L'histoire, côté Playstation, se complique : la baisse de prix se transforme en bundle en Europe, Europe qui révèle la baisse américaine comme un habile tour de passe-passe. Filou, le constructeur, donc, mais au rendez-vous sur ce qui comptait le plus : les jeux.
C'est donc officiel : pas de baisse en Europe mais un "Starter Pack tant attendu" disponible dès le 13 juillet et qui inclura, au prix de 599 euros, la console, deux manettes sans fil et deux titres édités par Sony. Le communiqué précise que les jeux en question "pourront varier pour s'adapter aux préférences des fans de jeu de chaque pays" mais la France aura droit initialement à Resistance : Fall of Man et Motorstorm. Sony en profite également pour revendiquer plus de 1.2 millions de Playstation 3 vendues à ce jour dans les territoires européens.
Séchez les larmes : les Etats-Unis ne sont, finalement, pas beaucoup mieux lotis. Après l'annonce fracassante de lundi, David Reeves révèle les dessous d'un tour de passe-passe assez finaud. "Eh bien, il ne s'agit pas vraiment [d'une baisse de prix], a révélé le président de Sony Computer Europe dans une interview parue chez GamesIndustry, car ce que les américains vont offrir dès le 1er août prochain est [le modèle 80 Go] à 599 dollars avec un jeu. Tout ce qu'ils ont fait, c'est prendre leur stock actuel [de 60 Go], baisser son prix et tout sera parti d'ici la fin juillet." Traduction : le modèle 60 Go à 499 dollars est amené à disparaître aux Etats-Unis et, à terme, le ticket d'entrée Playstation 3 sur tous les territoires occidentaux reviendra au tarif désormais familier des 600 billets. L'abandon du modèle 60 Go aux USA a d'abord été démenti par Sony Etats-Unis, qui a qualifié les propos de Reeves "d'inexacts" avant d'indiquer disposer de "largement assez de stock pour répondre à la demande des consommateurs dans un futur proche." Mais Kaz Hirai, le président de Sony Computer Entertainment lui-même, confirmera effectivement dans une interview accordée à un site norvégien que le constructeur "a arrêté la production de cette version de la console [pour l'Amérique]." Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que l'on assiste à ce genre de tactique : le fameux modèle 20 Go, vendu lui aussi 499 dollars, s'était rapidement révélé quasi-introuvable avant d'être officiellement abandonné six mois après le lancement.
Et la PSP, dont on attendait qu'elle soit complètement transformée à l'occasion de la conférence de presse de l'E3 tenue mercredi dernier ? Là encore, beaucoup de bruit pour 33% de poids et 19% d'épaisseur en moins. Pas de caméra et encore moins d'écran tactile, un design quasi-inchangé : simplement une batterie plus costaud, des temps de chargements promis moins long, une croix directionnelle "incroyablement sensible" selon Kotaku, et, déjà beaucoup plus intéressant, une vraie sortie vidéo. On a souvent reproché à la PSP des titres en provenance souvent directe de la PS2 ou de la PSOne, et donc pas forcément adaptés aux règles pick up and play du jeu nomade, ainsi que des films vendus au prix d'un DVD classique mais inutilisables ailleurs que dans le petit appareil Sony. Grâce à cette nouvelle sortie vidéo, la console assume pleinement son statut à cheval entre la console de salon et la machine portable : difficile de savoir si cela suffira à remettre sur pied le cinéma version UMD mais désormais, films et jeux pourront être aussi bien être emmenés en balade que passés sur le grand écran du living-room, au calme. Une idée intéressante qui a quand même mis du temps à se concrétiser : le journal Variety en parlait déjà début 2006, lorsque les premières difficultés des films UMD avaient été discutées. La sortie est prévue en septembre partout dans le monde, à un prix encore indéterminé en France, nous a confirmé le constructeur. Plusieurs bundles et coloris sont annoncés pour les Etats-Unis au prix de 199 dollars, la console seule valant elle 169 dollars.
