses recommandations hardware et explique s'être livré à "une petite expérience." Durant les fêtes, l'équipe s'est apparemment fixé l'objectif de monter une configuration PC entière capable de faire tourner le jeu en détails "haut" (l'option "très haut" étant réservée "aux machines équipées des toutes dernières technologies et aux futures" avertit Crytek) pour un budget d'environ 900 dollars, entre 700 et 750 euros en France pour le même matériel, précise Electronic Arts. Les suspects habituels défilent (processeur Intel double cœur, GeForce 8800GT 512 Mo, 2 giga-octets de mémoire vive…) et, vidéos à l'appui, le studio décrète Crysis tournant "sans problème" en 1280x720 sur une telle machine. Le développeur en conclut que le jeu n'est "pas si gourmand qu'on le croit" et que même si une "une mise à niveau abordable" est éventuellement nécessaire, "vous n'avez pas forcément besoin d'une bête de course" pour lancer Crysis.
Pas besoin non plus d'un traducteur pour comprendre le pourquoi de l'arrivée de ce communiqué. Même si beaucoup de critiques ont encensé le titre, PC Gamer le qualifiant par exemple de "merveille éclipsant tous les autres FPS sortis cette année," tous ont également attiré l'attention sur les exigences techniques de l'impressionnant moteur 3D. Gamespot doute que la machine capable de faire tourner le jeu en détails maximum existe. Firing Squad, de son côté, estime que les besoins en puissance de Crysis "empêcheront bon nombre de joueurs d'en profiter pleinement." Message apparemment reçu cinq sur cinq par les consommateurs puisque selon Next Generation, les ventes du jeu seraient "tombées à plat" en novembre dernier – mois de sa sortie – aux Etats-Unis. Selon des chiffres de l'institut NPD cités par le magazine, Crysis s'est vendu à moins de 90.000 exemplaires sur la période.
Pour Mathieu Pastéran, chef de produit Crysis pour la France, interrogé par Overgame, les ventes du jeu montrent pourtant une stabilité inhabituelle et inattendue post-fêtes, même s'il concède une certaine déception au moment de la sortie. "Vu les attentes et le niveau de buzz qu'il y avait sur ce titre, Electronic Arts et Crytek avaient des objectifs [de vente] vraiment très agressifs et très ambitieux, nous a-t-il confié. Il est vrai que le jeu est parti un tout petit peu en-dessous de ce qui était prévu." Avec cette nouvelle opération de communication, le responsable ne cache pas ses intentions : prouver que "même en rendu moyen et à une résolution de 800x600, Crysis reste, à notre sens, le plus beau jeu du moment sur PC." Et donc tenter de convaincre les indécis de passer à l'achat maintenant plutôt que dans six mois ou un an. Mais éditeur comme développeur doivent se battre contre un obstacle de taille : la perception que l'on ne profite à fond d'un jeu PC que lorsque celui-ci est réglé à un niveau de détail proche du maximum, nirvana ici quasi-inatteignable puisque Mathieu Pastéran confirme lui-même que l'une des machines les plus puissantes existantes, équipées de trois cartes nVidia en parallèle, ne peut encore rendre l'univers de Crysis à son plus sophistiqué dans une fluidité parfaite (60 images par seconde).
Le titre serait-il finalement trop en avance sur son temps ? Il est vrai que, d'après une interview récente, Crytek envisagerait d'ores et déjà la réalisation d'une trilogie, dont on peut logiquement imaginer qu'elle serait basée sur le même moteur 3D, ou au moins des rafraîchissements de celui-ci. Crysis dans son incarnation actuelle pourrait donc également être un investissement technologique à long terme. Mathieu Pastéran, lui, préfère parler d'une "super expérience" jouable dès aujourd'hui et qui se laissera redécouvrir au fur et à mesure des mises à jour matérielles et de la sortie de solutions graphiques toujours plus perfectionnées. Car l'histoire de Crysis est peut-être aussi celle de tout le jeu PC : une éternelle course au réalisme et à la puissance, aussi épuisante pour les consommateurs et leurs portefeuilles qu'inévitable. "On a beaucoup reproché à plein de jeux – par exemple Wing Commander à son époque – d'être en avance sur leur temps, se souvient le responsable. Je ne pense pas que les jeux de ce type soient en avance sur leur temps, je pense que c'est les jeux qui font avancer le temps, qui tirent le parc installé PC vers le haut et qui tirent les gens vers des machines plus puissantes et des configurations plus avancées. Est-ce que c'est vraiment être en avance sur son temps ? Non, c'est essayer d'anticiper, et je pense que dans six mois, quand vont sortir d'autres titres qui seront sans doute aussi très beaux et très gourmands, on ne parlera plus d'être en avance ou d'avoir raté le coche, on se souviendra que Crysis avait été le premier."
