Rappelez-vous, c'était il y a quelques jours. Tout le monde (revendeurs, presse, etc.) s'attendait à ce que le grand public comme les hardcore gamers dévorent les stocks américains de PSP en quelques heures. Quelle surprise, donc, de constater samedi dernier (soit plus de 48 heures après la sortie) que certains magasins disposaient encore d'une pile impressionnante de machines. En particulier, l'une des boutiques visitées mercredi (voir article : "PSP : premières heures à Denver"), et dans laquelle les consoles devaient disparaître "d'ici midi" selon un vendeur, exhibait une bonne quarantaine d'unités sur les étalages. Interrogé, l'un des responsables nous a confié que les files d'attentes de jeudi matin n'ont pas été "aussi longues que prévu". Il a également expliqué que Sony avait délibérément fourni un nombre important de consoles (270 unités rien que pour ce magasin) car la prochaine livraison n'était pas prévue avant Avril. Peut-être. Ce que l'on a pu constater de visu, en revanche, c'est que pas mal de personnes n'ont pas la moindre idée de ce qu'est ce drôle de bidule. Alors que Gameboy et Playstation sont passés dans le vocabulaire courant, PSP sent le jargon gadgetophile. A noter que la situation est différente chez les boutiques spécialisées jeu vidéo. Le Gamestop dans lequel nous nous sommes arrêtés avait ainsi épuisé tout son stock en pré commandes. Les joueurs semblent donc séduits, mais en ce qui concerne le grand public, Sony a encore à faire ses preuves.
Le magazine IGN se fait l'écho des mêmes sentiments, via une compilation de messages envoyés par des vendeurs situés un peu partout aux Etats-Unis. Ceux-ci confirment que les "non-hardcore gamers" accueillent la sortie de la PSP avec une relative indifférence et précisent que le prix (250$, soit 100$ de plus que la Nintendo DS et 150$ de plus qu'une GBA SP) suffit à calmer même les esprits les plus curieux. La situation est probablement différente selon les villes (stocks épuisés à Indianapolis, par exemple, alors qu'un grand magasin du c?ur de Chicago dispose encore d'une cinquantaine d'unités), mais l'impression générale reste tout de même celle d'une réception un peu tiède par rapport à la tornade annoncée.
Le Wal-Mart dans lequel nous avions acheté notre PSP avait également une bonne vingtaine de machines rangées derrière la vitre d'un étalage hier soir. Si nous sommes retournés dans ce magasin, cependant, c'est pour résoudre un problème qui commence à beaucoup faire parler de lui : les pixels morts. Pour résumer très grossièrement, un écran LCD (comme celui de la PSP et de la DS) peut être comparé à une gigantesque grille pleine d'ampoules. Parfois, certaines ampoules refusent de s'allumer ou restent allumées tout le temps, ce qui se traduit à l'écran par un petit point plus ou moins gênant. Le problème n'est pas nouveau ; tous les écrans plats LCD (comme les moniteurs PC par exemple) sont logés à la même enseigne. Or, la politique des constructeurs concernant ce sujet est très variable. L'argument numéro un est que le LCD est une technologie complexe et qu'il est difficile de s'assurer que toutes les diodes composant l'image fonctionnent. En conséquence, la plupart des fabricants de moniteurs s'accordent ainsi une marge de tolérance en dessous de laquelle les pixels morts ne sont pas un défaut mais un phénomène normal. Exemple : quatre diodes défectueuses et on vous remplace l'écran. Trois diodes défectueuses et vous devrez le garder. Cette politique fait, évidemment, grand débat : on peut estimer, à raison, qu'un défaut est un défaut, surtout lorsqu'il affecte directement la qualité d'image.
Combien de PSP sont affectées ? Officiellement, bien sûr, les chiffres n'existent pas, d'autant plus qu'il est encore bien trop tôt. Notre expérience, cependant, est troublante. La machine que nous avions achetée jeudi dernier affichait deux pixels morts dès le démarrage. Retour à Wal-Mart, donc ; le magasin honore une garantie satisfait ou remboursé de 45 jours. Nous demandons un échange standard et soumettons la seconde machine à un nouveau test. C'est mieux, il n'y a plus qu'un pixel mort (de trop). Une troisième boîte arrive et l'écran semble impeccable. Mais de retour à la tanière, loin des néons du méga supermarché, un unique point blanc lumineux vient narguer l'écran de chargement noir encre de Lumines. Bilan : trois PSP différentes et, à chaque fois, au moins un pixel défectueux. On croise actuellement les doigts pour la quatrième tentative, demain matin.
Pendant ce temps, Sony dédramatise. Une page du manuel réfère ainsi aux pixels morts en tant que "taches" et parle d'un "phénomène normal associé aux écrans LCD". La compagnie, interrogée par les magazines Gamespot et IGN, s'engage cependant à remplacer toute machine disposant de diodes défectueuses, à partir du moment où l'utilisateur considère le phénomène en question comme gênant. Problème : il faut renvoyer l'appareil à Sony, et à ses frais. Demander un échange à son revendeur, oui, mais cette petite ligne présente dans le manuel change tout. Sous couvert de "normalité", certains magasins refusent ainsi l'opération et renvoient les consommateurs chez Sony.
Car ce n'est pas un secret, le constructeur a déjà assez de mal à fournir une quantité suffisante de PSP (surtout au Japon). Si en plus tout le monde se met à rapporter sa machine pour une unique diode défectueuse... En cas de pixels morts, Sony conseille ainsi aux utilisateurs de tester la machine pendant "une semaine ou deux". Traduction : on aimerait bien que vous puissiez vous y faire. Et au fait, qu'est-il arrivé à la seconde machine que nous avions testée chez Wal-Mart ? Elle est retournée sur les étalages, comme si de rien n'était. Une vendeuse s'est étonnée, à juste titre, de voir revenir une machine défectueuse. Réponse de l'employé du SAV : "il ne s'agit que d'un ou deux pixels, il y a probablement des gens qui ne le remarqueront pas ou s'en ficheront". Si vous êtes plutôt du genre pointilleux, mieux vaut avoir l'?il.
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