Après le succès relativement inattendu de la console, certains éditeurs tiers mettent désormais les bouchées doubles pour traire la poule aux œufs d'or. Une belle victoire pour Nintendo, même si le marché du constructeur prend parfois des allures de chasse gardée.
La révolution date déjà d'une quinzaine de jours. Le 29 mars dernier, les actionnaires "dissidents" de l'éditeur Take Two, fatigués des magouilles et des scandales, évinçaient le PDG Paul Eibeler (même si celui-ci, on s'en apercevra plus tard, bénéficia d'un parachute plus que confortable) et installaient leur propre directoire. Hier, donc, première conférence post-coup d'Etat, présentation d'un plan de redressement en 100 jours, satisfait ou remboursé. Il y eut des promesses, des perspectives, des avertissements et des références à James Bond. Et quand tout fut dit, Strauss Zelnick, nouveau président-directeur général, eut cette phrase intéressante : "nous pensons que nous pouvons créer des jeux fantastiques pour les plateformes Nintendo, et cette relation avec le constructeur est extrêmement importante pour nous."
"Extrêmement important" est le mot puisque selon un article de Bloomberg paru lundi dernier, le monde de l'édition jeu vidéo serait désormais séparé en deux camps : ceux qui avaient vu venir la Wii, et ceux qui courent désormais après la tornade. Dans ceux qui étaient préparés, il y a Ubi Soft, avec des titres tels que Red Steel, Rayman : Raving Rabbids ou Splinter Cell : Double Agent. "C'est une plateforme viable qui va nous rapporter de l'argent," estime Tony Key, vice-président du marketing. A vrai dire, les vannes sont déjà ouvertes. Selon Bloomberg, le portfolio Wii a contribué à l'augmentation de 24% des ventes de l'éditeur durant le dernier trimestre 2006. De l'autre côté, on trouve des sociétés telles qu'Electronic Arts qui ont "sous-estimé la demande" pour la console, ne sortant qu'un nombre très conservateur de titres. Electronic Arts qui a vu son chiffre d'affaires baisser de 25% en février, alors que les chiffres globaux de l'industrie jeu vidéo étaient en hausse de 28%.
Selon l'article, tous ces éditeurs seraient actuellement en pleine séance de rattrapage, cherchant à capitaliser le plus rapidement possible sur un parc installé qui, si l'on en croit Nintendo, aurait atteint les six millions de machines livrées au 31 mars. Bloomberg cite en exemple le cas de cette équipe ayant "bouclé en huit mois" le portage du Parrain version Wii. Activision, de son côté, prévoit la sortie de six titres cette année sur la console. "Ces sociétés font marche arrière toute, estime un analyste. Elles vont devoir porter leurs meilleures franchises sur cette plateforme. Cela va bien leur prendre neuf à douze mois."
Une belle revanche, donc, pour un constructeur qui n'a pas été connu, avec la Gamecube, comme le tombeur des éditeurs tiers. Mais également le résultat d'une politique agressive menée par Reggie Fils-Aime, président et porte-parole bulldozer de Nintendo USA. "Franchement, nous sommes en contact tous les jours avec chaque éditeur, déclarait-il en septembre dernier. Je rencontre d'ailleurs les gens de Take Two tout à l'heure pour voir quel genre de support ils peuvent apporter à notre console... Le fait est que Wii proposera du contenu adulte. Electronic Arts a déjà annoncé développer le Parrain pour notre console. Et nous voulons que tous les best-sellers sans exception soient disponibles sur Wii. Quel que soit le thème du jeu." Pari tenu. Après avoir observé le lancement de très loin, Take Two, donc, aurait désormais trois jeux Wii en préparation, dont la suite du très violent Manhunt, véritable parpaing dans le line-up habituel Nintendo et signe immanquable d'un changement de climat. Seule nuage potentiel : les relations entre le public du constructeur et les éditeurs tiers. "Il y a là un challenge au niveau marketing, observait un journaliste de Newsweek lors d'une interview avec Fils-Aime. Parce que votre public, les gens qui achètent vos machines – et je n'essaie pas de les réduire à un stéréotype – mais leurs habitudes d'achat sont plutôt claires : ils achètent vos jeux. Pas tous vos jeux, mais ils achètent beaucoup de vos jeux, et comparativement beaucoup moins ceux des éditeurs tiers." Dans le classement américain des meilleures ventes de février, les trois premiers jeux Wii étaient estampillés Nintendo et il fallait descendre jusqu'à la treizième place toutes plateformes confondues pour trouver le premier titre venant d'un éditeur tiers (Sonic and the Secret Rings). Le classement DS, lui, était beaucoup plus simple : dix sur dix pour Nintendo.
