Officialisée hier, la fusion Activision/Vivendi marque la création d'un super éditeur tiers aux ambitions débordantes. Et aux méthodes claires : profit maximum avant tout avec sacrifices à venir, même si quelques studios ont obtenu des traitements de faveur.
C'est donc désormais officiel : sept mois après l'annonce publique d'intentions, et deux jours après que les actionnaires d'Activision aient approuvé en masse (plus de 92% de votes positifs selon l'éditeur) la fusion avec la division jeu vidéo du géant français Vivendi, le mariage des deux a finalement été consommé hier. La nouvelle entité, désormais connue sous le nom "administratif" d'Activision Blizzard (les jaquettes des jeux devraient conserver les marques familières auxquelles les joueurs sont habitués), devient ainsi ce que certains analystes qualifient de déjà de "première société de jeu vidéo réellement globale," avec une présence en Europe et aux Etats-Unis, bien sûr, mais aussi, grâce à Blizzard, en Asie et tout particulièrement en Chine. La fusion crée également le nouveau premier éditeur tiers mondial en termes de poids financier pur : selon Variety, la valeur de la société sur le marché dépasserait les 20 milliards de dollars contre 14.4 milliards de dollars pour Electronic Arts, son plus proche concurrent. Et avec des franchises tels que Call of Duty, Guitar Hero, Starcraft, Diablo et bien sûr l'inévitable World of Warcraft dans son portfolio, nombreux sont ceux qui voient dans Activision Blizzard un potentiel de croissance financière phénoménal, atteignant des marges de 30% là où la plupart des autres éditeurs doivent se contenter d'une moyenne située entre 10 et 20%.
Activision Blizzard est donc un very big deal, et depuis l'officialisation hier de la fusion, Robert Kotick, ex-président d'Activision et président-directeur général de la nouvelle société, ne cache plus ses ambitions débordantes. "Nous sommes décidés à voir grand !" déclarait hier René Pénisson, membre du conseil d'administration et haut-responsable Vivendi, dans un communiqué de presse. Tellement grand, en fait, que l'éditeur voit désormais beaucoup plus loin que le simple jeu vidéo. "Nous avons nos propres problèmes qui ne sont pas les problèmes de l'industrie," déclarait ainsi Kotick hier chez le blog Variety, expliquant le divorce de mai dernier d'avec l'E.S.A., l'organisme américain officiel chargé de défendre les intérêts des producteurs de jeu vidéo. Le PDG confirme d'ailleurs qu'Activision Blizzard disposera bientôt de son propre représentant auprès du gouvernement. Et ce n'est pas tout. Chez Reuters, Kotick confie envisager la création d'un iTunes-like connectant à la fois la série de jeux Guitar Hero et le catalogue du leader Universal Music, propriété de Vivendi. Car plus qu'à celle d'Electronic Arts, c'est à la concurrence de grands groupes média que le PDG se voit désormais faire face. Celle de Viacom, par exemple, propriétaire du network MTV, lui-même éditeur du jeu Rock Band qui offre, chaque semaine, de nouveaux morceaux supplémentaires à télécharger, un domaine sur lequel Activision, avec Guitar Hero III, a pris un retard évident. Ce sont cependant Disney et ses franchises Pixar ainsi que Time Warner, lequel dispose de sa propre division interactive en plus d'avoir investi plusieurs fois au sein de SCi/Eidos, qui sont considérés comme les vrais concurrents en puissance selon Kotick.
Et pour mettre toutes les chances de son côté pour les batailles à venir, Activision Blizzard se prépare à des sacrifices. Certains des projets actuels et des studios appartenant à l'éditeur Sierra devraient ainsi être vendus à d'autres ou tout simplement démantelés, affirme avec "certitude" le blog jeu vidéo de Variety. Parmi les propriétés de Sierra, on compte entre autres les studios Massive (Ground Control, World in Conflict) et Radical (Crash of the Titans, Scarface, au travail sur le futur Prototype), ainsi que des titres tels que Brutal Legend, le prochain jeu de Tim Schafer (Psychonauts), 50 Cent : Blood in the Sand et les licences des films Ghostbusters et Bourne (série des "… dans la peau"). "Nous avons une très bonne idée des produits capables de générer les profits que nous recherchons, a déclaré Bobby Kotick au magazine. Ceux qui ont le potentiel de faire les plus grosses marges, ceux qui peuvent être facilement déclinés en suites, ceux qui pourraient séduire un public global… Si des projets ou des studios ne satisfont pas ces exigences […], il est probable que nous ne les gardions pas." Au milieu de tous ces discours déprimants de profitabilité à tout prix, une bonne nouvelle cependant. A l'instar de ce qui s'était passé en octobre dernier lorsque Microsoft avait lâché la bride de Bungie, Infinity Ward (créateur de la super-populaire série Call of Duty) a pu renégocier son contrat avec Activision. Même si le studio reste la propriété de l'éditeur, à l'inverse du cas Bungie, celui-ci se voit désormais offrir une certaine liberté (se rapprochant en cela de Blizzard), la possibilité de créer une toute nouvelle franchise sur laquelle il aura "contrôle total." Quelques grammes de finesse dans un monde de (revenus) bruts ?
