Par Rédaction le 27.05.1999
Quand LucasArts et Totally Games s’associent à nouveau pour faire un jeu, on sait à quoi s’attendre… Avec X-Wing (1993), Tie Fighter (1994), X-Wing versus Tie Fighter (1997), il faut dire que Totally Games a une solide expérience en matière de simulation d’aéronefs ! Néanmoins le dernier opus de la série Star Wars n’avait pas comblé les fans à cause des bugs et du manque de grands changements par rapport aux épisodes précédents.

Voici donc le contexte dans lequel LucasArts nous offre X-Wing Alliance, annoncé comme le dernier-né et dernier à naître de la longue série de simulateurs inspirée de la deuxième trilogie de Lucas. L’offensive Star Wars avait débuté en cette année 99 avec Rogue Squadron et à part Force Commander, nous n’attendions pas grand chose de X-Wing Alliance qui s’annonçait comme un clone des précédents X-Wings et sans grande innovation visible lors de la preview.

P200
64Mo de RAM
Joystick (ou Joypad) obligatoire
Carte 3D vivement conseillée

Quand un empire en rencontre un autre …en réseau. Le jeu online se fera par l’intermédiaire de la Gaming Zone. L’ambiance y est sympathique, des clans recrutent, des défis s’annoncent. Il y a même une salle pour les Européens, histoire de jouer avec un bon ping entre pilotes du vieux continent. Les affrontements sont titanesques et les chasses entre pilotes humains vraiment intéressantes. Notez qu’il est possible d’ajouter des ailiers ou des ennemis avec une intelligence artificielle largement à la hauteur des meilleurs pilotes du monde. Le seul problème, c’est que si l’on ajoute trop de chasseurs, entre la machine qui rame et le lag, la partie est injouable… On regrettera également de ne pouvoir utiliser la tourelle du Faucon Millénium en multijoueur.

