Alors que le genre n'a jamais été aussi populaire, un développeur indé invente un moyen inédit d'interagir avec la musique – sa propre musique, pour changer. Un voyage génial entre F-Zero et Klax, course futuriste et puzzle game, à la redécouverte de ses CDs et MP3.
C'est entendu, les jeux musicaux ont la cote : succès de Guitar Hero, arrivée en fanfare de Rock Band, Everyday Shooter, chouchou indé sur le Playstation Network, et ressortie glorieuse en haute définition du culte Rez, dont on commence réellement à mesurer l'influence sur toute une nouvelle génération de créateurs de jeux vidéo. Dylan Fitterer, freelancer du web et game designer amateur à ses heures perdues, fait partie de cette génération. "La manière dont Rez fusionnait musique et gameplay en un tout homogène m'avait complètement sidéré, racontait-t-il dans une interview accordée à Gamasutra il y a quelques semaines. J'adorais Rez et je me disais que ça serait génial de jouer à quelque chose comme ça mais sur mes propres morceaux." Car voilà : alors que tout le monde promet, via le jeu vidéo, une nouvelle manière d'apprécier la musique, la musique est toujours choisie pour vous, plus ou moins stratégiquement selon des critères de popularité, de droits de licence ou, encore le moins pire, de goût.
Arrive donc… Orchestrated Assault d'abord, FPS se métamorphosant au rythme des MP3 joués par l'utilisateur et première tentative de Fitterer de marier gameplay et visualiseur musical, un type d'applications qui le "fascine." Un peu plus tard, aux alentours de 2004, c'est Tune Racer, un prototype réalisé en sept jours et sur la base duquel le designer se décidera à continuer à travailler – pendant quatre ans. "Tune Racer a connu de multiples variations (et noms) durant tout ce temps, explique-t-il. Il a par exemple été question de tirer sur des ennemis ou de conduire à travers une forêt à la vitesse de votre musique. Finalement, j'ai eu l'idée de pré-calculer à partir du morceau de l'utilisateur et de renommer le jeu en Audiosurf."
Si le concept peut rappeler celui de Vib Ribbon, titre-culte de l'ère Playstation réalisé par le créateur de Parappa the Rapper, Audiosurf ressemble en fait à un mélange de F-Zero et de Klax, un jeu de course futuriste qui se serait carambolé avec un puzzle game et dont le circuit est entièrement généré par la musique. Suivant les caractéristiques du morceau choisi, rythmé ou plus calme, le programme crée des montagnes russes bondissantes ou des longues lignes droites, puis peuple le tout de bloc colorés, lesquels peuvent être ramassés par l'engin piloté par le joueur. Plusieurs niveaux de difficulté et règles de gameplay viennent se greffer autour cette idée de base : ramasser plusieurs blocs de la même couleur, slalomer entre les blocs gris, effacer certains blocs d'un clic de souris, etc.
Il y a donc plusieurs manières de jouer à Audiosurf : relax ou frénétique, cérébral ou instinctif… L'aspect le plus fascinant du titre est cependant sa capacité à transformer n'importe quel fichier musique (le programme supporte CD, MP3, WMA, Ogg, FLAC et le m4a d'iTunes) en une expérience ludique inédite. En cela, le jeu devient très vite de passer ses morceaux préférés à la moulinette, d'observer les résultats et d'isoler ses favoris : les beats syncopés de Squarepusher ou de Venetian Snares, créant accélérations et ralentissements brusques, l'hystérie techno de Vitalic, l'hypnotique montée en intensité du Transexual de Mr. Oizo… Très vite, la vraie nature du titre se révèle. On lance Audiosurf non pas pour jouer ou pour écouter ses morceaux favoris, mais bien pour faire les deux ; une nouvelle manière d'apprécier la musique, en somme – et une alchimie d'autant plus précieuse qu'elle est unique. "Ce dont je suis le plus fier est la manière dont les règles du jeu de couleurs améliorent le visualiseur, confie Fitterer. Transformer les joueurs en participants actifs de la visualisation concentre leur attention sur les changements du morceau et les immerge plus profondément dans la musique. Parce que c'est un jeu, c'est un meilleur visualiseur, et parce que c'est un visualiseur, c'est un meilleur jeu."
Audiosurf est disponible depuis aujourd'hui sur PC, via la plateforme de téléchargement Steam.
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Arrive donc… Orchestrated Assault d'abord, FPS se métamorphosant au rythme des MP3 joués par l'utilisateur et première tentative de Fitterer de marier gameplay et visualiseur musical, un type d'applications qui le "fascine." Un peu plus tard, aux alentours de 2004, c'est Tune Racer, un prototype réalisé en sept jours et sur la base duquel le designer se décidera à continuer à travailler – pendant quatre ans. "Tune Racer a connu de multiples variations (et noms) durant tout ce temps, explique-t-il. Il a par exemple été question de tirer sur des ennemis ou de conduire à travers une forêt à la vitesse de votre musique. Finalement, j'ai eu l'idée de pré-calculer à partir du morceau de l'utilisateur et de renommer le jeu en Audiosurf."
Si le concept peut rappeler celui de Vib Ribbon, titre-culte de l'ère Playstation réalisé par le créateur de Parappa the Rapper, Audiosurf ressemble en fait à un mélange de F-Zero et de Klax, un jeu de course futuriste qui se serait carambolé avec un puzzle game et dont le circuit est entièrement généré par la musique. Suivant les caractéristiques du morceau choisi, rythmé ou plus calme, le programme crée des montagnes russes bondissantes ou des longues lignes droites, puis peuple le tout de bloc colorés, lesquels peuvent être ramassés par l'engin piloté par le joueur. Plusieurs niveaux de difficulté et règles de gameplay viennent se greffer autour cette idée de base : ramasser plusieurs blocs de la même couleur, slalomer entre les blocs gris, effacer certains blocs d'un clic de souris, etc.
Il y a donc plusieurs manières de jouer à Audiosurf : relax ou frénétique, cérébral ou instinctif… L'aspect le plus fascinant du titre est cependant sa capacité à transformer n'importe quel fichier musique (le programme supporte CD, MP3, WMA, Ogg, FLAC et le m4a d'iTunes) en une expérience ludique inédite. En cela, le jeu devient très vite de passer ses morceaux préférés à la moulinette, d'observer les résultats et d'isoler ses favoris : les beats syncopés de Squarepusher ou de Venetian Snares, créant accélérations et ralentissements brusques, l'hystérie techno de Vitalic, l'hypnotique montée en intensité du Transexual de Mr. Oizo… Très vite, la vraie nature du titre se révèle. On lance Audiosurf non pas pour jouer ou pour écouter ses morceaux favoris, mais bien pour faire les deux ; une nouvelle manière d'apprécier la musique, en somme – et une alchimie d'autant plus précieuse qu'elle est unique. "Ce dont je suis le plus fier est la manière dont les règles du jeu de couleurs améliorent le visualiseur, confie Fitterer. Transformer les joueurs en participants actifs de la visualisation concentre leur attention sur les changements du morceau et les immerge plus profondément dans la musique. Parce que c'est un jeu, c'est un meilleur visualiseur, et parce que c'est un visualiseur, c'est un meilleur jeu."
Audiosurf est disponible depuis aujourd'hui sur PC, via la plateforme de téléchargement Steam.
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