Cette conférence a été l'occasion pour Sony d'insister sur quelques points sensibles. Le sujet de la puissance, inévitable, est revenu de multiples fois sur le tapis via des interviews de développeurs jurant-crachant que leur dernier projet ne pourrait être réalisé que sur Playstation 3 (pour rééquilibrer le débat, Shane Kim, de Microsoft, avait lui affirmé mardi dernier que la Xbox 360 était "la console de jeu vidéo la plus puissante de la planète"). Tretton a déclaré que le constructeur faisait "beaucoup d'efforts", jusqu'à un "support personnalisé" si nécessaire, afin que les développeurs puissent tirer le meilleur parti de la machine. La précision est importante : la veille, Microsoft annonçait que certains jeux de sport d'Electronic Arts seraient plus fluides sur Xbox 360 que sur Playstation 3, l'éditeur expliquant la nécessité d'un "compromis." On a également abordé la question de l'augmentation du parc installé, alors que celui-ci continue à traîner derrière ceux de la Xbox 360 et de la Wii. Selon Jack Tretton, président de Sony Computer USA, la récente "baisse de prix" annoncée lundi aurait déjà résulté en une "multiplication par deux des ventes de PS3 chez les cinq revendeurs les plus importants." Le responsable espère ainsi, entre autres, accélérer "la migration de ces millions d'utilisateurs de Playstation 2 vers la nouvelle génération de jeu vidéo." Un objectif important au moment où la vénérable console continue à distancer largement la nouvelle ; encore plus de deux PS2 vendues pour une PS3 en mai dernier aux Etats-Unis.
Et pour cela, le constructeur a lui aussi mis cartes sur table de la meilleure manière possible : des jeux, des jeux et encore des jeux, même si la présentation, comparée à celle de Microsoft, a surtout souligné la complexité du business d'exclusivité désormais. Une longue bande-annonce a ainsi remis en avant le support des éditeurs partenaires en rappelant la sortie prochaine de titres "vendeurs" sur Playstation 3 – les mêmes que sur Xbox 360 : Call of Duty 4, Assassin's Creed, Kane & Lynch, Resident Evil 5, Madden 08, Guitar Hero III, Rock Band… Haze, dont des versions Xbox 360 et PC sont de manière quasi-certaine en préparation, sera jouable "exclusivement sur Playstation 3 pour les fêtes." Même chose pour Unreal Tournament III, un titre dont les versions là encore PC et Xbox 360 ont déjà été officiellement annoncées. NCSoft, le créateur de titres tels que Lineage, City of Heroes ou Guild Wars, s'est lui engagé au développement de titres onlines exclusifs pour la plateforme PS3, tout en précisant chez GamesIndustry que ces derniers apparaitront aussi "très probablement" sur PC. Et vingt-quatre heures seulement après avoir entendu Konami déclarer ne pas écarter la prise de "décisions" concernant l'exclusivité PS3 de Metal Gear Solid 4, le titre, dont la sortie est prévue début 2008 partout dans le monde, fait une apparition triomphante sur la scène Sony.
Cela fait donc longtemps que l'on sait que ce sont les productions internes, désormais, qui font la différence, et sur ce sujet, le constructeur dispose de très belles cartouches. L'inédit Infamous de Sucker Punch (la série Sly Cooper) a été dévoilé. On a revu entre autres l'intrigant Folklore de Game Republic, Gran Turismo 5 Prologue avec "mode online complet," Uncharted : Drake's Fortune, le prochain projet de Naughty Dog (Jak & Daxter, Crash Bandicoot), et Ratchet & Clank Future : Tools of Destruction. Mentions spéciales au très élégant Echochrome, une production destinée au Playstation Network et à la PSP rappelant les casse-têtes 3D de Crush, tout en trompe-l'œil Escheresques et en chausse-trappes, à LittleBigPlanet, toujours aussi frais et festif, et bien sûr à Killzone 2, qui a brillamment réussi à faire oublier la demi-supercherie de 2005 en offrant un spectacle temps réel d'une intensité rare.
Une conférence intéressante dans l'ensemble, donc, peut-être pas aussi spectaculaire et excitante qu'on aurait pu l'attendre mais qui a eu au moins le mérite de répondre de manière claire aux interrogations des joueurs : oui, les jeux arrivent, Home arrive, et il y a même un futur après les fêtes de Noël. Un message transmis, dans la continuité de l'ouverture du Playstation Blog, de manière humble et honnête – peut-être même trop sur la fin. Cette multiplication presque servile des "nous espérons que" et des "nous apprécions que" en conclusion, cette conscience avouée que la marque Playstation a "connu ses succès" mais que ceux-ci "n'apportent aucune garantie pour le futur", négatif parfait d'un discours tenu par le même Tretton il y a à peine cinq mois, sentent la supplique et l'échec. Du courage, que diable ! On en viendrait presque à regretter la douce folie de Kutaragi.
