L'affaire qui oppose Ubisoft et cinq de ses anciens employés partis travailler chez d’Electronic Arts connait une évolution, avec de nouvelles déclarations du vice-président de la communication d’entreprise chez Electronic Arts.
Rappelons qu’Ubisoft attaque en justice cinq de ses anciens employés de ses studios de Montréal, issus de l’équipe responsable de Splinter Cell, parti travailler dans les nouveaux studios d’Electronic Arts à Montréal. Ubisoft les accuse de ne pas avoir respecté la clause de non-concurrence inscrite dans leur contrat de travail, qui leur interdit de travailler dans l’industrie du jeu vidéo sur le territoire Nord-américain pour une période de un an après avoir quitté la société.
Le 10 octobre, Ubisoft annonçait que la Cour d’appel du Québec lui avait rendu un premier jugement favorable ; les cinq anciens employés d’Ubisoft sont interdits de travailler dans les nouveaux studios d’Electronic Arts de Montréal jusqu’à ce que la justice canadienne rende son verdict définitif.
Le magazine américain GameSpot s’est entretenu avec Jeff Brown, le vice-président de la communication d’entreprise chez Electronic Arts, au sujet de cette affaire. Il estime que la communication d’Ubisoft n’est pas honnête. ‘’Contrairement, à ce que raconte Ubisoft à la presse et à ses employés, les clauses de non concurrence ne sont standards ni dans l’industrie du jeu video, ni au Canada’’ confie-t-il au magazine américain. ‘’Electronic Arts a plus de 1000 personnes dans ses studios de British Columbia’’ ajoute-il, ‘’aucun d’entre eux n’a une clause de non concurrence dans leur contrat de travail’’.
Jeff Brown réfute par ailleurs les arguments d'Ubisoft, qui justifie sa démarche judiciaire par son souci de protéger ses propriétés intellectuelles. ‘’Ce n’est pas de la protection de propriété intellectuelle. Ubisoft tente de punir ses employés qui souhaitent poursuivre leur carrière en dehors de la société’’.
Après avoir comparé, dans sa précédente intervention médiatique, les pratiques d’Ubisoft à celles de plantations de coton du début du siècle (‘’les travailleurs qui osent s’échapper de la plantation Ubisoft seront pourchassés par les avocats et éjecté de l’industrie’’), Jeff Brown, décidément adepte des métaphores virulentes, conclu son entretien avec le magazine américain avec la question suivante : ‘’Que se serait-il passé en 1920 si un studio de cinéma avait pris les subventions(*) de l’état de Californie pour attaquer en justice tous les autres qui essayaient de faire des films ?’’.
Le jugement définitf sera rendu le 25 octobre par la Cour de justice du Québec.
(*) Jeff Brown fait référence aux subventions que reçoivent les entreprises qui s’implantent à Montréal, versées par le Montréal International, un organisme privé financé par le secteur privé, la Communauté métropolitaine de Montréal, la ville de Montréal et les gouvernements du Québec et du Canada.
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