C’est donc sans grande conviction que j’ai lancé le jeu… Et là, surprise ! Après un logo de la compagnie bousculé par une chasse d’un X-Wing voulant abattre un Tie Fighter, on est directement projeté dans l’univers magique de la trilogie par une superbe cinématique digne de la bande annonce d’un film. Cette fois-ci pas question d’Alliance ou d’Empire dès le départ, vous êtes Ace Azzameen, fils d’un commerçant neutre. C’est dans une lutte sans merci avec vos rivaux que l’on découvre la trame de l’histoire aux multiples rebondissements. On aurait presque pu en faire un nouveau film ! L’histoire s’inscrit néanmoins dans la deuxième trilogie entre la bataille sur la planète Hoth et se finira par la destruction de la seconde étoile noire de Endor (vous savez avec les Ewoks ! ). Vous n’avez jamais rêvé de la pulvériser vous-même ? On a donc enfin une véritable histoire, un peu linéaire bien sûr, car votre comportement n’influera jamais sur le cours de l’histoire : vous finirez, comme de bien entendu, dans la Rébellion. On aurait d’ailleurs apprécié pouvoir jouer au sein de l’Empire. Mais heureusement le scénario demeure réellement captivant, et l’on rage de buter sur une mission tellement l’on veut connaître la suite ! Leader Or : " Transport Yuta, ici le commandant Skylwalker, coupez immédiatement vos moteurs ou nous les couperons pour vous ! " Les développeurs ne se sont pas contenté d'un bon scénario : les musiques sont également somptueuses et les voix françaises de très bonnes factures. Mieux encore, on nous immerge au cœur des missions dans le monde des étoiles avec des dialogues qui vous font régulièrement sourire. Entre MK, le copilote robot qui se prend pour un tireur d’élite, votre sœur qui ne sait même pas qui est Skywalker et votre frère qui envoie un "c’est ça abruti ! " aux injonctions des forces de l’Empire à la reddition, c’est un véritable feu d’artifice de dialogues vraiment surprenants. Des clichés, comme les voix à consonance germanique des troupes chargés des armes expérimentales de l’Empire, sont d’ailleurs un véritable clin d’œil à "Secret Weapons of the Luftwaffe", un autre produit Lucas-Totally Games (puisque l’on apprend dans notre périple que l’Empire expérimente des chasseurs autoguidés !). L’immersion ne s’arrête pas là. Un système d’email dans votre cabine vous permet d’en apprendre plus sur ce qui se passe ou tout simplement vous annonce que votre frère vous a trouvé une petite amie, (J’ai toujours rêvé d’avoir un frère, je sais maintenant pourquoi…) et vous volez sous les ordres d’un certain Skywalker. Il ne manque plus que Han Solo et le wookie Chewbacca ! Pour compléter le tout, une scène cinématique de fin pour chaque épisode de la campagne vous assurera le spectacle. Amiral Akbar : " Votre mission, Orion, est de découvrir ce que l’Empire Lucas Arts a bien pu conserver de notre bon vieux X-Wing " Ce qui nous avait trompés lors de la preview, c’est la similitude troublante des menus entre les différents épisodes de la tétralogie. Et oui, les graphistes se sont concentrés sur les nouveautés et ont donc (malheureusement ?) gardé ce qui était fonctionnel dans les anciennes versions. Nous retrouvons donc nos bons vieux hologrammes de présentation de mission ainsi que la salle du simulateur qui n’ont pas changé d’un pixel. L’entraînement est toujours présent avec le célèbre passage dans les anneaux, mais les développeurs ont jugé bon de rajouter un minuscule laser qui vous mitraille si vous n’avez pas réussi à le détruire avant de passer dans l’anneau ! Ce mode qui était amusant dans les épisodes précédents devient franchement frustrant dans ce volet quand on voit les temps des High Scores préenregistrés qui sont à une ou deux minutes des vôtres. Il faut d’ailleurs signaler un bug à ce niveau du jeu. Non seulement les missions d’entraînement se terminent irrémédiablement par la mention "échec de la mission" même en étant premier, et en plus les scores n’y sont pas sauvegardés ! Il n’y a donc aucun intérêt à s’attarder dans cette partie du soft. Le mode simulateur, qui permet de rejouer les missions accomplies, est toujours présent et vous aide à comprendre le pourquoi et le comment d’une mission et ce, avec n’importe quels chasseurs de l'Alliance. Pendant la Campagne, en revanche, vous n’avez ni le choix de l’appareil, ni le choix de l’armement. Ce qui peut paraître impensable devient alors obligatoire. Comme, par exemple, d’aller faire un vol de reconnaissance face à une armada de Star Destroyer avec un Y-Wing poussif qui est le vaisseau le plus lent du jeu. Dans ce cas là, ne jouez pas les héros : la configuration des boucliers et lasers devient alors indispensable. Dans une de ces missions de reconnaissance par exemple, il faut dériver l'énergie des lasers vers les moteurs pour les