Pas besoin non plus d'un traducteur pour comprendre le pourquoi de l'arrivée de ce communiqué. Même si beaucoup de critiques ont encensé le titre, PC Gamer le qualifiant par exemple de "merveille éclipsant tous les autres FPS sortis cette année," tous ont également attiré l'attention sur les exigences techniques de l'impressionnant moteur 3D. Gamespot doute que la machine capable de faire tourner le jeu en détails maximum existe. Firing Squad, de son côté, estime que les besoins en puissance de Crysis "empêcheront bon nombre de joueurs d'en profiter pleinement." Message apparemment reçu cinq sur cinq par les consommateurs puisque selon Next Generation, les ventes du jeu seraient "tombées à plat" en novembre dernier – mois de sa sortie – aux Etats-Unis. Selon des chiffres de l'institut NPD cités par le magazine, Crysis s'est vendu à moins de 90.000 exemplaires sur la période.
Pour Mathieu Pastéran, chef de produit Crysis pour la France, interrogé par Overgame, les ventes du jeu montrent pourtant une stabilité inhabituelle et inattendue post-fêtes, même s'il concède une certaine déception au moment de la sortie. "Vu les attentes et le niveau de buzz qu'il y avait sur ce titre, Electronic Arts et Crytek avaient des objectifs [de vente] vraiment très agressifs et très ambitieux, nous a-t-il confié. Il est vrai que le jeu est parti un tout petit peu en-dessous de ce qui était prévu." Avec cette nouvelle opération de communication, le responsable ne cache pas ses intentions : prouver que "même en rendu moyen et à une résolution de 800x600, Crysis reste, à notre sens, le plus beau jeu du moment sur PC." Et donc tenter de convaincre les indécis de passer à l'achat maintenant plutôt que dans six mois ou un an. Mais éditeur comme développeur doivent se battre contre un obstacle de taille : la perception que l'on ne profite à fond d'un jeu PC que lorsque celui-ci est réglé à un niveau de détail proche du maximum, nirvana ici quasi-inatteignable puisque Mathieu Pastéran confirme lui-même que l'une des machines les plus puissantes existantes, équipées de trois cartes nVidia en parallèle, ne peut encore rendre l'univers de Crysis à son plus sophistiqué dans une fluidité parfaite (60 images par seconde).
Le titre serait-il finalement trop en avance sur son temps ? Il est vrai que, d'après une interview récente, Crytek envisagerait d'ores et déjà la réalisation d'une trilogie, dont on peut logiquement imaginer qu'elle serait basée sur le même moteur 3D, ou au moins des rafraîchissements de celui-ci. Crysis dans son incarnation actuelle pourrait donc également être un investissement technologique à long terme. Mathieu Pastéran, lui, préfère parler d'une "super expérience" jouable dès aujourd'hui et qui se laissera redécouvrir au fur et à mesure des mises à jour matérielles et de la sortie de solutions graphiques toujours plus perfectionnées. Car l'histoire de Crysis est peut-être aussi celle de tout le jeu PC : une éternelle course au réalisme et à la puissance, aussi épuisante pour les consommateurs et leurs portefeuilles qu'inévitable. "On a beaucoup reproché à plein de jeux – par exemple Wing Commander à son époque – d'être en avance sur leur temps, se souvient le responsable. Je ne pense pas que les jeux de ce type soient en avance sur leur temps, je pense que c'est les jeux qui font avancer le temps, qui tirent le parc installé PC vers le haut et qui tirent les gens vers des machines plus puissantes et des configurations plus avancées. Est-ce que c'est vraiment être en avance sur son temps ? Non, c'est essayer d'anticiper, et je pense que dans six mois, quand vont sortir d'autres titres qui seront sans doute aussi très beaux et très gourmands, on ne parlera plus d'être en avance ou d'avoir raté le coche, on se souviendra que Crysis avait été le premier."
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