Séchez les larmes : les Etats-Unis ne sont, finalement, pas beaucoup mieux lotis. Après l'annonce fracassante de lundi, David Reeves révèle les dessous d'un tour de passe-passe assez finaud. "Eh bien, il ne s'agit pas vraiment [d'une baisse de prix], a révélé le président de Sony Computer Europe dans une interview parue chez GamesIndustry, car ce que les américains vont offrir dès le 1er août prochain est [le modèle 80 Go] à 599 dollars avec un jeu. Tout ce qu'ils ont fait, c'est prendre leur stock actuel [de 60 Go], baisser son prix et tout sera parti d'ici la fin juillet." Traduction : le modèle 60 Go à 499 dollars est amené à disparaître aux Etats-Unis et, à terme, le ticket d'entrée Playstation 3 sur tous les territoires occidentaux reviendra au tarif désormais familier des 600 billets. L'abandon du modèle 60 Go aux USA a d'abord été démenti par Sony Etats-Unis, qui a qualifié les propos de Reeves "d'inexacts" avant d'indiquer disposer de "largement assez de stock pour répondre à la demande des consommateurs dans un futur proche." Mais Kaz Hirai, le président de Sony Computer Entertainment lui-même, confirmera effectivement dans une interview accordée à un site norvégien que le constructeur "a arrêté la production de cette version de la console [pour l'Amérique]." Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que l'on assiste à ce genre de tactique : le fameux modèle 20 Go, vendu lui aussi 499 dollars, s'était rapidement révélé quasi-introuvable avant d'être officiellement abandonné six mois après le lancement.
Et la PSP, dont on attendait qu'elle soit complètement transformée à l'occasion de la conférence de presse de l'E3 tenue mercredi dernier ? Là encore, beaucoup de bruit pour 33% de poids et 19% d'épaisseur en moins. Pas de caméra et encore moins d'écran tactile, un design quasi-inchangé : simplement une batterie plus costaud, des temps de chargements promis moins long, une croix directionnelle "incroyablement sensible" selon Kotaku, et, déjà beaucoup plus intéressant, une vraie sortie vidéo. On a souvent reproché à la PSP des titres en provenance souvent directe de la PS2 ou de la PSOne, et donc pas forcément adaptés aux règles pick up and play du jeu nomade, ainsi que des films vendus au prix d'un DVD classique mais inutilisables ailleurs que dans le petit appareil Sony. Grâce à cette nouvelle sortie vidéo, la console assume pleinement son statut à cheval entre la console de salon et la machine portable : difficile de savoir si cela suffira à remettre sur pied le cinéma version UMD mais désormais, films et jeux pourront être aussi bien être emmenés en balade que passés sur le grand écran du living-room, au calme. Une idée intéressante qui a quand même mis du temps à se concrétiser : le journal Variety en parlait déjà début 2006, lorsque les premières difficultés des films UMD avaient été discutées. La sortie est prévue en septembre partout dans le monde, à un prix encore indéterminé en France, nous a confirmé le constructeur. Plusieurs bundles et coloris sont annoncés pour les Etats-Unis au prix de 199 dollars, la console seule valant elle 169 dollars.