[Image de une : Deadly Computer (inatteignable ) via 4colorrebellion]
"Extrêmement important" est le mot puisque selon un article de Bloomberg paru lundi dernier, le monde de l'édition jeu vidéo serait désormais séparé en deux camps : ceux qui avaient vu venir la Wii, et ceux qui courent désormais après la tornade. Dans ceux qui étaient préparés, il y a Ubi Soft, avec des titres tels que Red Steel, Rayman : Raving Rabbids ou Splinter Cell : Double Agent. "C'est une plateforme viable qui va nous rapporter de l'argent," estime Tony Key, vice-président du marketing. A vrai dire, les vannes sont déjà ouvertes. Selon Bloomberg, le portfolio Wii a contribué à l'augmentation de 24% des ventes de l'éditeur durant le dernier trimestre 2006. De l'autre côté, on trouve des sociétés telles qu'Electronic Arts qui ont "sous-estimé la demande" pour la console, ne sortant qu'un nombre très conservateur de titres. Electronic Arts qui a vu son chiffre d'affaires baisser de 25% en février, alors que les chiffres globaux de l'industrie jeu vidéo étaient en hausse de 28%.
Selon l'article, tous ces éditeurs seraient actuellement en pleine séance de rattrapage, cherchant à capitaliser le plus rapidement possible sur un parc installé qui, si l'on en croit Nintendo, aurait atteint les six millions de machines livrées au 31 mars. Bloomberg cite en exemple le cas de cette équipe ayant "bouclé en huit mois" le portage du Parrain version Wii. Activision, de son côté, prévoit la sortie de six titres cette année sur la console. "Ces sociétés font marche arrière toute, estime un analyste. Elles vont devoir porter leurs meilleures franchises sur cette plateforme. Cela va bien leur prendre neuf à douze mois."
Une belle revanche, donc, pour un constructeur qui n'a pas été connu, avec la Gamecube, comme le tombeur des éditeurs tiers. Mais également le résultat d'une politique agressive menée par Reggie Fils-Aime, président et porte-parole bulldozer de Nintendo USA. "Franchement, nous sommes en contact tous les jours avec chaque éditeur, déclarait-il en septembre dernier. Je rencontre d'ailleurs les gens de Take Two tout à l'heure pour voir quel genre de support ils peuvent apporter à notre console... Le fait est que Wii proposera du contenu adulte. Electronic Arts a déjà annoncé développer le Parrain pour notre console. Et nous voulons que tous les best-sellers sans exception soient disponibles sur Wii. Quel que soit le thème du jeu." Pari tenu. Après avoir observé le lancement de très loin, Take Two, donc, aurait désormais trois jeux Wii en préparation, dont la suite du très violent Manhunt, véritable parpaing dans le line-up habituel Nintendo et signe immanquable d'un changement de climat. Seule nuage potentiel : les relations entre le public du constructeur et les éditeurs tiers. "Il y a là un challenge au niveau marketing, observait un journaliste de Newsweek lors d'une interview avec Fils-Aime. Parce que votre public, les gens qui achètent vos machines – et je n'essaie pas de les réduire à un stéréotype – mais leurs habitudes d'achat sont plutôt claires : ils achètent vos jeux. Pas tous vos jeux, mais ils achètent beaucoup de vos jeux, et comparativement beaucoup moins ceux des éditeurs tiers." Dans le classement américain des meilleures ventes de février, les trois premiers jeux Wii étaient estampillés Nintendo et il fallait descendre jusqu'à la treizième place toutes plateformes confondues pour trouver le premier titre venant d'un éditeur tiers (Sonic and the Secret Rings). Le classement DS, lui, était beaucoup plus simple : dix sur dix pour Nintendo.
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