accélérer, car à un contre dix, c’est du suicide d’engager le combat et il vaut mieux fuir vite.. Extrait de Briefing "Vous allez tenter de détruire les générateurs de l’Etoile Noire à bord du Transport Corrélien modifié Faucon Millénium…" On peut toujours créer plusieurs pilotes pour que chacun accède à sa propre Campagne avec ses statistiques de pilotage. Des statistiques d’ailleurs impressionnantes car elles gardent en mémoire chacun des chasseurs de chaque type que vous avez réussi à abattre. Idem pour les assistances que vous portez à vos ailiers (indiquées entre parenthèses). Comme tout vieux pilote qui se respecte, vous pourrez désormais collectionner divers trophées lors de vos sorties victorieuses. Du débris de votre premier Tie abattu, à vos armoiries personnelles, tout est prévu pour égayer votre cabine, dommage que ces trophées manquent singulièrement d’animation. Votre sœur, par exemple, vous offre un droïde sonde qui est censé pouvoir danser et chanter la mélodie "Les yeux de Dark Vador"… Super ce détail, mais comme il ne bouge pas, impossible de vérifier ! Du côté des aéronefs classiques, pas de gros changements par rapport aux modèles de vol de la tétralogie mis à part l’introduction d’un nouveau venu… Et oui grâce à l’appel unanime des fans, vous allez enfin avoir la possibilité de piloter le célèbre transport corélien modifié Faucon Millénium. Mais ce n’est pas tout ! Vous vous rappelez la première fois que l’on a vu Luke Skywalker abattre un Tie dans la tourelle de tir ? Et bien vous, Ace Azzameen, vous allez avoir la possibilité à votre tour de passer dans la tourelle pendant que MK, le robot, pilotera le Faucon pour traquer vos ennemis. Oncle Antan : " C’est des bobards de Jawa ça, et tu le sais bien ! " Néanmoins le petit dernier de la série des X-Wings est loin d’atteindre la perfection qui l’aurait hissé au titre honorifique de Hit. Pour la Campagne, vous allez profiter pleinement des 125 touches au travers des différents épisodes qui la compose… et je vous conseille vivement l’utilisation d’un gamepad car le manche à balai classique ne dispose pas d’assez de touches pour que vous soyez libre pendant le jeu. La difficulté du jeu est très mal dosée et malgré un tutorial intéressant en début de campagne, vous allez vite déchanter face à des missions très difficiles voir infaisables. (Notez que j’ai passé 5 missions pour finir la campagne). De mauvais ajustements, comme des zones de déflagration mal définies où tout explose y compris l'objectif, rendent impossible l’exécution de la mission. Quand ce n’est pas une I.A. absurde qui conduit un ailier vital à jouer au héros alors qu’il n’a plus de boucliers pour se défendre. Des ailiers d’ailleurs assez stupides dans l'ensemble qui font bêtement tout ce que vous leur dites jusqu'au bug de certaines instructions qui ne marchent pas du tout. Mon dieu que c’est beau, vivement mon PII 350 Mhz pour qu’il tourne correctement ! Le moteur graphique qui est à la hauteur des espérances et qui rend enfin hommage à l'univers Star Wars est hélas très gourmand. L’installation complète (275Mo) semble véritablement nécessaire (on pourra d’ailleurs lancer un carton rouge aux programmeurs qui l’ont joué facile en modélisant l’étoile noire en Bitmap). La solution semble se profiler sous la forme d’un Pentium II 350Mhz avec 128 Mo de Ram et une carte 3D blindée en VRam pour ne souffrir d’aucun ralentissement durant l’action. Un point positif est l’introduction d’une configuration graphique uniquement pour le multijoueur. Celle-ci est bénéfique car elle permet de ne pas avoir à changer les modes de résolution entre la Campagne individuelle et le jeu à plusieurs. Donc fini les ralentissements machine à subir en cours de partie sur le net. Sinon, l’un des défauts majeurs du jeu réside peut-être dans le fait qu’on trouve des femmes pilotes… Du calme, du calme, je plaisante évidemment. Je trouve ça très bien en réalité, et à ma connaissance c’est bien la première fois qu’on voit des femmes pilotes dans un jeu ! Ah si Lady Blue (élue plus belle femme sur le "CRS Défiance") n’avait pas été descendue par un Tie lors d’une mission de reconnaissance, je serais dans ses bras à l’heure actuelle… Snif, snif !

Malgré les défauts cités le jeu est une réussite, et les fans seront sûrement comblés. Les quelques bugs observés ne sont pas majeurs, et de toutes façons des patchs commencent à apparaître sur le site de LucasArts mais ceux-ci ne supportent pas encore les versions françaises. LucasArts et Totally Games ont réussi à tirer de bonnes leçons du passé. Ils ont fait de cet opus l’apothéose de la longue lignée des X-Wings en nous livrant, au passage, la destruction de l’Etoile Noire à bord du très attendu Faucon Millénium. Orion

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