Cette conférence a été l'occasion pour Sony d'insister sur quelques points sensibles. Le sujet de la puissance, inévitable, est revenu de multiples fois sur le tapis via des interviews de développeurs jurant-crachant que leur dernier projet ne pourrait être réalisé que sur Playstation 3 (pour rééquilibrer le débat, Shane Kim, de Microsoft, avait lui affirmé mardi dernier que la Xbox 360 était "la console de jeu vidéo la plus puissante de la planète"). Tretton a déclaré que le constructeur faisait "beaucoup d'efforts", jusqu'à un "support personnalisé" si nécessaire, afin que les développeurs puissent tirer le meilleur parti de la machine. La précision est importante : la veille, Microsoft annonçait que certains jeux de sport d'Electronic Arts seraient plus fluides sur Xbox 360 que sur Playstation 3, l'éditeur expliquant la nécessité d'un "compromis." On a également abordé la question de l'augmentation du parc installé, alors que celui-ci continue à traîner derrière ceux de la Xbox 360 et de la Wii. Selon Jack Tretton, président de Sony Computer USA, la récente "baisse de prix" annoncée lundi aurait déjà résulté en une "multiplication par deux des ventes de PS3 chez les cinq revendeurs les plus importants." Le responsable espère ainsi, entre autres, accélérer "la migration de ces millions d'utilisateurs de Playstation 2 vers la nouvelle génération de jeu vidéo." Un objectif important au moment où la vénérable console continue à distancer largement la nouvelle ; encore plus de deux PS2 vendues pour une PS3 en mai dernier aux Etats-Unis.
Et pour cela, le constructeur a lui aussi mis cartes sur table de la meilleure manière possible : des jeux, des jeux et encore des jeux, même si la présentation, comparée à celle de Microsoft, a surtout souligné la complexité du business d'exclusivité désormais. Une longue bande-annonce a ainsi remis en avant le support des éditeurs partenaires en rappelant la sortie prochaine de titres "vendeurs" sur Playstation 3 – les mêmes que sur Xbox 360 : Call of Duty 4, Assassin's Creed, Kane & Lynch, Resident Evil 5, Madden 08, Guitar Hero III, Rock Band… Haze, dont des versions Xbox 360 et PC sont de manière quasi-certaine en préparation, sera jouable "exclusivement sur Playstation 3 pour les fêtes." Même chose pour Unreal Tournament III, un titre dont les versions là encore PC et Xbox 360 ont déjà été officiellement annoncées. NCSoft, le créateur de titres tels que Lineage, City of Heroes ou Guild Wars, s'est lui engagé au développement de titres onlines exclusifs pour la plateforme PS3, tout en précisant chez GamesIndustry que ces derniers apparaitront aussi "très probablement" sur PC. Et vingt-quatre heures seulement après avoir entendu Konami déclarer ne pas écarter la prise de "décisions" concernant l'exclusivité PS3 de Metal Gear Solid 4, le titre, dont la sortie est prévue début 2008 partout dans le monde, fait une apparition triomphante sur la scène Sony.
Cela fait donc longtemps que l'on sait que ce sont les productions internes, désormais, qui font la différence, et sur ce sujet, le constructeur dispose de très belles cartouches. L'inédit Infamous de Sucker Punch (la série Sly Cooper) a été dévoilé. On a revu entre autres l'intrigant Folklore de Game Republic, Gran Turismo 5 Prologue avec "mode online complet," Uncharted : Drake's Fortune, le prochain projet de Naughty Dog (Jak & Daxter, Crash Bandicoot), et Ratchet & Clank Future : Tools of Destruction. Mentions spéciales au très élégant Echochrome, une production destinée au Playstation Network et à la PSP rappelant les casse-têtes 3D de Crush, tout en trompe-l'œil Escheresques et en chausse-trappes, à LittleBigPlanet, toujours aussi frais et festif, et bien sûr à Killzone 2, qui a brillamment réussi à faire oublier la demi-supercherie de 2005 en offrant un spectacle temps réel d'une intensité rare.
Une conférence intéressante dans l'ensemble, donc, peut-être pas aussi spectaculaire et excitante qu'on aurait pu l'attendre mais qui a eu au moins le mérite de répondre de manière claire aux interrogations des joueurs : oui, les jeux arrivent, Home arrive, et il y a même un futur après les fêtes de Noël. Un message transmis, dans la continuité de l'ouverture du Playstation Blog, de manière humble et honnête – peut-être même trop sur la fin. Cette multiplication presque servile des "nous espérons que" et des "nous apprécions que" en conclusion, cette conscience avouée que la marque Playstation a "connu ses succès" mais que ceux-ci "n'apportent aucune garantie pour le futur", négatif parfait d'un discours tenu par le même Tretton il y a à peine cinq mois, sentent la supplique et l'échec. Du courage, que diable ! On en viendrait presque à regretter la douce folie de Kutaragi.
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