[Image de une : Tauren 100% pur bœuf dans World of Warcraft]
Activision Blizzard est donc un very big deal, et depuis l'officialisation hier de la fusion, Robert Kotick, ex-président d'Activision et président-directeur général de la nouvelle société, ne cache plus ses ambitions débordantes. "Nous sommes décidés à voir grand !" déclarait hier René Pénisson, membre du conseil d'administration et haut-responsable Vivendi, dans un communiqué de presse. Tellement grand, en fait, que l'éditeur voit désormais beaucoup plus loin que le simple jeu vidéo. "Nous avons nos propres problèmes qui ne sont pas les problèmes de l'industrie," déclarait ainsi Kotick hier chez le blog Variety, expliquant le divorce de mai dernier d'avec l'E.S.A., l'organisme américain officiel chargé de défendre les intérêts des producteurs de jeu vidéo. Le PDG confirme d'ailleurs qu'Activision Blizzard disposera bientôt de son propre représentant auprès du gouvernement. Et ce n'est pas tout. Chez Reuters, Kotick confie envisager la création d'un iTunes-like connectant à la fois la série de jeux Guitar Hero et le catalogue du leader Universal Music, propriété de Vivendi. Car plus qu'à celle d'Electronic Arts, c'est à la concurrence de grands groupes média que le PDG se voit désormais faire face. Celle de Viacom, par exemple, propriétaire du network MTV, lui-même éditeur du jeu Rock Band qui offre, chaque semaine, de nouveaux morceaux supplémentaires à télécharger, un domaine sur lequel Activision, avec Guitar Hero III, a pris un retard évident. Ce sont cependant Disney et ses franchises Pixar ainsi que Time Warner, lequel dispose de sa propre division interactive en plus d'avoir investi plusieurs fois au sein de SCi/Eidos, qui sont considérés comme les vrais concurrents en puissance selon Kotick.
Et pour mettre toutes les chances de son côté pour les batailles à venir, Activision Blizzard se prépare à des sacrifices. Certains des projets actuels et des studios appartenant à l'éditeur Sierra devraient ainsi être vendus à d'autres ou tout simplement démantelés, affirme avec "certitude" le blog jeu vidéo de Variety. Parmi les propriétés de Sierra, on compte entre autres les studios Massive (Ground Control, World in Conflict) et Radical (Crash of the Titans, Scarface, au travail sur le futur Prototype), ainsi que des titres tels que Brutal Legend, le prochain jeu de Tim Schafer (Psychonauts), 50 Cent : Blood in the Sand et les licences des films Ghostbusters et Bourne (série des "… dans la peau"). "Nous avons une très bonne idée des produits capables de générer les profits que nous recherchons, a déclaré Bobby Kotick au magazine. Ceux qui ont le potentiel de faire les plus grosses marges, ceux qui peuvent être facilement déclinés en suites, ceux qui pourraient séduire un public global… Si des projets ou des studios ne satisfont pas ces exigences […], il est probable que nous ne les gardions pas." Au milieu de tous ces discours déprimants de profitabilité à tout prix, une bonne nouvelle cependant. A l'instar de ce qui s'était passé en octobre dernier lorsque Microsoft avait lâché la bride de Bungie, Infinity Ward (créateur de la super-populaire série Call of Duty) a pu renégocier son contrat avec Activision. Même si le studio reste la propriété de l'éditeur, à l'inverse du cas Bungie, celui-ci se voit désormais offrir une certaine liberté (se rapprochant en cela de Blizzard), la possibilité de créer une toute nouvelle franchise sur laquelle il aura "contrôle total." Quelques grammes de finesse dans un monde de (revenus) bruts ?
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